Congo-Brazzaville: Et la désinfection des débits de boissons !

Aussitôt après l'annonce du deuxième palier du déconfinement progressif, les tenanciers et gestionnaires des débits de boissons se sont précipités à rouvrir leurs espaces de vente de boissons, le mardi 23 juin dernier, sans tenir compte de cette condition hygiénique préalable qui est celle de la « désinfection » et/ou de la « dératisation » de ces milieux qui sont restés fermés près de deux mois et demi voire trois mois.

Que ce soit à Pointe-Noire ou à Brazzaville et même dans d'autres localités, le commun de mortel a bien observé qu'au matin de la journée du 23 juin, chaises, tabourets, tablettes et napperons ont vite occupé leurs espaces habituels. Ainsi donc, ces tenanciers et gestionnaires ont tous été animés d'un même souci, celui d'aller vite, vu le temps perdu. Oui, c'est peut-être une bonne chose pour rattraper le retard, mais « faire passer » un petit coup de balai pendant 10 à 15 minutes n'est pas du tout cela la « désinfection » ou la « dératisation » de ces milieux qui sont restés sans activités pendant un temps.

Et si l'on aborde les spécialistes des questions de l'assainissement environnemental, tous reconnaissent que cela a été un grand manquement de la part de ces tenanciers et gestionnaires des bars. Comme cela n'est pas du tout trop tard, car nous l'espérons que certains ont commencé déjà « à bien vendre », il est nécessaire qu'ils fassent une marche-arrière pour prendre des journées entières afin de désinfecter et de dératiser leurs débits de boissons, car désinfecter est bien différent de laver à la hâte ces milieux. La désinfection se fait avec des solutions chimiques inhibitrices et bien appropriées pour mieux « chasser » et éliminer cet ennemi invisible dans ces milieux.

Ces débits de boissons, nous les voyons, surtout les soirs, accueillir des clients de divers horizons, chacun se présentant avec son état sérologique. Ces clients, sans se le cacher, utilisent des mêmes chaises, des mêmes tables, des mêmes verres, parfois non stérilisés et lavés à la hâte, utilisent des mêmes sanitaires, touchent des mêmes poignées des portes, utilisent des mêmes « tire-bouchons » et « ouvre-bières ». Pire encore, la serveuse quand elle ouvre la bière pour un client la saisit par là où le client est appelé à coller sa bouche pour la boire, le risque de transmission du virus est là. Si ces milieux ne sont pas désinfectés régulièrement, ils pourraient être aussi des refuges de bien d'autres pathogènes dont cet ennemi invisible que le pays combat vigoureusement.

Oui, des associations des défenseurs des droits de consommateurs ont là aussi du pain sur la planche. Elles, qui sont souvent en première ligne pour donner la voix en matière des droits des consommateurs, devraient aussi regarder le milieu dans lequel les boissons sont vendues, car c'est aussi cela le droit et le bien-être des consommateurs. Et du côté des services de l'hygiène générale, la vigilance devrait être au rendez-vous, car ces débits de boissons, disons-le sans se voiler la face, foulent aux pieds le côté désinfection et dératisation.

Non, le lavage des mains des clients à l'entrée du débit de boissons ne suffit pas, car les mains une fois lavées, la clientèle doit être rassurée que le milieu dans lequel il consomme sa bière est régulièrement « désinfecté ». Suivez mon clin d'œil !

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