Sénégal: Oumar Mballo annonce son prochain album travaillé "sérieusement" durant le confinement

Dakar — Le chanteur sénégalais Oumar Mballo alias "Lokolomal" du groupe 3F "Faya Foyré Fouladou", parti depuis décembre dernier en Italie pour une tournée européenne, a déclaré avoir mis à profit le long confinement imposé dans son pays d'accueil en raison du coronavirus, pour travailler "sérieusement" sur son prochain album.

"J'avais des tournées en Espagne, en France, en Italie etc. mais avec le coronavirus, tout est bloqué. Je me suis dit que je ne dois pas perdre mon temps.

J'accepte ce confinement que j'ai utilisé pour bien réfléchir et travailler tranquillement sur mon prochain album qui doit être une œuvre de qualité", a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique avec l'APS.

Originaire de la commune de Koulito dans le département de Médina Yoro Foula, à la frontière gambienne, le chanteur Oumar Mballo compte rentrer au Sénégal dès la fin de sa mission européenne, après l'ouverture complète des espaces aériens.

Il a assuré que tout son combat et son rêve reposent sur l'émergence du Fouladu, terroir correspondant à l'actuelle région de Kolda.

"Mon combat, mon rêve c'est l'émergence de mon terroir. Et pour cela, je ne rate aucune occasion pour transmettre mes messages dans ce sens. Je suis berger et je le reste encore. En pleine forêt, avec la solitude, l'inspiration me venait et naturellement, je chantais parfois dansait pour tuer le temps", a-t-il expliqué.

Il a déclaré avoir commencé à s'intéresser à la musique très jeunes dans son terroir de Médina Yoro Foula. "Je peux dire que je suis né artiste mais, c'est en 1994 que je commencé à monter sur scène.

Et dans ma carrière, je rends hommage à MC Balédio (un chanteur koldois), l'un des précurseurs de la musique moderne pour nous les jeunes artistes de la région".

"Toute ma musique a un lien forcément avec le Fouladou que je veux représenter au Sénégal et à l'international", a indiqué Oumar Mballo qui a invité les artistes de son terroir à penser davantage à faire des recherches approfondies pour enrichir leur musique.

"La musique du Fouladou est bien écoutée oui, a-t-il estimé, mais je pense que nous artistes devons faire des recherches permanentes et approfondies. Une musique doit être très riche, et je pense que nous avons encore beaucoup à faire".

"Nous devons surtout travailler à internationaliser notre musique pour qu'on nous écoute à l'étranger au Japon, en Chine, en Amérique, en Inde et partout ailleurs dans le monde.

Je demande aux artistes de faire des recherches pour inscrire notre musique dans la durée. Nous devons enrichir notre musique", a insisté l'artiste toujours "fier d'être berger".

Dans le cadre ses activités, Oumar Mballo et ses nombreux autres camarades du groupe 3 F "Faya Foyré Fouladou" ont dans un passé récent mener des campagnes dans la région de Kolda pour, dit-il,

"éveiller les consciences citoyennes".

Cette mobilisation du groupe portait notamment sur l'enregistrement des enfants à l'état civil, la lutte contre la déforestation mais aussi la gestion responsable du foncier, les droits et devoirs des citoyens.

"Toutes les actions s'inscrivent dans ma démarche de sensibiliser nos communautés pour le développement économique et social de notre terroir. Et je ne laisserai jamais cette mission aux journalistes, aux autorités.

Je ne rate aucune occasion pour lancer des messages de sensibilisation. Nous devons insister sur notre devoir d'informer, de communiquer, de sensibiliser", a ajouté Oumar Mballo.

"Le monde avance à une vitesse insoupçonnée. Si on ne fait pas attention, on risque de rater la marche du monde et on risque de ne jamais se rattraper. Dans ce cadre, nous devons nous informer, faire passer des messages au profit de nos communautés", a souligné le chanteur sénégalais.

Mballo et ses camarades avaient déroulé une sensibilisation des communautés de la région de Kolda, dénommée "un mois, cinq communes", qui consistait à faire une descente dans une commune cible pour organiser un concert.

"Mais, on ne se limitait pas à organiser un concert. On demandait à rencontrer le maire de la commune qui nous accueille à qui on explique clairement notre mission, puis on tient une conférence publique le lendemain de notre concert.

Malheureusement, certains maires ne comprenaient pas notre démarche, pensant qu'on roulait pour un adversaire", a-t-il expliqué.

Plus de: APS

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