Sénégal: Dr Abdoulaye Bousso - « Désormais, il faut 16 jours pour que le nombre de cas positifs soit multiplié par deux »

2 Juillet 2020

Après quatre mois d'épidémie de coronavirus au Sénégal, le nombre de cas positifs continue de progresser. Le Docteur Abdoulaye Bousso a fait le bilan de l'épidémie au Sénégal avec des annonces sur l'évolution de la stratégie sénégalaise.

Désormais, il faut 16 jours pour que le nombre de cas positifs soit multiplié par deux. « Il y a une progression (du coronavirus) de 38% au Sénégal comparé aux trois premiers mois de la maladie (mars, avril et mai) », a annoncé jeudi Dr Abdoulaye Bousso, directeur du Centre des opérations d'urgence sanitaire (Coud) lors d'un point de presse sur l'évolution de la maladie après quatre mois.

Taux de guérison de 65%

Dr Bousso a également donné d'autres indications sur cette période. Le taux de guérison des malades Covid au Sénégal est de 65%.

En revanche, deux points sont en hausse négativement. Il s'agit du taux de mortalité qui a atteint 74% avec une accélération sur le dernier mois (45 décès après les trois premiers mois et 116 actuellement); et du taux de hausse des cas communautaires, il est passé à 19% actuellement contre 10,2%, début juin.

La maladie s'est répandue sur le territoire national car 73% des districts sanitaires sont touchés. Sept districts sont devenus inactifs car les cas qui y étaient soignés sont guéris.

Il y a une nouveauté particulière : le personnel soignant dans les sites dédiés à la maladie - préservé dans les trois premiers mois a été touché - compte désormais 5 cas de contamination sur leur lieu de travail.

Suivi à domicile contre la stigmatisation

Au rayon des bonnes nouvelles, Dr Bousso a fait savoir que toutes les prévisions (négatives) ne se sont pas réalisées.

« On partait sur 10 fois plus de cas. Les mesures prises par le chef de l'Etat et les autorités ont permis de freiner la maladie », s'est-il réjoui. Le Sénégal est le troisième pays de la sous-région à faire le plus de tests.

Le directeur du Cous a laissé poindre un début de réflexion pour l'évolution de la stratégie actuelle qui est axée sur un focus mis sur les personnes malades et les personnes vulnérables comme les détenus. « Il faut essayer de réduire la mortalité.

Désormais, les tests ne se feront que sur les personnes symptomatiques. Cela ne veut pas dire que les cas contacts ne seront pas suivis », avertit-il.

La prise en charge à domicile va continuer. « Plus de 200 personnes ont refusé d'aller dans les centres de traitement. Cependant, il y a eu plus de 200 personnes guéries à domicile entre Dakar et Diourbel », déclare-t-il en dénonçant la stigmatisation.

Faire les tests avant d'embarquer

Avec l'ouverture prochaine de l'espace aérien, Abdoulaye Bousso préconise que les voyageurs devant débarqués au Sénégal soient prélevés, et donc testés, dans leur pays de départ pour ne pas encombrer les services médicaux sénégalais.

En quatre mois, il y a déjà eu plus de 88 000 tests effectués au Sénégal : 86% à l'Institut Pasteur et 14% pour l'Iressef. « Circulons librement mais ne laissons pas circuler la maladie », a-t-il conclu.

Plus de: Le Soleil

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