Sénégal: Aggravation de la situation épidémiologique - Juin meurtrier, début juillet funeste

La maladie progresse en crescendo et le mois de juin 2020 porte les empreintes de sa face meurtrière. En seulement 30 jours, 70 personnes ont perdu la bataille face à ce virus de Covid-19, alors que 3148 cas confirmés ont été déclarés avec 800 cas issus de la transmission communautaire. Sur cette pente ascendante, les 72 premières heures de ce mois de juillet ont déjà accouché de 13 cas de décès pour 371 cas confirmés dont 76 cas communautaires. Le virus circule et ravage. Focus sur la mortalité de Covid 19 au Sénégal.

125 cas de décès ! C'est le bilan établi par le ministère de la Santé à la date d'hier, vendredi. Pour rappel, le 1er cas de décès dans le pays a été enregistré le 31 mars dernier et pour cette première fois, le virus a emporté une icône de la nation, un monument du sport roi, notre Pape Diouf, ancien président de l'Olympique du Marseille. Depuis lors, les cas de décès montent en crescendo. Pour dire qu'à l'image du mois de mai qui a enregistré 16 décès et 1291 cas de contaminations en 15 jours, le mois de juin a comptabilisé 70 cas de décès et 3148 cas de contamination. Relevons avec inquiétude qu'en ces 30 jours du 6e mois de l'année, 477 cas communautaires ont été déclarés par les services de Diouf Sarr, soit un taux de 15.15% de cas communautaires relativement au nombre de cas confirmés dans ce mois. C'est dire à quel point la situation inquiète! Car, si à 4%, le Pr. Moussa Seydi indiquait déjà « c'est une bombe ! », ce taux a tout simplement été quadruplé pour le mois du juin et l'infectiologue semble ne plus trouver de juste adjectif pour qualifier une situation insoutenable et plus que gravissime.

En effet, au 31 mai 2020, le Sénégal était à 42 décès et 3645 cas de contamination. Un bilan de près de 03 mois d'épidémie. Ainsi, dans un schéma « apprendre à vivre en présence du virus » indiqué par le président de la République, la 1ère semaine du mois de juin a relevé 07 cas de décès et 683 cas confirmés. Désolation et inquiétude, même les prières n'ont n'a pas suffi à apporter l'accalmie. La semaine suivante, le nombre de décès passe à 02 chiffres, soit 11 cas de décès et 762 cas de contaminations déclarés par le ministère de la Santé et de l'action sociale. Décidément, le Sénégal se retrouve sur la corde raide face à un virus qui a infecté lors de la 3e semaine du mois de juin, 798 personnes et fauché 24 vies. Et toujours pas de régression malgré la tendance baissière de bonne foi annoncée par Abdoulaye Diouf Sarr.

Pour le ministre de la Santé, le pic épidémiologique était derrière nous, mais il oubliait certainement que Dieu n'est pas Sénégalais et que l'allègement des mesures restrictives allait enfanter le chaos sanitaire, la saturation des structures de prise en charge et la montée de tous les indicateurs de cette épidémie de Covid-19. La preuve, la 4e semaine du mois de juin enfantera 21 cas de décès et 698 cas de contamination. Sur ces derniers chiffres, on était le dimanche 28 juin 2020. Et le lendemain, en dépit de la situation épidémiologique progressant de mal en pis, le président de la République a acté « la levée de l'État d'urgence assorti du couvre-feu ». Résultat, les 02 jours restants pour boucler le mois de juin ont généré 207 cas confirmés et 07 décès. Au total pour ce 6e mois de l'année, le taux de morbidité est de 2,33 par jour, soit près de 03 cas de décès par jour. 70 vies ont été emportées par cette maladie à Covid-19 et 3148 personnes ont été déclarés positives.

13 CAS DE DECES EN 72 HEURES, LE MOIS DE JUILLET S'ANNONCE FUNESTE

Si, malgré le couvre-feu en vigueur, le mois de juin a affiché des statistiques plus qu'alarmantes, son suivant, le mois de juillet, risque d'accoucher du pire. D'ailleurs, il a entamé le dessin du chaos que nous craignons. En seulement 03 jours, le bilan fait état de 13 cas de décès et de 371 cas de contamination. Sur une telle vitesse de croissance, ce 7e mois de l'année risque d'imprimer de douloureux souvenirs au Sénégal. Qu'on le veuille ou non, il est aujourd'hui difficile de rester objectivement positif, après que le général de guerre, Macky Sall, a luimême levé l'État d'urgence assorti du couvre-feu, ce qui était déjà précédé d'un relâchement général des populations avec le non-respect des gestes barrières et la multiplication des rassemblements en catimini (baptême, anniversaire, mariage entre autres).

Plus de: Sud Quotidien

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