Sénégal: Libération des emprises du marché Sandaga - L'Etat temporise

La confrontation frontale qu'augurait le bras de fer entre commerçants et autorités, déterminés à libérer les emprises du marché Sandaga afin de permettre le démarrage des travaux de réhabilitation dudit marché, n'a pas eu lieu hier, vendredi, date-butoir de la sommation administrative. Pour cause, l'Etat a reculé suite à des concertations de dernière minute avec l'autre partie prenante. Au final, les commerçants sont autorisés à rester dans les lieux 5 jours après la fête de Tabaski avant de libérer les emprises de ce marché fermé depuis 2013 pour menace de ruine.

L es autorités administratives et les champions de l'économie informelle établis sur les emprises du marché Sandaga se sont convenus de ne pas mettre en application la décision préfectorale, consistant à déguerpir les occupants du pourtour dudit marché. En effet, ils sont autorisés à y rester 5 jours après la fête de Tabaski. La décision a été prise d'un commun accord hier, vendredi, après une réunion d'échanges entre les deux parties. Une «décision salutaire», fera savoir Moustapha Diouf, président de l'organisation du mouvement And Taxawu Sandaga qui a pris part à cette réunion. Ont conduit les discussions ayant permis de différer l'arrêté préfectoral, les ministres de l'Intérieur, de l'Urbanisme, le préfet de Dakar et les représentants des commerçants établis sur le périmètre du marché Sandaga. Heureux de cette décision de report, Mr Diouf de magnifier: «Nous saluons la compréhension des autorités pour avoir repoussé la date de déguerpissement jusqu'au retour de la fête de Tabaski. Parce que nous sommes à quelques jours de la Tabaski alors que depuis quelques 4 mois, l'activité économique est au point mort». Il ajoutera: «Au retour de la Tabaski, nous nous préparerons à quitter les lieux. Nous sommes tous favorables à la paix, c'est notre combat. Donc, nous y veillerons... ».

A retenir que les discussions se sont tenues dans l'après-midi d'hier, vendredi. En réalité, ces occupants ont tout simplement amené les autorités administratives à revoir leur copie relativement à la libération des emprises du marché Sandaga aux fins de permettre le démarrage des travaux de réhabilitation dudit marché fermé depuis 2013 pour menace de ruine. Et pourtant, tout portait à croire que cette fois serait la bonne pour l'Etat. Que nenni! Les champions de l'économie informelle ont posé de tout leur poids pour faire flancher l'autorité préfectorale. Et pour y arriver, aucun d'eux n'avait fermé boutique hier avant cette décision. Au contraire, ils se sont mis sur le pont le temps de jouer les prolongations avec l'autorité administrative, qui avait déjà menacé de les déguerpir de gré ou de force dans un communiqué de la semaine d'avant.

Marché Champs de course : Les travaux de finition se poursuivent

Jusqu'aux environs de 18 heures hier, vendredi 3 juillet, le marché Champs de course n'était pas encore prêt à abriter les occupants des emprises du marché de Sandaga. Les services du ministère de l'Urbanisme trouvés sur place pour faire le point de l'avancement des travaux dudit site ont admis qu'à l'état actuel des lieux, il n'est pas possible d'y accueillir les commerçants de Sandaga. Initialement, le site était censé les recaser tous au plus tard hier, vendredi 3 juillet, afin de permettre le démarrage des travaux de réhabilitation du marché de Sandaga. Du côté de Sandaga, le nombre de cantiniers dépasse largement celui des cantines disponibles au marché Champs de course. « Sur un total de 508 cantines construites, seules 500 sont fin prêtes pour abriter l'effectif de Sandaga dépassant de loin les places disponibles au marché Champs de course », a fait d'ailleurs remarquer Habib Aïdara, commerçant de son état établi au marché Sandaga, membre du mouvement And Taxawu Sandaga

Plus de: Sud Quotidien

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