Cameroun: Yaoundé secoué par des explosions à la bombe

Au moins quatre personnes ont été blessées le jeudi 2 juillet dans l'explosion d'une bombe artisanale à Yaoundé. Entre-temps, des négociations sont en cours entre le gouvernement et les leaders sécessionnistes.

L'explosion a eu lieu dans un des quartiers de Yaoundé, qui serait majoritairement habité par les ressortissants des deux provinces anglophones. Selon des témoins que nous avons joints, l'explosif qui a été fabriqué à partir d'une batterie de moto, d'une cocotte-minute et de clous, avait été placé au pied d'un poteau en fer doté d'une caméra de vidéosurveillance. Sur les réseaux sociaux, les sécessionnistes anglophones sont accusés d'en être les auteurs, mais,

"Nous nous battons pour protéger notre territoire, l'Ambazonie. Nous ne quittons pas notre territoire, nous défendons seulement notre terre. Je dis donc que nous ne sommes pas responsables. Nous n'en savons rien", a déclaré à la DW Paul Nelong un des sécessionnistes anglophone.

Inquiétudes

Dans la nuit du 20 au 21 juin dernier, deux engins ont explosé dans les quartiers Emma et Etoudi qui abrite le palais présidentiel.

"Ça inquiète. On a un contexte relativement tendu depuis les élections d'octobre 2018, avec tout ce qui a suivi. Il y a cette question. Il y a aussi la question de la résolution du conflit dans lequel le Cameroun est engagé contre les sécessionnistes ambazoniens. Donc, on est toujours dans une situation où il faut rester extrêmement prudent", recommande Joseph Owona Ntsama, chercheur et historien à la Fondation Paul Ango Ela à Yaoundé.

Dialogue

Selon Joshua Osih, député du Social Democratic Front (SDF) de Ni John Fru Ndi et candidat de ce parti À l'élection présidentielle d'octobre 2018 "toute cette violence de part et d'autre dans le pays sont aussi le signe d'un régime qui n'a que trop duré. Qu'on ait une discussion nationale pour redonner une orientation à notre pays. Tant que les gens se sentent exclus, la violence va continuer."

Des délégués du gouvernement camerounais et les leaders ambazoniens, détenus à la prison centrale de Yaoundé auraient entamé depuis jeudi (02.07.20) des négociations en vue d'aboutir à un cessez-le-feu dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Cette rencontre est une première depuis le déclenchement de la crise dans les deux régions anglophones en 2017, selon plusieurs observateurs de la vie politique du Cameroun.

Les autorités de Yaoundé n'ont pas réagi à cette information jusqu'au moment de la mise en ligne de cet article.

Les Nations unies avaient appelé à un cessez-le-feu dans ces deux régions, notamment pour mieux combattre l'épidémie du nouveau coronavirus. Mais cet appel était jusqu'ici resté lettre morte sur le terrain.

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