Congo-Brazzaville: A propos du coronavirus ...

Nul ne peut dire aujourd'hui si la pandémie provoquée par l'expansion planétaire de Covid-19 touche à sa fin ou si, bien au contraire, elle repartira de plus belle après une pause de quelques mois. Mais ce qui est certain dès à présent c'est que l'espèce humaine, notre espèce, se trouvera de plus en plus confrontée à ce genre de problèmes et qu'elle va donc devoir s'organiser pour en prévenir les effets destructeurs avant même qu'ils menacent la communauté mondiale dans son ensemble.

Trois constats justifient ce raisonnement qui paraîtra sans doute exagérément pessimiste à nombre de nos lecteurs mais qui est malheureusement juste :

° Le premier est que la croissance démographique extrêmement rapide à laquelle nous assistons depuis des décennies ne peut que favoriser la diffusion des pandémies sur toute la surface du globe. S'accompagnant d'une urbanisation générale qui rapproche les populations et les rend de plus en plus vulnérables, cette poussée continue crée en effet un terrain favorable aux maladies de toutes sortes qui nous entourent, nous cernent, nous menacent de façon invisible mais bien réelle. En témoigne dès à présent l'incroyable rapidité avec laquelle le coronavirus s'est étendu en moins de six mois sur les cinq continents.

° Le deuxième constat est que la dégradation de notre environnement ne peut que favoriser l'apparition de maladies collectives de plus en plus dangereuses, une expansion que l'espèce humaine paiera inévitablement demain au prix fort. Portant atteinte à l'air que nous respirons, à la nature qui nous entoure, aux produits que nous ingérons, cette dégradation favorise sous toutes les latitudes l'expansion de maux contre lesquels il sera de plus en plus difficile de lutter. Il suffit, pour s'en convaincre, d'écouter les cris d'alarme de plus en plus forts que lancent, arguments irréfutables à l'appui, les scientifiques de tout bord.

° Le troisième constat est que la tentation du repli sur soi des Etats et des nations qui a marqué ces derniers mois ne peut qu'aggraver la menace globale dont il est ici question. Même s'il parait logique dans le cadre de la lutte menée contre la pandémie de Covid-19, ce repli ne peut en aucun cas constituer une réponse efficace, durable au mal qui se répand à la vitesse de l'éclair car il pose des problèmes encore plus graves, parmi lesquels figure en bonne place la crise économique, financière, sociale générée par la fermeture des frontières. Qu'on le veuille ou non la mondialisation est une réalité irréversible avec toutes les conséquences positives et négatives qui en résultent.

Quelle conclusion faut-il tirer dès à présent de ce qui précède ? Celle-ci qui, bien sûr, semblera illusoire à beaucoup : seule une action collective, solidaire, forte, permanente permettra à l'humanité de résoudre les problèmes à venir dont la pandémie du coronavirus nous donne dès aujourd'hui une idée précise. Il revient donc aux dirigeants actuels de s'organiser pour que soit mis en place rapidement, à l'échelle mondiale, un système d'observation et d'action - un Conseil de sécurité en quelque sorte - capable d'anticiper le pire. S'ils ne le font pas, l'on peut être certain que l'humanité tout entière s'avèrera incapable de lutter contre les maux que suscite sa longue marche vers le progrès, le confort, la richesse.

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