Ethiopie: Chanteur oromo assassiné - Abiy Ahmed dénonce une tentative de «déstabilisation»

La musique de Haacaaluu Hundeessa a donné du son et de la voix à la lutte oromo.

Le calme est revenu en Éthiopie, au lendemain des manifestations meurtrières déclenchées par l'assassinat d'un célèbre chanteur et militant de la cause oromo. Le corps de Hachalu Hundessa a été rapatrié dans sa ville natale d'Ambo, où ses obsèques sont prévues ce jeudi.

Dans son allocution télévisée mardi soir, Abiy Ahmed n'a pas nommé ceux qu'il visait en dénonçant l'assassinat de l'idole de la jeunesse oromo.

Le meurtre de ce dernier, a-t-il dit, a été « commis et inspiré par des ennemis intérieurs et étrangers, dans le but de déstabiliser la paix et nous empêcher de terminer les choses que nous avons commencées ».

Le sous-entendu pourrait viser l'Égypte et ses complices potentiels, et faire allusion au barrage de la Renaissance éthiopien.

Le chef de la police fédérale a fait de son côté un point sur l'enquête. Il a dit que « plusieurs suspects » avaient été arrêtés et que le chanteur avait été tué dans sa voiture, au cours d'une « opération bien organisée et sophistiquée ». Le but, selon lui, était de « plonger » le pays « dans le chaos ».

De fait, les manifestations de mardi ont été meurtrières. Le porte-parole de la police de l'Oromiya a évoqué 50 morts, dont au moins un policier dans la capitale.

Un policier qui aurait été tué dans un affrontement avec les gardes du corps de l'opposant oromo Jawar Mohamed, arrêté avec son escorte et l'un des chefs de son parti, Bekele Gerba.

Trois bombes auraient également explosé au cours des affrontements dans la capitale. Et pour la première fois, plusieurs statues d'anciens empereurs éthiopiens ont été détruites par les jeunes oromos en colère.

Plus de: RFI

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