Congo-Brazzaville: Gouvernement - Le ministre de la Justice en disgrâce

Lors de sa rencontre avec Joseph Kabila le week-end, certaines indiscrétions laissent entendre que le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, aurait exigé à son interlocuteur la démission du ministre incriminé.

La situation du vice-Premier ministre et ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende, auteur d'un avis engageant le gouvernement transmis à l'Assemblée nationale au sujet des trois propositions de loi querellées relatives à la reforme judiciaire, ne fait que s'empirer. Lors du Conseil des ministres hebdomadaire, le vendredi 3 juillet, tenu en mode télétravail, il nous revient que le ministre fautif aurait été prié de se déconnecter sur instruction du chef de l'Etat. Il lui est interdit de participer aux Conseils des ministres jusqu'à nouvel ordre, apprend-on.

En fait, le ministre de la justice est en disgrâce vis-à-vis du chef de l'Etat qu'il a tenté de défier après sa libération à l'issue de son arrestation et son audition à la Cour de cassation le samedi 26 juin dernier. Lors d'une réception par ses pairs du parti juste après sa libération, le ministre incriminé avait affirmé qu'il avait reçu l'appel de quelqu'un le qualifiant de « Yemeyi » (lui-même, ndlr) qui lui aurait demandé de ne pas avoir peur. Un détail très mal digéré par le partenaire Cach dont Félix Antoine Tshisekedi est le chef de file.

Lors de sa rencontre avec Joseph Kabila, ce week-end, certaines indiscrétions laissent entendre que le chef de l'Etat aurait exigé au sénateur à vie la démission du ministre Célestin Tunda Ya Kasende. « Le président de la République refuse de continuer à "travailler" le ministre congolais en charge de la Justice », confient des sources concordantes. D'autres encore allèguent que sa libération aurait été fortement négociée entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir. « Célestin Tunda n'a pu être relâché qu'en promettant de démissionner (... ) Il a fait savoir qu'il était malade et qu'il acceptait de démissionner, en contrepartie d'arrêter toute procédure judiciaire à son encontre. C'est donc dans ce seul cadre qu'il a été libéré », a avoué un cadre proche du FCC sous l'anonymat. Une chose est vraie, c'est que le sort du ministre de la justice et Garde des sceaux est quasi scellé. Joseph Kabila, en tant qu'autorité morale du FCC, est appelé à lui trouver un remplaçant pour ne pas exacerber inutilement la tension.

Pour rappel, Célestin Tunda ya Kasende, visé par une « procédure en flagrance » par le procureur général près la Cour de cassation, avait été arrêté le 27 juin à Kinshasa pour faux et usage de faux. Il lui a été imputé le fait d'avoir transmis au Parlement des avis en rapport avec les propositions de loi portant sur la réforme judiciaire, sans impliquer ni le Premier ministre, ni l'ensemble du gouvernement.

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