Sénégal: Sédhiou - Dégagement des arbres situes sur le trace du corridor électrique de l'Omvg

Les jeunes du village de Dassilamé Pakao ont exprimé hier, mercredi 1er juillet, leur ferme opposition à la coupe des arbres situés dans leurs forêts. Face à la presse, ils déclarent barrer la route aux trafiquants de bois abrités par des complicités multiformes.

L'entreprise en charge de la coupe explique être investie d'une mission de dégagement des gros arbres situés sur le tracé du corridor électrique qui doit desservir l'espace géographique de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Les médiations en cours n'ont rien donné et l'exploitant a porté plainte.

Ce sont en effet des jeunes du village de Dassilamé Pakao très remontés qui ont fait face à la presse hier, mercredi, pour dénoncer ce qu'ils qualifient de trafic de bois. Souahibou Cissé, le président de l'Amicale des élèves et étudiants de Dassilamé qui a porté leur parole a déclaré qu' « il y a des trafiquants qui entrent dans nos forêts et qui coupent abusivement des troncs d'arbre.

Le Sénégal a adopté une loi qui interdit toute coupe de bois en Casamance alors que depuis quelques jours ici, dans les forêts de Pakao Dassilamé, on trouve des camions qui entrent et sortent avec du bois sans l'avis de qui que ce soit au motif qu'ils disposent d'un permis de coupe ».

Souahibou Cissé entouré d'une centaine de jeunes de poursuivre : « Il y'a une complicité à plusieurs niveaux dans ce trafic. De toutes les façons, les services des Eaux et forêts, le maire ainsi que le chef de village sont bien au courant de cette affaire.

Les coupeurs de bois sont logés dans nos villages même et bénéficient de leurs largesses ». Des gens ainsi désignés comme complices en ont eu pour leur grade : «avec leurs tuteurs, ils participent à la destruction de la forêt aujourd'hui sous la menace de disparition.

Nous avons envoyé une lettre au ministre de l'Environnement pour le tenir informé de cette situation. Nous, nous n'hésiterons pas à nous y opposer et quelle que soit la manière ».

L'exploitant mis en cause et traqué par les jeunes en colère explique et se défend : « il y a une dimension stricte qui est respectée sur le dégagement.

C'est 40 mètres linéaire de large et 86 km de longueur. Donc la zone de Sédhiou, le corridor quitte Tanaff pour Sénoba en passant par Karantaba, Sakar Tankon. Nous, nous avons la sous-traitance de dégager ce corridor.

C'est dans le cadre de l'électrification de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) en rapport avec la Communauté économique des états de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO).

Les Etats membres sont donc tenus de respecter les clauses de ce corridor », a fait savoir Mamadou Salif Mballo en charge de l'abattage du bois dans le cadre de ce programme de corridor.

Il dit avoir porté plainte pour rétablir l'ordre : « un dégagement n'est pas une campagne et peut se faire en toutes périodes. On ne va pas se laisser avoir ou créer des incidents. Nous allons nous référer à l'autorité qui prendra toutes ses responsabilités pour mettre de l'ordre ».

Le maire de Sakar, Lamine Dramé, est absent de la région nous a-t-on dit et nos tentatives pour le joindre au téléphone sont restées sans succès car son appareil a plusieurs fois sonné dans le vide.

Quant aux forestiers, ils n'ont pas souhaité donner suite à nos interpellations. Mais des sources préférant garder l'anonymat et proches du dossier renseignent qu'il s'agit d'« un projet de corridor électrique dans l'espace de la sous-région ouest africaine dans le cadre des programmes de l'OMVG ».

Et nos sources de préciser qu'en de pareilles circonstances de programme inter états, le plan de dégagement n'obéit à aucune restriction réglementaire au nom de l'utilité publique.ù

Plus de: Sud Quotidien

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