Congo-Kinshasa: Opposé au coup de force du FCC à l'Assemblée nationale

Félix Tshisekedi recommande « le consensus » au poste du président de la Céni

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La logique du Front commun pour le Congo (FCC) faisant fi des contestations populaires, au nom de la majorité parlementaire, n'est pas acceptée par le chef de l'Etat. Après le coup raté de faire voter coûte que coûte les lois Minaku-Sakata portant sur une réforme judiciaire taillée sur mesure, le FCC, contre toute attente, vient d'opérer le forcing pour placer, malgré les revendications basées sur la transparence et l'intégrité, son pion à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La candidature de Ronsard Malonda, lui-même au cœur du système électoral décrié sous Corneille Nangaa, a été entérinée par l'Assemblée nationale dans un flou qui dit tout : certainement c'est pour pérenniser l'avenir politique de ceux- là qui, coupés de leurs électeurs, de la population, ne savent que concocter des plans de survie politique.

Comme pour les lois Minaku-Sakata, Félix Tshisekedi n'entend pas se laisser faire. Dans son rôle d'arbitrage pour le bon fonctionnement des institutions, le président de la République a donné sa position. C'est en toute politesse que Félix Tshisekedi a, et avec raison, ignoré le processus mené de manière cavalière sous la conduite de Jeanine Mabunda.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le chef de l'État a été mis au parfum de la vague de contestations qu'a suscité l'entérinement de la désignation de M. Malonda par la Chambre basse du Parlement.

« Le chef de l'Etat a été informé que la procédure devant conduire à la désignation des candidats au sein de la CENI, fait actuellement l'objet de fortes contestations. Elles concernent les différents acteurs intervenants, sur fond des rapports contradictoires faits par tel ou tel camp, avec à la clé diverses irrégularités ayant entaché le processus devant conduire à la présentation du candidat de la plateforme Confessions religieuses », peut-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Sans tergiverser, le président de la République appelle les acteurs impliqués dans ce processus de considérer « les revendications des uns et des autres et d'aplanir les vues avant tout avancement dans ce processus. Il y va de la crédibilité même du processus électoral qui ne doit nullement être entaché d'irrégularités ». C'est donc clair, l'acte posé par l'Assemblée nationale n'a aucune portée dès lors qu'il ne vise qu'à créer d'autres contestations. « Le président de la République a-t-il tenu à ce qu'il soit entendu qu'il veillera personnellement à ce que la procédure de cette désignation et le processus électoral, soient crédibles de bout en bout ».

Le compte rendu du Conseil des ministres tranche : Félix Tshisekedi recommande à ce que la désignation du président de la Céni soit « conduite dans un esprit de consensus, d'apaisement et dans le strict respect des règles régissant la plateforme des confessions religieuses, ce processus qui impacte la politique générale du pays », pour éviter le risque d'instabilité que pareille situation est susceptible de créer ».

Pour rappel, l'UDPS, le parti présidentiel, l'opposition politique regroupée au sein de la coalition Lamuka, les mouvements citoyens, notamment : Lucha, Filimbi, Congolais debout, le Comité laïc de coordination (CLC) et d'autres organisations s'opposent à l'entérinement de Ronsard Malonda et appellent à des manifestations pacifiques à partir de la semaine prochaine. C'est un énième bras de fer qui va opposer toute la majorité silencieuse contre le FCC.

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