Congo-Kinshasa: Ronsard Malonda à la tête de la Céni - La majorité silencieuse s'indigne et proteste

À l'issue d'une séance plénière tendue, l'Assemblée nationale a entériné le choix de Ronsard Malonda Ngimbi pour présider aux destinées de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), après plusieurs jours de tractations. L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel, l'Opposition ainsi que la Société civile dénoncent un passage en force orchestré par le Front commun pour le Congo à la Chambre basse du Parlement.

Au-delà de son expertise électorale, pour avoir joué un rôle majeur lors des scrutins controversés de décembre 2018, Ronsard Malonda est bien loin de faire l'unanimité de la majorité silencieuse qui appelle de tous ses vœux à une vraie réforme du processus électoral.

« L'UDPS prévient sur les conséquences d'une « démarche cavalière »

À l'UDPS, l'on dit déjà que « le FCC sera seul responsable des conséquences malheureuses que provoquerait sa démarche cavalière»

L'UDPS appelle ses combattants et combattantes ainsi que toutes les forces vives engagées pour la tenue d'élections véritablement démocratiques en RDC à une grande mobilisation pour une marche pacifique de protestation qu'elle organise le jeudi 9 juillet 2020 dans le strict respect des gestes barrières contre la propagation de la Covid-19".

Dans une déclaration politique signée par son président intérimaire, Jean-Marc Kabund, le parti présidentiel précise qu'il n'a pas « troqué l'entérinement de Ronsard Malonda contre les propositions de lois Minaku-Sakata », comme cela se raconte après la rencontre jeudi entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

L'UDPS constate que Ronsard Malonda est contesté par les confessions religieuses dont il serait l'émanation, notamment les Catholiques, les Musulmans et les Kimbanguistes qui dénoncent les irrégularités autour de la désignation de ce candidat au poste de président de la Céni. Et dans la foulée, c'est « la procédure hasardeuse orchestrée par le FCC pour faire entériner, dans une cacophonie totale, la candidature de Ronsard Malonda », qui est inadmissible.

Pour l'UDPS, le FCC (son partenaire) présente une attitude malicieuse et répétitive consistant à créer des crises institutionnelles artificielles au pays afin d'opérer, en sourdine, des passages en force dans des dossiers qui nécessitent un consensus national.

LAMUKA indignée

Des réactions fusent de partout. C'est notamment celle de la plateforme LAMUKA qui s'indigne.

A travers un communiqué signé par les quatre leaders, à savoir Jean-Pierre Bemba, Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Adolphe Muzito, l'on note : « Le præsidium de LAMUKA est indigné d'apprendre la validation, d'une manière malicieuse, par l'Assemblée nationale du prochain président de la Céni alors que les enseignements correctifs du déroulement de derniers scrutins ne sont pas, de façon consensuelle, coulés en réformes de notre système électoral.

LAMUKA, avec toutes les organisations soucieuses du changement, demande au peuple congolais de s'opposer avec la dernière énergie à cette forfaiture qui tend à pérenniser un système basé sur des antivaleurs.

Après concertations avec tous les partis et organisations soucieux de la vie démocratique de notre pays, un programme d'actions sera défini et rendu public dans les jours à venir ».

Les catholiques et les mouvements citoyens en ordre de marche

Par ailleurs, les mouvements citoyens, notamment, Lucha, Filimbi, Congolais Debout, le Comité laïc de coordination (CLC) et d'autres organisations s'opposent à l'entérinement de Ronsard Malonda et appellent à des manifestations pacifiques à partir de la semaine prochaine.

Et s'il faut prendre en compte la position de l'Eglise catholique, via le cardinal Ambongo, qui a fait une homélie lors de la célébration de 60 ans de l'indépendance, une homélie qui fait encore jaser, c'est un énième bras de fer qui va opposer toute la majorité silencieuse au FCC.

Le cardinal Ambongo a tranché : "Autour de la question de la Céni, les Eglises catholique et protestante ont noté de la part de la présidente de l'Assemblée nationale une attitude de mépris. Ces deux églises qui représentent plus de 80% de la population congolaise ont dit non à la désignation d'un personnage qui a déjà fait ses preuves dans les fraudes électorales.

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