Sénégal: Litige foncier entre Ndingler et Babacar Ngom - Les populations campent sur leur position

Tenue avant-hier, samedi 4 juillet à Dakar, la conférence de presse du Comité de suivi foncier et d'assistance aux populations de Ndingler a été une tribune pour les ressortissants de ce village de demander à l'homme d'affaires, Babacar Ngom, de restituer aux paysans leurs terres.

Mieux, ils ont précisé que les terres en question ont toujours été cultivées. Non sans démentir toute forme d'opposition entre les populations de Ndingler et celles de Djilakh.

L es populations de Ndingler campent sur leur position. Elles ne veulent rien d'autre que la restitution de leurs terres dans le cadre du contentieux foncier qui les oppose à l'homme d'affaires, Babacar Ngom.

Elles l'ont fait savoir à Dakar avant-hier, samedi 4 juillet, à l'occasion de la conférence de presse organisée par le Comité de suivi foncier et d'assistance aux populations de Ndingler.

« C'est une question de survie. Les personnes qui sont dans les bureaux à Dakar devraient descendre sur le terrain pour voir que les terres en question sont la survie des populations.

Elles utilisent ces terres pour vivre », a déclaré le coordonnateur du Comité de lutte et d'assistance aux populations de Ndingler, Robane Faye. Sur ce, il invite l'homme d'affaires à aller trouver des terrains ailleurs pour faire son projet.

Prenant la parole, Bassirou Diomaye Faye, originaire de Ndingler, n'a pas raté Babacar Ngom. « Il est injuste de spolier aussi abruptement les paysans au profit d'un homme d'affaires qui ne veut que sentir l'avantage. En les transformant simplement en titre foncier, on donne les terres à un homme d'affaires, un seul, au détriment de 40 familles.

Cet agro businessman va aller au niveau des banques lever des fonds et investir sur les mêmes lieux et en retour, utiliser ces mêmes populations à qui on n'a pas voulu octroyer un titre foncier pour les employer comme des ouvriers agricoles.

Nous trouvons que c'est injuste et c'est inacceptable car les paysans occupaient ces terres avant la loi de 1964 parce que ces villages-là existent avant 1964 », a soutenu Bassirou Diomaye Faye.

Et d'ajouter : « c'est l'Etat qui a délibérément pris sur lui de déterminer le régime des terres rurales en considérant que c'est des terres du domaine national qui appartiennent à la nation et qui ne peuvent faire l'objet de titrisation mais qui sont simplement occupées par voie d'affectation ».

Les ressortissants de Ndingler ont également contredit ceux qui avancent que les terres de Ndingler sur lesquelles Babacar Ngom compte dérouler son projet, n'ont jamais été cultivées.

«IL EST IMPOSSIBLE POUR BABACAR NGOM DE SEMER LA ZIZANIE ENTRE NDINGLER ET DJILAKH»

Lors du face-à-face avec la presse, il a été évoqué les relations entre Ndingler et Djilakh. Pour cause, les ressortissants de Ndingler accusent Babacar Ngom de vouloir opposer les deux villages pour mettre en œuvre son projet.

« Les populations de Djilakh se disent prêtes à nous accompagner dans ce combat. Il n'y a pas d'opposition ni de querelle entre les deux populations. Elles sont en parfaite harmonie contrairement à ce que les gens veulent faire croire », a-t-il tenu à préciser.

Et Mamadou Ndiaye, ressortissant de la localité, de renchérir : « il est impossible pour Babacar Ngom de semer la zizanie entre les deux villages. On est ensemble sur tous les combats. On est des parents. On a toujours cultivé ensemble et on n'a jamais eu de problème.

C'et juste une personne qui veut créer des problèmes entre nous pour légitimer son projet ». Malgré leur détermination, les populations de Ndingler se disent ouvertes à toutes discussions.

Rappelons qu'à l'origine du conflit foncier, on trouve la délibération de 300 ha de la commune de Sindia pour l'entreprise Sedima de Babacar Ngom.

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.