Congo-Kinshasa: Empoignades !

Le nom de Ronsard Malonda est quasiment sur toutes les lèvres. Les uns le soutenant, les autres le contestant. Ce probable successeur de Corneille Nangaa à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) divise aussi bien la société civile que la classe politique.

Deux marches de protestation à cette désignation "cavalière" de Ronsard Malonda par l'Assemblée nationale sont programmées le 9 juillet 2020 par l'UDPS, parti présidentiel, puis le 19 juillet par le Comité Laïc de Coordination (CLC). Ce «pion» du FCC est désavoué à la fois par les Catholiques, les Protestants, les Kimbanguistes et les Musulmans. Mais, pourquoi ces confessions religieuses de premier plan et bien d'autres forces politiques dont la coalition Lamuka contestent ce fils Ne-Kongo ?

Le désaveu ne serait pas lié aux origines tribales de sieur Malonda mais plutôt à ses accointances politiques. Il sied de rappeler que Ronsard Malonda est actuellement Secrétaire Exécutif de la CENI. C'est lui le cerveau-moteur des élections combinées du 30 décembre 2018 qui ont porté Félix Tshisekedi au sommet de l'Etat et accordé la majorité parlementaire aussi bien nationale que provinciale au FCC piloté par Joseph Kabila, l'ancien Président de la République.

Certaines sources dignes de foi renseignent que c'est Feu Abbé Apollinaire Malumalu, alors président de la Commission électorale indépendante (CEI), qui avait pris Ronsard Malonda au sein de la jeunesse du PPRD, le parti présidentiel d'alors, pour venir l'intégrer dans cette institution d'appui à la démocratie. Depuis lors, ce jeune homme a toujours œuvré à la CENI où il a gravi plusieurs échelons. D'autres disent qu'il est le beau-frère d'Aubin Minaku, l'un des poids-lourds du camp Kabila. Mais, beaucoup plus objectifs, des figures de proue des confessions religieuses dont le Cardinal Fridolin Ambongo l'accuse d'avoir été à la manœuvre, si pas la pièce maîtresse, des élections chaotiques passées. Malonda porte donc tous les péchés d'Israël.

Dans une déclaration tonitruante, le CLC et ses partenaires annoncent qu'ils vont battre macadam le 19 juillet prochain afin d'arrêter dès à présent la fabrication des fraudes électorales pour 2023. L'appel est ainsi lancé envers les militants des partis politiques et des organisations sociales et professionnelles dont les magistrats, les avocats, les professeurs d'université, les fonctionnaires, les chômeurs, les «wewas» et les vendeurs de marché. Outre le non-entérinement de la désignation de Ronsard Malonda par le Président de la République, ces activistes vont exiger haut et fort la dissolution de la présente Assemblée nationale.

La jeunesse et les partis membres du FCC vont-ils se laisser faire ? Des chaudes empoignades sont donc en vue au regard de cette zone de turbulences. Des esprits avertis recommandent de ne pas mettre la charrue avant le bœuf. Autrement dit, commencer d'abord à auditionner, au niveau de la Chambre basse du Parlement, le rapport de l'équipe Nangaa arrivée fin mandat avant la désignation d'autres animateurs. Un audit est aussi exigé.

Etant donné que le Président Félix Tshisekedi a lui-même, lors du dernier Conseil des Ministres, remis en question cet entérinement du successeur de Corneille Nangaa, la seule voie raisonnable qui reste c'est le dialogue franc entre les parties prenantes avec comme finalité : épargner le Congo d'une énième effusion de sang.

Plus de: La Prospérité

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