Maroc: Les marchands non financiers anticipent une diminution de leur activité

La crise induite par la pandémie de coronavirus n'y est pas étrangère

La crise induite par la pandémie de coronavirus (Covid-19) semble avoir entamé la confiance de bon nombre de chefs d'entreprise du secteur des services marchands non financiers. Elle semble aussi avoir contribué à amoindrir la confiance de leurs collègues grossistes.

Selon les résultats de l'enquête de conjoncture menée auprès des entreprises par le Haut-commissariat au plan (HCP), 62% des marchands non financiers anticipent une diminution de l'activité globale au deuxième trimestre 2020.

A en croire l'institution publique, ces anticipations seraient dues à la baisse prévue dans la quasi-totalité des branches de ce secteur, principalement dans les activités du «Transport aérien», de l'«Entreposage et services auxiliaires des transports», du «Transport terrestre» et de l'«Hébergement et restauration».

Il ressort aussi de cette enquête que plus de la moitié des patrons sondés (59%) anticipe une baisse de la demande et 31% une diminution des effectifs employés, selon le Haut-commissariat.

Rappelons qu'une précédente enquête, réalisée par téléphone du 1er au 3 avril 2020 par le Haut-commissariat au plan, a ciblé un échantillon de 4000 entreprises organisées opérant dans les secteurs de l'industrie manufacturière, de la construction, de l'énergie, des mines, de la pêche, du commerce et des services marchands non financiers.

Selon les résultats de cette enquête dont l'objectif principal a été d'évaluer l'impact immédiat de la crise de Covid-19 sur la situation des entreprises au Maroc, près de 142.000 sociétés représentant environ 57% de l'ensemble des entreprises avaient déclaré avoir arrêté définitivement ou temporairement leurs activités.

« Sur ce total, plus de 135.000 entreprises ont dû suspendre temporairement leurs activités tandis que 6300 ont cessé leurs activités de manière définitive », avait révélé le HCP.

Soulignant les répercussions sur l'emploi, le Haut-commissariat avait noté que « 27% des entreprises auraient dû réduire temporairement ou définitivement leurs effectifs. Ainsi, et selon les résultats de l'enquête, près de 726.000 postes d'emploi auraient été réduits, soit 20% de la main-d'œuvre des entreprises organisées ».

Entre-temps, pour les 43% des entreprises qui continuaient leurs activités en dépit de la crise sanitaire, « la moitié d'entre elles auraient dû réduire leur production pour s'adapter aux conditions imposées par cette situation. 81% d'entre elles l'auraient réduite de 50 % ou plus ».

Précisons qu'«en raison de la pandémie de Covid-19 et du confinement qui ont impacté le mode et la qualité de la collecte, les anticipations des chefs d'entreprise pour le deuxième trimestre ne reflètent pas totalement la réalité et devront être prises avec beaucoup de prudence », a tenu à faire savoir le HCP dans sa dernière note.

Qu'à cela ne tienne, les anticipations des chefs d'entreprise pour cette période nous renvoient aux appréciations des patrons opérant dans le même secteur pour le premier trimestre.

Concernant l'évolution de l'activité des chefs d'entreprise du secteur des services marchands non financiers au premier trimestre 2020, 42% des patrons sondés par le Haut-commissariat ont confié que l'activité du secteur des services marchands non financiers aurait connu une baisse.

Selon le HCP, cette évolution aurait été le résultat de la baisse d'activité enregistrée au niveau des branches des «Transports aériens», de l'«Entreposage et services auxiliaires des transports» et de l'«Hébergement».

Dans sa note, le Haut-commissariat a par ailleurs relevé une augmentation de l'activité de la branche des «Télécommunications» au cours des trois premiers mois de l'année.

Selon toujours les résultats de l'enquête, « l'évolution de l'activité globale des services marchands non financiers aurait été accompagnée d'une diminution des prestations à l'étranger», a également noté le HCP.

S'agissant des carnets de commandes du secteur, il ressort des appréciations d'un tiers des patrons (31%) qu'ils ont été d'un niveau inférieur à la normale ; tandis que 71% des chefs d'entreprise sont persuadés que l'emploi aurait connu une stagnation.

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