Mali: Enlèvement de l'opposant Soumaïla Cissé - 100 jours déjà

Soumaila Cissé

Depuis le 25 mars 2020, l'opposant malien a été enlevé par des hommes armés. Les négociations en vue de sa libération n'ont pas encore abouti.

Jeudi (02.07.20) consacre le centième jour de détention de Soumaïla Cissé. Les proches et autres alliés politiques du chef de file de l'opposition malienne sont sans nouvelles de lui depuis plus de trois mois.

Le 25 mars 2020, Soumaïla Cissé en campagne en vue des législatives dans son fief électoral de Niafunke dans le nord du Mali a été enlevé par des hommes armés en compagnie d'une dizaine d'autres personnes.

Son garde-corps touché par balles succombe quelques heures plus tard à ses blessures. Depuis cette date, aucune revendication et aucune piste conduisant à lui n'ont été officiellement dévoilées à l'opinion publique.

Victime collatérale de la crise malienne?

Au sein de l'URD, sa famille politique, une cellule de crise a été installée quelques heures après son enlèvement. Le 31 mars, le président Ibrahim Boubaar Keita a créé à son tour une cellule de crise dirigée par l'ancien premier ministre Ousmane Issoufi Maiga pour négocier la libération de la deuxième personnalité politique du pays. Mais toujours rien.

Ce qui inquiète Abdramane Diarra, le président de la jeunesse de l'URD, le parti de Soumaïla Cissé qui craint que le chef de son parti ne devienne une victime collatérale de la crise politique qui secoue le Mali en ce moment :

"Il a quand même 70 ans, cela fait 100 jours qu'il est détenu. Nous ne savons pas qui le détient encore moins ou est-ce qu'il est détenu. Pour moi, ces garanties ne sauraient servir d'assurance car quand dans une adresse, le président de la République nous donne un timing, il nous a parlé de bientôt. Le contenu que nous nous pouvons donner à bientôt c'est quelque chose qui va se passer pratiquement dans l'immédiat, dans les heures qui suivent ou les deux, trois jours qui suivent. Mais nous sommes à dix-huit (18) jours de cette déclaration, nous ne sommes pas rassurés. C'est pour cette raison que nous avons dédié cette semaine à d'intenses activités de visibilité."

Un silence pesant

Du côté du président IBK, on rassure. Sekou Niame Bathily est membre du RPM, le parti au pouvoir fait savoir que les négociations sont en cours :

"L'Etat quand même travaille beaucoup sur la question. Nous voulons rassurer nos amis, nos concitoyens qu'en de pareilles circonstances, il n'est pas demandé de faire beaucoup de bruit, il n'est pas demandé de faire des tapages lorsqu'on négocie la libération d'une telle personnalité. C'est vrai que le silence est là. Le silence est une démarche de la négociation."

Le silence est une démarche de négociation d'après Sekou Niame Bathily, mais un silence pesant selon les partisans de Soumaïla Cissé.

En effet, depuis le début de la semaine, des sit-in aux points stratégiques de la capitale et dans le cercle de Kati (à 15 kilomètres de Bamako) ont eu lieu. Jeudi (02.07.20), un grand rassemblement a eu lieu à la bourse du travail pour exiger la libération de Soumaïla Cissé.

Plus de: DW

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