Congo-Kinshasa: Processus électoral - Lamuka, l'UDPS et la Cénco au front contre la candidature de Ronsard Malonda à la Céni

Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Martin Fayulu ont annoncé des actions pour exprimer leur opposition à la procédure de l'Assemblée nationale.

Plusieurs réactions ont été enregistrées à la suite de l'entérinement par l'Assemblée nationale, de Ronsard Malonda Ngimbi comme président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Il s'en dégage une désapprobation de la procédure enclenchée à la chambre basse du Parlement par une frange importante des acteurs socio-politiques congolais et un risque élevé de crise de confiance vis-à-vis des prochains animateurs de la Céni.

Outre l'irrégularité de la procédure, certaines parties prenantes au processus électoral dénoncent également les accointances du candidat à la présidence de la Céni avec quelques personnalités importantes de Front commun pour le Congo (FCC), plate-forme majoritaire au Parlement. Elles relèvent notamment la responsabilité de Ronsard Malonda dans l'organisation des élections de 2011 et 2018 dont les résultats ont été contestés par l'opinion.

Dans une déclaration faite le vendredi 3 juillet, les leaders de la coalition ont exprimé leur indignation contre « la validation d'une manière malicieuse par l'assemblée nationale du prochain président de la Céni alors que les enseignements correctifs du déroulement de derniers scrutins ne sont pas, de façon consensuelle, coulés en réformes de notre système électoral ». Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito et Martin Fayulu ont annoncé un programme d'action à définir avec « tous les partis et organisations soucieux de la vie démocratique de notre pays ».

Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco), le choix de Ronsard Malonda pour présider aux destinées de la centrale électorale de la RDC a été marqué par plusieurs irrégularités et consacre la médiocrité des élections de 2023. Le secrétaire général de la Cénco, l'abbé Donatien Nshole, a précisé, le vendredi 3 juillet, que ce choix a été fait sur la base d'un faux document, un procès-verbal qui n'est pas régulier. « C'est un grand pas en arrière pour la RDC », a-t-il dit. La Cénco s'en remet donc au président de la République et espère qu'il usera de son pouvoir pour rejeter la candidature de Ronsard Malonda. A cet effet, l'abbé Nshole a manifesté son optimiste quant à la suite des événements et a appelé la société civile à user de tous les moyens légaux pour faire obstacle à la démarche en cours. La société civile qui, du reste, avait initialement invité l'Assemblée nationale à modifier préalablement la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Céni avant le choix de ses animateurs.

Même son de cloche du coté de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) où l'on estime que l'examen du rapport de la Céni sur le processus finissant déposé à l'Assemblée nationale et les réformes idoines sur le processus électoral s'imposent avant la désignation de nouveaux animateurs. Le parti cher au président de la République rejette catégoriquement la procédure « hasardeuse » qu'elle attribue à la plate-forme majoritaire au Parlement.

Au FCC, l'on estime que l'Assemblée nationale a entériné le choix des chefs religieux au regard du procès-verbal établi au terme des tractations pour la désignation du nouveau président de la Céni ayant eu lieu les 9 et 12 juin entre les huit chefs des confessions religieuses. L'on note que Ronsard Malonda répond au profil requis pour diriger la centrale électorale en RDC. Le choix des animateurs de la Céni a toujours suscité des remous au sein de la société congolaise sans incidences majeures sur leurs prises de fonction. Les anciens présidents de la centrale électorale, l'abbé Malu Malu, le pasteur Ngoyi Mulunda et Corneille Naanga ont subi le même sort au moment de leur désignation.

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