Congo-Kinshasa: Dispersion d'une marche contre la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Céni

En République démocratique du Congo (RDC), des centaines de manifestants étaient dans les rues de la capitale, ce samedi matin, pour protester contre la confirmation de la nomination de Ronsard Malonda, comme président de la Commission nationale électorale indépendante (Céni) par l'Assemblée nationale, dominée par des élus pro-Joseph Kabila. La manifestation a été dispersée par la police. Plus d'une dizaine de manifestants ont été interpelés avant d'être libérés.

Comment expliquer une telle levée de boucliers contre la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Céni ?

Ronsard Malonda est le secrétaire exécutif de la Céni sortante. Il était aussi l'un des artisans des élections de 2018 dont les résultats ont été très contestés. Une partie de ses membres est d'ailleurs sous sanctions américaines, pour des soupçons de corruption. C'est ce qui a conduit les Eglises catholique et protestante, les deux principales confessions du pays, à s'opposer à ce choix.

Ce sont les huit confessions religieuses reconnues qui traditionnellement désignent le président de la Commission électorale. Il n'y a donc pas eu de consensus à ce niveau.

Le parti présidentiel, l'UDPS, parle d'une procédure de désignation suspecte et promet de manifester, jeudi prochain. L'opposition, Lamuka, promet elle-aussi des actions.

Les mouvements citoyens, parmi lesquels le comité laïc de coordination - une association de l'Eglise catholique - étaient donc dans la rue, ce matin, pour protester contre «l'instrumentalisation » de la Céni.

Tous accusent le FCC de Joseph Kabila qui, à travers l'Assemblée nationale, a confirmé cette candidature et demandent au président Félix Tshisekedi de ne pas signer l'ordonnance d'investiture.

Pour la coalition pro-Kabila, la procédure a été menée régulièrement et Ronsard Malonda était tout simplement le plus qualifié des candidats pour ce poste.

Réaction du président Félix Tshisekedi

Vendredi 3 juillet, le chef de l'Etat congolais a abordé le sujet avant les débats du Conseil des ministres et pointé, selon le compte-rendu, qu'il y a, autour de la désignation de Ronsard Malonda, « de fortes contestations », qu'il reçoit des « rapports contradictoires » à son propos, sur les irrégularités notamment qui auraient entaché cette procédure.

Il a rappelé qu'il était le garant du bon fonctionnement des institutions et à ce titre, a appelé les différents acteurs à procéder à ses nominations - il n'y a pas que le président de la Cén - « dans un esprit de consensus, d'apaisement » et d'aplanir les vues avant « tout avancement » dans ce processus. En tout cas, Félix Tshisekedi a promis de « veiller personnellement » à ce que cette procédure de désignation soit crédible de bout en bout.

Manifestation dispersée et interpellation

Partis à quelques centaines de la place de l'Échangeur du quartier de Limete, ils sont arrivés à plus d'un millier aux abords du Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale et du Sénat congolais, lorsque la police les a dispersés. Plus d'une dizaine de manifestants ont été interpelés avant d'être libérés. Le chef de la police à kinshasa - qui estime à 600 le nombre de manifestants - les accuse d'avoir franchi la « ligne rouge » convenue, c'est à dire de s'être approchés à moins d'un kilomètre du parlement. Floribert Anzuli, du mouvement était parmi eux.

Nous sommes arrivés calmement jusqu'au parlement du Palais du peuple sans aucun problème. Arrivés au Palais du peuple, soudainement des véhicules ont déboulé. Ils se sont mis à tirer dans tous les sens. On ne sait pas si c'était des gaz lacrymogènes ou des balles. C'était incompréhensible, nous étions pacifiques. [... ] Ce que nous ne comprenons pas, c'est qui a donné l'ordre de tirer.

Plus de: RFI

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