Congo-Kinshasa: Précipice !

Une crise politique majeure sévit en RD Congo. La coalition au pouvoir ne tient plus qu'à un fil. L'alliance FCC-CACH va droit vers le précipice. Le mystérieux accord dit de Kingakati ressemble, de plus en plus, à un simple chiffon. Ce jeudi 9 juillet, l'UDPS, le parti présidentiel, et bien d'autres forces vives seront dans la rue.

Le parti de Félix Tshisekedi rejette catégoriquement la «procédure hasardeuse» orchestrée par le FCC pour faire passer son candidat à la tête de la Commission électorale nationale indépendante, Ronsard Malonda, en lieu et place de la société civile. La désignation à la hussarde de ce «pion» du FCC a aussi été dénoncée par des confessions religieuses de premier plan, à savoir : l'église catholique, l'église protestante, les kimbanguistes et les musulmans.

«... l'UDPS invite la majorité artificielle du FCC à reconsidérer sa démarche et recommande à la société civile et à ses sous composantes, en particulier, de convoquer leurs assises et de désigner, à la lumière du jour, les trois candidats devant les représenter à la Plénière de la CENI». Déjà, les laïques catholiques du CLC et autres mouvements citoyens ont annoncé leur participation à cette marche pacifique de protestation.

Toujours à propos de cette désignation cavalière, les Députés nationaux du groupe parlementaire CACH ont, à leur tour, dénoncé ce procédé, qui n'est pas de nature à renforcer la confiance avec le FCC déjà mise à rude épreuve par les propositions des lois «anticonstitutionnelles, hasardeuses et audacieuses» de réforme judiciaire initiées par Aubin Minaku et Garry Sakata, deux membres de la plateforme Kabiliste. Quant aux parlementaires de l'opposition, Lamuka, dont le sulfureux Daniel Safu, ils demandent au Président Félix Tshisekedi de sauver la CENI.

La réaction de ce dernier a été enregistrée au cours du dernier Conseil des Ministres (38ème). Le Président de la République a dit avoir été informé que la procédure devant conduire à la désignation des candidats au sein de la CENI, fait actuellement l'objet de fortes contestations. Félix Tshisekedi a recommandé qu'un tel processus qui impacte la politique générale du pays, soit conduit dans un esprit de consensus, d'apaisement et dans le strict respect des règles régissant la plateforme «Confessions religieuses». Aux uns et aux autres, le Chef de l'Etat demande d'aplanir les vues avant tout avancement dans ce processus dont il veillera à la crédibilité de bout en bout.

Au regard de la situation actuelle, le regroupement politique FCC se sent, de plus en plus, coincé, bloqué, voire humilié. Cette famille politique pilotée par Joseph Kabila a énormément de mal à placer Ronsard Malonda à la tête de la CENI, à faire passer les lois Minaku - Sakata sur la réforme judiciaire. Plus grave, l'un de ses membres influents au sein du Gouvernement, en l'occurrence, le Vice-Premier Ministre Célestin Tunda à qui le Président Félix Tshisekedi a exigé, en plein Conseil des Ministres par vidéoconférence, de se déconnecter et de démissionner endéans quarante-huit heures au risque d'être révoqué.

Les prélats catholiques ont prévenu : «Qui sème le vent récolte la tempête» ! L'Ambassadeur des USA à Kinshasa, Mike Hammer, a aussi annoncé la tempête qui arrive. Visiblement, cette puissance occidentale soutient Félix Tshisekedi qu'elle cherche à délier du fameux accord de Kingakati. Aussi, ce partenaire politique de Joseph Kabila, qui sera seul comptable devant la population à l'échéance 2023, jouerait-il au bélier. La désintégration de la coalition FCC-CACH risque de mener le pays droit vers le précipice. Vivement le dialogue inclusif. «Le peuple d'abord» !

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