Sénégal: Sédhiou - Le Balantacounda/Brassou engage la recherche des bêtes volées en Guinée Bissau

Le feu d'une bataille rangée couve et envoie ses signes avant-coureurs en zone de frontière au sujet du vol massif de bétail dans le département de Goudomp, extrême sud de la région de Sédhiou.

Les populations de cette zone du Balantacounda et du Brassou accusent régulièrement leurs voisins de la Guinée Bissau de s'emparer de leurs troupeaux.

Excédés par ces razzias à la faveur d'une insécurité ambiante dans la zone, les habitants ont décidé de franchir, aussi souvent que possible, la frontière à la recherche de leurs bêtes volées.

A la suite des séances de discussion, leurs animaux leur sont généralement restitués. Mais les propriétaires disent ne plus tenir face à la hantise de ces vols avec armes et organisent à leur tour des représailles.

L'on redoute des accrochages meurtriers en raison des batailles qui opposent fréquemment les deux parties.

Le département de Goudomp est à nouveau plongé dans la spirale des vols massifs de bétail sur toute la bande frontalière qui le sépare de la Guinée Bissau. La dernière razzia remonte à la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juin dans la commune de Niagha, dans l'extrême sud-Est de Sédhiou.

Le nommé Télly Barry a été dépossédé de 44 têtes de bœufs par des hommes en armes; une information confirmée par le maire de Niagha Yoro Mballo qui déclare que les recherches se poursuivent toujours en zone de frontière.

Selon plusieurs sources établies dans ce secteur, les voleurs auraient pris la direction de la province d'Oyo en territoire guinéen de Bissau non loin de Niagha. Ces razzias sur le bétail ont connu une hausse inquiétante, ces trois dernières semaines, dans cette zone de frontière.

Khalifa Dramé, le président de la commission transfrontalière de médiation basée à Samine, déclare qu'ils ont réussi à plusieurs reprises à organiser des séances de restitution des animaux volés et convoyés en Guinée.

Toutefois, Khalifa Dramé se dit très préoccupé par l'ampleur du phénomène qui risque fort bien de se convertir en batailles meurtrières du fait, dit-il, de l'usage des fusils automatiques que portent à la fois les voleurs et les propriétaires de bœufs en représailles.

Au village de Kounayan dans la commune de Djibanar, les populations qui ont eu du mal à reprendre leurs bœufs parqués en Guinée sont rentrées en s'emparant à leur tour de leur troupeau, a également fait savoir Khalifa Dramé.

Ce n'est certes pas du nouveau mais la pratique fait surtout craindre des accrochages entre les deux parties car, dans cette zone du Balantacounda/Brassou, l'élevage constitue le principal revenu pour certains et à l'inverse le vol une source potentielle de pauvreté

Plus de: Sud Quotidien

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