Madagascar: Evènements - Le purgatoire continue pour les acteurs culturels

Alors que la communauté artistique semble avoir commencé à s'en remettre, voilà qu'on se rue à nouveau vers un confinement total.

Un mal pour un bien? Artistes et créateurs événementiels voient à nouveau le verre à moitié plein depuis hier. La nouvelle est effectivement tombée comme une évidence pour tout un chacun ce weekend, un retour au confinement total est inévitable et indéniable à la fois, vu l'évolution de la pandémie du coronavirus depuis le mois dernier. C'est ainsi reparti pour un tour, un retour à la case départ que la grande majorité de la communauté culturelle appréhendait déjà, mais qu'elle espérait ne plus avoir à endurer aussi longtemps.

Plus de trois mois de silence, de sacrifice et de pertes donc, que les artistes et acteurs culturels ou événementiels de tous horizons ont appris à subir presque sans rechigner et ils ne sont pas encore prêt à en voir le bout du tunnel. Ceci-dit, ce fut également trois mois d'adaptation et de redécouverte de soi également pour eux, car mine de rien, ils ont chacun de leur côté su en tirer profit. Le retour au confinement total en ce début de mois de juillet s'avère ainsi être à double tranchant cette fois, là où il paraissait comme fatale auparavant. D'un côté, il rassure évidemment, mais de l'autre il inquiète, car les artistes contrairement à ce qui se passe dans les autres secteurs économiques, n'ont toujours pas l'assurance de pouvoir retrouver leur gagne-pain après tout ce temps.

Acceptation et anticipation

Nombreux sont ceux à avoir su tirer leur épingle du jeu le temps de ce long confinement, entre les « live facebook » ou les concerts en « catimini » à moins d'une cinquantaine de personnes, ils ont su improviser à leur manière. Entre autres, le collectif « Mozika sans frontières » emmené par Mampiray Solofoniaina, qui depuis le début du confinement s'active via les réseaux sociaux à apporter plus de visibilité à différents musiciens et chanteurs. Ce dernier rassure d'ailleurs ses pairs sur le fait qu'il faut voir le bon côté des choses.

De même, Tanteli Ralalarison, organisateur événementiel et chanteur au sein du Sanda Mozika confie « Si être confiné quinze ou trente jours de plus me permettra de travailler à nouveau après, alors ainsi soit-il ». Le pianiste de jazz, Njaka Rakotonirainy lui accuse le coup, sans pour autant renier l'évidence « J'en suis vraiment navré, j'ai beaucoup perdu lors de ces trois premiers mois et j'ai beaucoup investi pour m'en remettre. Notamment en lançant une nouvelle école d'art et de musique, dont la rentrée officielle était censée être hier lundi. Je reste quand même conscient de l'importance du confinement et j'agrée totalement vu la situation ».

Par ailleurs, les institutions culturelles comme l'Alliance française et l'Institut français de Madagascar ont aussi annulé une bonne partie de leur programmation, invitant toujours le public à les suivre sur les réseaux sociaux. Nul doute cependant que la communauté culturelle et artistique aussi épuisée qu'elle est, sera encore plus aphone qu'avant durant les prochains jours.

Plus de: L'Express de Madagascar

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