Congo-Kinshasa: Massacres, misère, dysfonctionnement, instabilité politique - Martin Fayulu se dit choqué

A l'occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l'indépendance de la RDC, Martin Fayulu a profité pour adresser un message fort à la communauté tant nationale qu'internationale sur les tueries perpétrées dans plusieurs villages et territoires, particulièrement à l'Est du pays depuis maintenant plus de deux décennies.

Pour le président de l'Ecidé, toutes ces tueries démontrent clairement que le but poursuivi est d'imposer au peuple congolais l'affolement et la terreur, de vider les villages de leurs populations autochtones pour ainsi occuper les terres congolaises abandonnées. "Comme peuple, nous devons vaillamment lutter contre cela", a-t-il rappelé dans son allocution, le mardi 30 juin 2020.

Le candidat à la présidentielle 2018 relève que le rapport Mapping de l'ONU, rédigé par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, qui décrit « les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République démocratique du Congo entre mars 1993 et juin 2003 », est resté lettre morte. Ce rapport a été publié en août 2010.

Pour lui, "cette absence de justice internationale, s'agissant de la RDC, est non seulement choquante mais surtout incompréhensible car à ce jour les massacres continuent".

En effet, Martin Fayulu déplore le fait que depuis plus d'un quart de siècle, "une tentative d'extermination d'une partie du peuple congolais se déroule à l'Est du pays et prend un tour tragique au nez et à la barbe de la communauté internationale".

Cela a commencé depuis mars 1993 avec de graves massacres, des violences sexuelles et des attaques contre des enfants par les armées étrangères, ainsi que les groupes rebelles affiliés à ces armées, explique-t-il. Et elle s'est poursuivie le 2 août 1998 à Kinshasa, à Moanda et à Goma.

Elle a connu un abominable déchaînement d'atrocités avec les massacres de Makobola, Kasika, Mwenga, Bunyakiri et tant d'autres, où des Congolais ont été enterrés vivants, brûlés vifs, éventrés ou décapités.

"Le sang de nos compatriotes suppliciés, dont plusieurs dorment sans tombeaux, ne doit pas avoir coulé en vain", a déclaré Martin Fayulu, depuis Washington.

Raison pour laquelle en ce jour mémorable du 30 juin, jour du 60ème anniversaire de l'indépendance nationale, il déclare que la date du 2 août doit dorénavant être la « journée de commémoration du génocide du peuple congolais ». Ce, en référence au 2 août 1998, date marquant le début de la grande guerre d'agression et d'occupation qui, jusqu'à aujourd'hui, continue d'endeuiller le Congo.

"A partir d'aujourd'hui, le 2 août doit être à jamais la date qui symbolise notre volonté affirmée de faire reconnaître le calvaire subi par notre peuple comme un crime contre l'humanité", soulève le cadre de Lamuka.

Il invite, de ce fait, le peuple congolais, dès le 2 août de cette année 2020, de sortir les rameaux du deuil, pleurer ses martyrs et dire au monde : « Assez d'indifférence vis-à-vis du supplice du peuple congolais ; Assez de négation de la tragédie du peuple congolais ».

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