Maroc: Affaire des écoutes - Le militant Omar Radi déplore une campagne de "salissage"

Amnesty International.

Rabat — Le journaliste et militant marocain Omar Radi, espionné par les autorités de son pays via un logiciel israélien, a réagi samedi aux accusations du gouvernement marocain sur sa collusion présumée avec un service de renseignement étranger, dénonçant une campagne de "salissage" à son encontre.

Dans un communiqué rendu public, le journaliste dit avoir pris avec "stupéfaction et incrédulité l'objet de l'enquête, dont il fait l'objet ".

Quelques heures après ces déclarations, le militant a subi une avalanche d'accusations portées par des médias proches du palais visant à le discréditer dans le sillage de l'enquête édifiante publiée le 22 juin par Amnesty international sur sa mise sur écoute par les autorités marocaines.

Un de ces relais médiatiques évoque une collusion présumée avec un officier des renseignements britanniques.

Il a précisé que dans le cadre de cette enquête menée par la BNPJ (la brigade de la police judiciaire au Maroc), il avait répondu à deux convocations, les 25 juin et 2 juillet 2020, soulignant qu'aucune question sur un supposé agent de renseignement ne lui a été posée.

"Je ne suis ni un espion, ni un agent à la solde d'agendas extérieurs. Ces attaques salissent ma réputation et mon honneur, elles sont sans fondement, et je dispose de tous les moyens pour me défendre", a-t-il affirmé.

L'ONG a découvert que le téléphone d'Omar Radi avait été la cible de plusieurs attaques au moyen d'une nouvelle technique sophistiquée permettant d'installer de façon invisible Pegasus, logiciel espion produit par la firme israélienne NSO Group.

Acculé au mur, le gouvernement marocain a tenté de repousser ces accusations confirmées. Des sources gouvernementales qui se sont confiées à des médias marocains évoquent une prochaine fermeture du bureau d'Amnesty à Rabat, rappelant au passage la suspension de leur coopération avec l'ONG.

"Des dizaines de militants des droits de l'Homme, de journalistes indépendants et de manifestants sont actuellement en prison", a dénoncé l'Organisation avant de déplorer une obstruction aux activités de son bureau à Rabat.

Les autorités marocaines ont un lourd passé dans l'instauration de mesures punitives pour détourner l'attention de leur sombre bilan en matière de droits humains, a rappelé l'ONG.

A La Une: Maroc

Plus de: Algerie Presse Service

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.