Togo: Le Ministre de la Santé annonce la reprise des campagnes de vaccination et des traitements de masse

 Alors que le Togo fait toujours face à la COVID19, avec 643 cas confirmés et 14 décès rapportés au 29 juin 2020, le pays doit faire face, en même temps, à d'autres défis de santé publique. Les populations ont déserté les centres de santé entraînant une baisse des couvertures vaccinales - La couverture en Penta valent 3 est passée de 90% en janvier 2020 à 72% en avril 2020.

Par ailleurs 9 cas de poliomyélite circulant dérivée de la souche vaccinale type 2 (PVDV2c) ont été confirmés entre Janvier et Mai 2020 dont 8 cas dans les régions de Lomé Commune et Maritime.

Aussi, un cas de fièvre jaune a été confirmé en Avril 2020 à Galangachi, village situé à environ 52 Km de Dapaong, dans le district sanitaire d'Oti dans la région des Savanes. Il était donc important de renforcer la poursuite de la continuité des services de santé à tous les niveaux.

« La Covid-19 est là, mais on ne peut pas ignorer les autres maladies épidémiologiques », a fait remarquer le Professeur MIJIYAWA Moustapha, Ministre de la Santé au cours d'une conférence de presse tenue, à Lomé, le 23 Juin 2020.

« Nos enfants souffrent d'un certain nombre de carences qui agissent sur leur croissance. Et nous devons agir.

Mon département en collaboration avec les partenaires techniques et financiers a décidé de la reprise des activités de vaccination », a-t-il poursuivi au cours du point où il avait à ses côtés, les Représentantes de l'OMS et de l'UNICEF.

Cette décision ministérielle est soutenue par Mme le Représentant de l'OMS, Dr Fatoumata Binta T. DIALLO, qui a fait observer : « Nous avons une recrudescence de beaucoup d'infections aujourd'hui parce que nos populations fuient les centres de santé.

Toutes ces maladies, une fois qu'on a un cas, nous obligent à déclarer l'épidémie car ce sont des maladies à potentiel épidémique. D'où la nécessité que la continuité des services soit effective afin de renforcer la protection des populations ».

L'initiative du ministère de la Santé fait suite, en réalité, à l'allègement des mesures de restriction des mouvements de la population, décidé par le Gouvernement pour compter du 09 juin 2020.

Cette décision a été prise après analyse des rapports du Conseil Scientifique de la Coordination nationale de gestion de la riposte au COVID-19, une structure mise en place le 30 mars 2020 par décret présidentiel pour orienter les décisions politiques, confirmant la stabilisation de l'épidémie dans le pays.

Le 31 Mai 2020, le Togo comptait 442 cas confirmés et au 15 juin il en compte 532, soit une augmentation de 17% (contre 41% entre le 15 et le 31 Mai)

Les interventions de masse vont donc reprendre bientôt. Ainsi, une campagne de vaccination contre la poliomyélite visant 706 014 enfants âgés de 0 à 5 ans est prévue à la fin du mois de Juillet dans les régions de Lomé Commune et Maritime.

De même, une riposte vaccinale sera mise en œuvre contre l'épidémie de fièvre jaune dans l'aire sanitaire de Galangashi en visant une population âgée de 9 mois et plus.

Du fait de l'installation de la saison pluvieuse qui coïncide avec l'explosion des cas de paludisme, le ministère de la santé envisage, à titre préventif, la distribution de comprimés anti-paludiques (Sulfadoxine Pyrimétamine), destinée aux enfants âgés de 3 à 59 mois vivant dans les régions les plus exposées que sont celles des Savanes, Kara et Centrale.

La reprise des actions de masse comprend aussi une campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires à imprégnation durable. La lutte contre les maladies tropicales négligées est, quant à elle, aussi inscrite sur l'agenda du ministère de la Santé.

En particulier, un traitement de masse est prévu contre les trois maladies négligées que sont les géo-helminthiases, les schistosomiases et l'onchocercose qui affectent personnes âgées de 5 à 14 ans.

Et pour renforcer l'immunité des enfants, il est envisagé leur supplémentation en vitamine A et déparasitage contre l'Albendazole.

Ces différentes interventions devront se faire dans le respect des gestes-barrières, ont insisté les animateurs de la conférence de presse.

Les organes de presse ont été invités à soutenir le gouvernement dans ses efforts pour arrêter la transmission de la COVID19 dans le pays tout en veillant à éradiquer les différentes maladies à potentiel épidémique.

Les partenaires techniques que sont l'OMS et l'UNICEF ont renouvelé leur soutien technique et financier aux actions du gouvernement pour le plus grand bénéfice des populations du pays.

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