Rwanda: Génocide - Paris confirme un non-lieu contre les proches de Paul Kagame

La justice française a confirmé un non-lieu dans l'enquête sur l'attentat déclencheur du génocide au Rwanda en 1994.

Les juges antiterroristes français ont ordonné en décembre 2018 l'abandon des poursuites contre neuf proches du président rwandais, Paul Kagame. La cour d'appel de Paris a confirmé le non-lieu sur l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994, qui avait fait plus de 800000 morts, selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi. Les avocats de la famille de l'ancien président rwandais et de l'équipage français de l'avion ont annoncé qu'ils vont former un pourvoi en cassation.

A défaut d'un procès immédiat, ils espéraient la réouverture des investigations afin que la justice française se fasse communiquer un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui attribuait la responsabilité de l'attaque au clan de Paul Kagame. Le 6 avril 1994, l'avion transportant Juvénal Habyarimana, un Hutu, et le président burundais Cyprien Ntaryamira a été abattu en phase d'atterrissage vers Kigali par au moins un missile.

Qui est l'auteur du tir sur l'avion présidentiel ?

Les enquêteurs français ont longtemps privilégié la responsabilité des rebelles tutsis menés par Paul Kagame, devenu président du pays en 2000, avant de s'orienter, sans davantage aboutir, vers une implication d'extrémistes hutus.

Pour sa première visite officielle au vatican en mars 2017, le président rwandais Paul Kagame avait reçu "le pardon de Dieu pour les péchés et manquements de l'église et de ses membres" durant le génocide, de la part du pape François, exprimant sa " profonde tristesse, et celle du Saint Siège et de l'église, pour le génocide perpétré contre les Tutsi [ainsi que] sa solidarité avec les vicitmes de conséquences de ces événements tragiques".

L'église catholique a aussi été régulièrement indexée pour sa proximité avec le régime hutu de l'époque et pour l'implication de prêtres et de religieux dans les massacres. Entre avril et juillet 1994, de nombreuses églises furent le théâtre de tueries de masse, les miliciens hutu y trouvant leurs victimes rassemblées, parfois des prêtres qui livraient ensuite leurs ouailles aux tueurs, et sans échappatoire. Plusieurs prêtres, religieux et réligieuses ont été jugés pour leur participation au génocide, principalement par les tribunaux rwandais, et le tribunal pénal iternational pour le Rwanda (TPIR) ou la justice belge. Certains ont été condamnés, d'autres acquittés.

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