Sénégal: Fermeture du marche Sandaga pour réhabilitation, ce vendredi - Vers une défiance de l'arrêté préfectoral !

La libération des emprises occupées par des cantiniers et autres tabliers aux alentours du marché central de Sandaga programmé pour ce vendredi risque de ne pas être de tout repos.

Pour cause, les commerçants visés par l'arrêté préfectoral récusent une décision prise sans concertations, ni recensement attestant que les impactés auront droit à leur cantine après réhabilitation du marché Sandaga.

Contestant en outre l'opportunité de la mesure de les déguerpir en ces temps de covid-19 et surtout à quelques semaines de la fête de Tabaski, les occupants se disent déterminés à ne bouger d'un iota. Reportage.

L es cantiniers et autres tabliers installés aux alentours du marché central de Sandaga, fermé depuis le 19 octobre 2013, pour menace de ruine et posant donc un problème de sécurité publique sont sommés de quitter les lieux au plus tard ce vendredi 3 juillet, à 20 heures.

Pour ces usufruitiers du célèbre marché Sandaga, poumon de l'économie informelle en plein cœur de la capitale sénégalaise, la mesure préfectorale d'Alioune Badara Samb «tiendra difficilement lieu parce que c'est une pilule difficile à avaler», a tonné Moustapha Diouf, président de l'organisation du mouvement And Taxawou Sandaga, réagissant sur l'arrêté préfectoral les sommant de quitter les lieux au plus tard ce vendredi 3 juillet.

Tout de même, ils sont sur le pont comme si aucune menace de déguerpissement ne pèse sur eux. «A parler franchement, cette mesure nous laisse indifférents, parce que nous l'avons apprise au même titre que vous à travers la presse.

Et je pense très sincèrement que lorsqu'on décide de déloger quelqu'un de ces lieux, il est bon de discuter avec lui pour trouver solution. Rien n'en est de tout ça. Or, c'est comme ça que les choses doivent se faire, pour la bonne marche de ce pays», a regretté Mr Diouf.

Le président de l'organisation du mouvement And Taxawou Sandaga ira même loin en faisant l'historique de cette question de réhabilitation. Pour ce marché-là, explique-t-il: «Le chef de l'Etat avait un projet concret en 2019.

Dans la même année, nous avons été reçus par le président lui-même au palais pour lui faire part de nos difficultés et en même temps prendre connaissance de son projet.

Par la suite, le président a pris d'importantes mesures avec son ministre du Commerce d'alors Alioune Sarr pour mettre en place un comité de pilotage dudit projet, composé de dix membres que nous avons salué, parce qu'il était économiquement et socialement rentable pour tous», a-t-il rappelé.

Après plusieurs mois de travail, poursuit-il, «l'administration nous a fait comprendre que le reste du travail est technique, donc notre mission était terminée. Plus tard après, le ministre nous a conviés à une rencontre de présentation du dudit projet en présence de l'architecte et des techniciens pour validation».

Sûr de ce qu'il avance, il laissera entendre que «l'intention du président de la République était noble. Et j'en veux pour preuve, la construction du stade Dakar Aréna en 8 mois. Donc, la réhabilitation de ce marché était bien faisable s'il n'y a pas eu anguille sous roche.

Sinon comment comprendre qu'un projet de 1500 places au départ soit réduit à 700 places aujourd'hui, alors que le même préfet avait validé le projet et aujourd'hui, il veut nous proposer autre chose», a-t-il expliqué. Mr Diouf de s'interroger alors: «Qu'est ce qui s'est passé entre temps?»

10 MILLIARDS POUR REHABILITER LE MARCHE SANDAGA AVEC 700 PLACES

Perplexe sur ce qui se trame autour de la réhabilitation de ce patrimoine national voire mondial, Moustapha Diouf dira: «Nous ne pouvons pas valider ce projet de 1500 places à 10 milliards au départ et aujourd'hui le voir réduit à 700 places pour un même montant sur le dos du contribuable Sénégalais. C'est inacceptable!», s'offusque t-il. Très attaché à Sandaga, un bâtiment de style néo-soudanais au centre d

e Dakar Plateau, construit en 1935, Habib Aïdara, commerçant établi semble avoir gros sur le cœur. «Le ministre de l'Urbanisme Abdou Karim Fofana entend déguerpir à partir du rond-point de Sandaga (Pharmacie Guigon) jusqu'à l'avenue Blaise Diagne (locaux du service d'hygiène).

Et tous ces gens font plus de 5000 chefs de famille qui assurent chacun au moins 5 personnes», s'est-il plaint. Gora, cantinier installé au bas du marché Sandaga visiblement touché par cette mesure, lâche douloureusement les mots: «Vous imaginez, pour le père de famille que je suis, quitter ces lieux sans destination viable alors que j'ai des engagements à honorer comme le loyer, la scolarisation de mes enfants, la nourriture, la santé.

C'est difficile! Je préfère aller en prison, là où ma famille ne me verra pas que de rester avec elle sans avoir quelque chose à faire».

DES CENTRES COMMERCIAUX A COUP DE MILLIARDS SANS PRENEURS

Très déçu par la vision des décideurs, Mr Mbaye ne décolère pas pour sa part. «Les centres commerciaux Malick Sy, Kermel, Sandaga Market entre autres ne sont pas valorisés parce qu'ils n'ont pas été construits pour le commerce.

Même avec 100 mille francs, personne n'ose les prendre. Donc, ils n'ont qu'à revoir la façon de faire. C'est juste des standings pour des services alors que l'idée de départ, c'est pour le commerce».

Pour s'en convaincre, il ajoutera: «Par exemple pour Sandaga market, Khalifa Sall dit l'avoir acheté à 1,5 milliard de francs Cfa.

Mais, concrètement à quoi il sert ?», s'interroge Mr Mbaye. «Il en est de même pour le centre commercial les 4 C rebaptisé Central Park, le marché Kermel et j'en passe. Tous ces centres commerciaux construits n'ont aucune utilité pour le commerce que nous exerçons», at-il déploré.

Plus de: Sud Quotidien

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