Cameroun: Attentat contre l'avion de Juvénal Habyarimana - Le non-lieu confirmé

La Cour d'appel de Paris a rendu le verdict vendredi dernier dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien président rwandais.

La Cour d'appel de Paris a annoncé un non-lieu vendredi dernier dans l'instruction sur l'attentat de l'avion qui avait coûté la vie à Juvénal Habyarimana, l'ex-président rwandais. Une affaire qui empoisonne les relations franco-rwandaises depuis plus de 20 ans. D'ailleurs, des politologues avertis pensent que c'est l'un des chapitres les plus sensibles de la relation entre ces deux pays qui vient de se refermer. « Il faut bien reconnaître que si ce dossier a pu durer aussi longtemps, c'est parce que des acteurs ont constamment tenté de pervertir la procédure », explique Me Bernard Maingain, avocat, avec Me Léon Lef-Forster, de l'ensemble des suspects. « Il y a une forme de résignation de la justice française sur ce dossier qui a été sacrifiée sur l'autel des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda », déclare de son côté Me Philippe Meilhac, l'avocat d'Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais.

L'attentat a eu lieu le 6 avril 1994 et la justice française saisie en août 1997 par la fille d'un des pilotes français du Falcon présidentiel qui avait crashé. C'est finalement en mars 1998 qu'a lieu l'ouverture de l'information judiciaire confiée au pôle antiterroriste du Tribunal de grande instance de Paris. Le 22 novembre 2006, le juge Jean-Louis Bruguière émet neuf mandats d'arrêt à l'encontre des dignitaires rwandais dont James Kabarebe, aujourd'hui conseiller du président Paul Kagame après avoir été pendant huit ans son ministre de la Défense. À Kigali, l'ordonnance du juge Bruguière avait alors provoqué une vague d'indignation. Car le magistrat français soupçonnait Paul Kagame d'être à la tête de la rébellion et d'avoir planifié et commis l'attentat contre l'avion présidentiel pour provoquer le génocide des Tutsi, dans le but inavoué de conquérir le pouvoir.

Vendredi 3 juillet 2020, les magistrats de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris ont confirmé la décision des juges antiterroristes qui avaient ordonné l'abandon des poursuites contre les neuf proches de l'actuel président rwandais. L'arrêt de ce délibéré, qui fait une soixantaine de pages, sera rendu ce lundi. Cette décision entraîne en principe l'abandon des poursuites mais Me Philippe Meillhac ne l'entend pas de cette oreille. « Il y a une chape de plomb dans ce dossier qui comporte une connotation politique évidente », a-t-il déclaré en annonçant qu'il a décidé de se pourvoir en cassation.

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