Cameroun: Aide institutionnelle de l'Etat à la presse privée - 240 millions de F à répartir

La commission nationale d'examen a tenu sa session hier, sous la présidence de René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication. Sur la table, 100 dossiers.

C'était le silence radio depuis deux ans. L'appui institutionnel de l'Etat à la presse à capitaux privés est de nouveau d'actualité. Hier, la Commission nationale d'examen des demandes d'accès à cet appui a tenu sa première session ordinaire dans la salle de conférence du ministère de la Communication (Mincom). Des travaux conduits par son président, le ministre René Emmanuel Sadi. Au menu, l'examen des 100 dossiers reçus pour obtenir cet appui de l'Etat. Au total, une enveloppe de 240 millions de F sera répartie aux bénéficiaires retenus.

Avant un examen au fond de chaque dossier, le Mincom a rappelé le caractère inédit de cette session. En effet, elle fait suite à la refonte du cadre juridique du mécanisme d'aide. Un arrêté du 13 avril 2020 signé du Mincom a réorganisé les modalités d'accès au bénéfice de cette aide. Primo, l'aide est désormais destinée aux entreprises éditant les journaux écrits et les entreprises de presse en ligne. Ainsi, pour cette session, 92 dossiers relèvent d'entreprises de presse écrite, contre huit pour la presse en ligne. En ce qui concerne la presse audiovisuelle, elle est désormais éligible aux financements du fonds spécial de développement de l'audiovisuel institué par la loi du 20 avril 2015. Secundo, la modification de la structure et du fonctionnement de la commission chargée de l'étude des dossiers. De même, cet arrêté montre une modification des critères d'attribution. Tout comme le renforcement de la transparence et de la traçabilité dans la mise à disposition de l'aide aux bénéficiaires. Enfin, relève René Emmanuel Sadi, des mécanismes plus rigoureux de contrôle d'exhortation sont mis en place.

Ces réformes visent à apporter un support effectif à la presse à capitaux privés pour mieux informer et former les populations, malgré certains excès encore nombreux. A en croire le Mincom, quelques exemples dans l'actualité récente constituent la preuve qu'il faut un travail encore important dans la profession pour une presse privée de qualité, responsable et respectueuse de l'éthique professionnelle.

Pour René Emmanuel Sadi, ces médias doivent se mobiliser pour implémenter un mécanisme d'autorégulation qui va exister de manière harmonieuse avec le Conseil national de la communication. Pour cette session, les membres ont été invités à délibérer « avec objectivité, rigueur, rectitude et en toute sérénité, afin que nos conclusions puissent traduire dans les faits, notre volonté commune de rationnaliser l'appui de l'Etat au secteur privé de la presse » .

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