Sénégal: Préparatifs de la tabaski - Les tailleurs à l'épreuve de la COVID-19

La Tabaski aussi appelée «Aïd El-Kebir» pourrait être célébrée le 31 juillet prochain. Au marché HLM de Dakar, l'ambiance des grands évènements commence à se faire sentir malgré la crise sanitaire liée à la Covid-19. Toutefois, chez les tailleurs, la désolation est grande. Ils disent ressentir les effets de la pandémie avec la rareté des clients.

Marché HLM ! A l'entrée, marchands et conducteurs se disputent la route, dans un tohu-bohu indescriptible de cris et de coups de klaxons des voitures. A l'intérieur, dans les ruelles, clients et vendeurs qui circulent dans les parages, se bousculent malgré la forte canicule. Certains portant un masque, d'autres pas du tout en cette période de pandémie de la covid-19. Il est 13 h hier, lundi 6 juillet. Difficile de se frayer un chemin. Il faut jouer des coudes pour passer, sinon suivre les files indiennes.

A moins d'un mois de la fête de Tabaski, l'ambiance est au rendez-vous. Des va-et vient incessants de clients se mélangent aux cris des vendeurs et à la musique qui retentit, les voies encombrées par des marchandises étalées à même le sol, s'ajoutent au décor. Et pourtant, nonobstant cette ambiance de fête, les tailleurs n'y trouvent pas leurs comptes. La covid-19 est passée par là pour certains d'entre eux.

Dans un atelier de couture, nous trouvons Astou Fall en train de ranger des vêtements pour enfants. La mère de famille ne cache pas sa désolation. «On remercie le bon Dieu mais le coronavirus a beaucoup affecté nos activités. Il a fait beaucoup de dégâts chez nous parce qu'à pareille heure, l'année dernière, on avait déjà bouclé les commandes et rassemblé beaucoup d'argent pour faire la tontine mais cette année, cela ne s'est pas passé comme ça», explique la couturière.

Pis, dit-elle : «les clients viennent récupérer leurs commandes en vous promettant de l'argent mais au finish, on ne vous donne rien». A quelques encablures, se trouve l'atelier de Mor Sèye. A l'intérieur, il est en plein marchandage avec une jeune dame pour la couture d'un tissu «bazin». Au finish après une longue discussion, ils tombent d'accord sur un prix de 15 000 F. Tout comme Astou Fall, le jeune homme dit subir les effets de la pandémie. «Les clients arrivent par compte-goutte mais ils ne donnent pas assez d'argent. Ils préfèrent même les modèles qui ne coutent pas chers», confie Mor Sèye. Allant plus loin, le jeune homme dit ceci : «le coronavirus nous a beaucoup affectés et on n'a pas eu de soutien de la part des autorités comme elles l'ont fait dans d'autres secteurs». Sidy Sow également ressent les effets de la covid-19.

Selon lui, il est toujours en attente de commandes. «Pour dire vrai, la Tabaski 2020 va être différente de toutes les Tabaski. Certains clients ont fait faux bond. D'autres viennent mais par compte-goutte et puis avec des marchandages en à plus finir. Ils te disent même de faire un prix corona, autrement dit moins bon marché. C'est très difficile pour nous alors qu'on n'a presque pas travaillé pendant la Korité», confie le jeune homme. Toutefois, il dit être consciente de la situation même si c'est difficile. «Je comprends aussi les gens car la pandémie a mis tout le monde dans des difficultés», dixit le jeune tailleur. A quelques jours de la Tabaski, les clients se font désirer mais les tailleurs espèrent que la situation changera dans les prochains jours.

Plus de: Sud Quotidien

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