Congo-Kinshasa: Année-scolaire 2019-2020 - Le silence des autorités inquiète...

Le «2 juillet» a toujours été la date symbolisant la clôture de l'année scolaire au sein des établissements d'Enseignements Primaires, Secondaires et Techniques (EPST) en République Démocratique du Congo. L'année scolaire 2019-2020 fait l'exception à cette coutume locale suite à la pandémie de Coronavirus. Au regard des prorogations successives de l'état d'urgence sanitaire, pour des raisons valables, le sort des élèves devient de plus en plus inquiétant, malgré les mots apaisants des autorités publiques.

Depuis le 10 mars dernier, la RDC fait face à une situation inédite et imprévisible due à la propagation de la pandémie de Covid-19, situation qui a poussé le Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à prendre, mi-mars, un certain nombre de mesures courageuses afin de limiter les effets néfastes de ce virus dans les milieux publics.

Le Chef de l'Etat avait donc annoncé la fermeture de tous les établissements scolaires dans toute la République, ainsi que d'autres cadres ayant l'habitude de regrouper en masse la population venue des différents coins du pays.

Depuis lors, plusieurs stratégies ont été arrêtées à l'initiative du ministère de l'EPST en vue de stabiliser le niveau des élèves en utilisant la nouvelle technologie pour dispenser des cours dans des plateformes électroniques et chaines de télévisions.

Quoique louable, l'initiative a démontré ses limites dans la méthodologie de l'interactivité entre le moniteur (enseignant) et l'élève. La présence physique d'un enseignant dans une salle de classe s'est montrée plus efficace pour la bonne compréhension de la leçon.

Le ministre Willy Bakonga a animé, il y a quelques semaines, une séance de travail au ministère de l'EPST avec toutes les parties prenantes de ce secteur. Il était question de mettre en place des nouvelles stratégies pour permettre la reprise sécurisée des cours et de sauver l'année scolaire qui, du reste, était déjà consommée à 75% soit le trois-quarts de la matière a déjà été dispensé. Parmi les résolutions issues de cette séance, il y avait notamment, la reprise totale des cours dans les provinces non encore affectées par la pandémie, et une reprise progressive pour les provinces affectées, c'est-à-dire, seuls les élèves finalistes seront bénéficiaires de cette disposition. A tout ceci, il faut ajouter l'emplacement des dispositifs de lavage des mains à l'entrée de chaque établissement scolaire et le respect de la distanciation sociale.

Toutes ces dispositions ont été soumises auprès du Gouvernement central en attentant la dernière décision qui doit venir du Président de la République. Et contre toute attente, les jours sont passés très vite, voilà que le calendrier scolaire s'achève officiellement sans une promesse d'espoir concrète de la part des autorités attitrées à ces élèves envahis par des inquiétudes de ce que sera en réalité le sort de cette année scolaire.

Ce silence des dirigeants laisse, cependant, perplexe les membres du personnel des écoles, les parents, et les élèves, qui semblent être abandonnés à leur triste sort. Doit-on croire que nous sommes en présence d'une année blanche qui se glisse sous l'œil vigilant et dans le silence des autorités de la République ?

Pas d'année blanche à l'ordre du jour

Lors de son passage à la chambre haute du parlement, mercredi 1er juillet, le ministre d'Etat en charge de l'EPST, Willy Bakonga a rassuré à l'opinion nationale par-devant les honorables sénateurs qu'il n'y aura pas d'année blanche, et qu'un calendrier scolaire « réaménagé » sera mis en place d'ici peu. Et que de ce calendrier résulterait un léger retard pour la reprise des cours de la prochaine année scolaire. Le tout ne dépend actuellement que de l'autorisation de la haute autorité de la République, a-t-il fait savoir.

Reste à savoir dans combien de temps ce fameux calendrier scolaire réaménagé prendra pour sa vulgarisation, car plus les jours passent, mieux le doute s'installe dans le chef de la population qui devient de plus en plus sceptique aux différents messages y afférents.

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