Sénégal: Projet d'assainissement de la cité Soleil - La grande mue de 16 quartiers

7 Juillet 2020

De belles villas poussent à tous les coins de rues dallées et pavées à Dalifort, Cité Soleil, Hacienda, Marine, Eaux et Forêts, Assurance, Belvédère, Elisabeth Diouf, Poste, Lotissement Al Hilal, Général Foncier, Castors Municipaux, grâce à la construction d'ouvrages de drainage des eaux pluviales et usées, pour un coût global de plus de 10 milliards de FCfa. Les travaux lancés par le Président Macky Sall étant achevés, il ne reste que leurs réceptions retardées par la pandémie de Covid-19.

Renouveau urbain : Les ouvrages d'assainissement changent le cours de la vie

Le Projet d'assainissement de la Cité Soleil et environs a créé de nouveaux quartiers où sortent de terre de nouvelles villas séparées par des rues et des ruelles dallées ou pavées. Les infrastructures, d'un coût de 10 milliards de FCfa, ont fini par transformer ces espaces de vie.

Sur des vases jadis inondables des quartiers Dalifort Forail, Cité Soleil, Darou Salam, Cité Marine, Eaux et Forêts, Assurance et même Belvédère poussent de belles villas. Entre 2005 et 2020, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts dans ces quartiers où les habitants étaient obligés de vivre avec l'eau une bonne partie de l'année.

Dans une ruelle dallée, des ouvriers font des travaux de coffrage, d'autres renforcent les pieux, sous l'œil d'une résidente, Nafi Seck. Cette employée du quotidien national «Le Soleil», aujourd'hui à la retraite, envisage de transformer sa villa.

Durant toute sa carrière, elle s'est épuisée en dépenses pour refaire sa maison après chaque hivernage.

C'était l'enfer sur terre pour ces habitants de la Cité Soleil. Les propriétaires qui ont vendu leur maison pour aller habiter ailleurs sont nombreux. «Cette maison que vous voyez là-bas appartenait à un ancien du « Soleil ».

Il a vendu sa villa à 5 millions de FCfa à cause des inondations. L'acquéreur l'a revendue à presque 30 millions de FCfa», confie Nafi Seck.

Depuis la construction des ouvrages d'évacuation des eaux usées et pluviales, le cours de la vie a changé. Ceux qui ont vendu leur villa le regrettent amèrement.

Ceux qui avaient déménagé reviennent. À chaque coin de rue, poussent de belles villas, des immeubles à plus de 3 niveaux. L'hivernage n'apporte plus son amas de dégâts.

«Maintenant, lorsqu'il pleut, je dors. Auparavant, c'était impossible. Je me réveillais à 3 heures pour faire le tour des zones inondées. Nous avons un nouveau Dalifort», explique le maire de la commune de Dalifort-Forail, Idrissa Diallo.

En plus de la réduction des inondations, les transformations structurelles sont partout visibles. À Dalifort, à la Cité Eaux et Forêts, à la Cité Soleil... , les villas modifiées jouxtent les nouvelles constructions.

Ce ne sont pas les mêmes quartiers. «C'est la preuve que l'Etat a les moyens de résoudre les problèmes d'inondation.

Je suis ici depuis 1971, mais nous n'avons pas les mêmes quartiers. Il y a de grands changements», compare le vieux Siaka Thiaré, heureux que les choses aient évolué dans le bon sens.

Les voies d'accès sont pavées. Les changements sautent à l'œil. Les décanteurs sont déjà réalisés devant plusieurs villas à la Cité Soleil, comme à la Cité Assurance...

On ne cède plus à la tentation de la vente des parcelles et maisons. Elle est vaincue comme un amas de nuages emportés par le vent. Après le désespoir, les quartiers vivent le renouveau urbain.

Les travaux sont terminés. Il ne reste que la réception officielle retardée par la pandémie du coronavirus. Le changement n'est plus une promesse pour au moins 3.000 ménages. Plus de 2.325 branchements domiciliaires sont déjà posés.

ABDOULAYE MBALLO, DÉLÉGUÉ DE QUARTIER DALIFORT 10 : «Les inondations sont derrière nous»

Depuis 1979, Abdoulaye Mballo habite à Dalifort. Aujourd'hui, il fait partie des notables et est le délégué de quartier.

Pendant presque 30 ans, il a vécu les inondations à Dalifort. Après la pluie, chacun se mettait à vider sa maison engloutie dans les eaux. C'était la routine de tous les habitants du quartier depuis de longues années.

Toutes les rues étaient remplies d'eau de pluie. Des décennies après, il note avec satisfaction que les travaux d'assainissement ont permis à Dalifort de respirer. «Si on parvient à nous brancher au réseau d'assainissement, nous serons plus qu'heureux. Aucune maison n'est branchée à l'égout.

C'est notre seul problème dans le quartier», plaide le délégué. D'après lui, la vidange des fosses coûte cher aux ménages. Pour une seule vidange, il faut payer au moins 20.000 FCfa. Les décanteurs ont été déjà posés dans toutes les maisons.

COMMUNE DE DALIFORT-FOIRAIL : La collectivité territoriale détient un meilleur taux de branchement à l'égout

Le maire de la commune de Dalifort-Foirail, Idrissa Diallo, fait la part des choses lorsqu'il parle des projets qui ont un impact sur le vécu des populations. Le Projet d'assainissement de la Cité Soleil et environs a déjà transformé le cadre de vie pour au moins plus de 30.000 personnes.

Aujourd'hui, c'est la commune qui détient l'un des meilleurs taux de branchement à l'égout au Sénégal. «Pour des raisons de santé, de commodité et de cadre de vie, il nous fallait impérativement avoir un projet d'assainissement des eaux usées et pluviales comme celui-ci.

Si plus de 95 % de la surface communale sont à l'égout, nous serons très soulagés», affirme le maire de Dalifort-Foirail, Idrissa Diallo. Il donne des assurances quant à l'implication de la collectivité dans le suivi du projet et l'entretien des ouvrages.

«Nous demandons à l'Onas de renforcer les capacités des comités de gestion des ouvrages», sollicite le maire. C'est aussi la preuve que la répartition des ouvrages ne tient pas compte des critères d'appartenance politique mais des besoins réels des populations.

Retour des victimes des inondations

Les inondations dans la commune de Dalifort avaient fait fuir beaucoup d'habitants. Aujourd'hui, la question est un vieux souvenir. Beaucoup parmi ceux qui avaient quitté sont revenus. D'autres sont en train de reconstruire pour préparer leur retour. C'est le cas à la Cité Belvédère où de nombreuses maisons sont en chantier.

Les propriétaires construisent même en hauteur. D'autres avaient préféré vendre leur immeuble pour fuir les inondations. Selon Adama Ndaw, à la Cité Soleil et dans d'autres quartiers, beaucoup avaient vendu leurs maisons ou leurs terrains.

Aujourd'hui, M. Ndaw salue la «persévérance» des habitants de la Cité Soleil qui, bien qu'ils aient perdu leur salon, leur matériel de maison, sont restés dans le quartier. Après la pluie, le beau temps !

Ce slogan est devenu aujourd'hui une réalité à Dalifort. Tous ceux qui avaient abandonné leurs maisons à cause des inondations reviennent petit à petit.

ASSAINISSEMENT : Des quartiers de Dalifort sauvés des eaux

Il y a de cela quelques années, Dalifort rimait avec inondations pendant la saison des pluies. Cette situation est devenue un vieux souvenir depuis le démarrage des travaux d'assainissement dans beaucoup de quartiers de cette commune du département de Pikine. Les cités Soleil, Belvédère et bien d'autres quartiers ne vivent plus sous la hantise des eaux de pluie.

Sur sa chaise pliante, à l'ombre d'un arbre, le vieux Adama Ndaw exhume de lointains souvenirs quand on aborde avec lui l'histoire de la Cité Hilal, un quartier situé à côté de la Cité Soleil, dans la commune de Dalifort-Forail.

Il fait, en effet, partie des tous premiers habitants de ce quartier. Nous sommes en 1987. À l'époque, raconte-t-il, les Maristes, les cités Soleil, Eaux et Forêts, Elisabeth n'existaient pas. Il n'y avait que le quartier traditionnel de Dalifort.

De sa maison au quartier Hilal, il voyait de loin Pikine, dans la banlieue dakaroise. Ses seuls voisins, dit-il, étaient l'avocat Omar Ngalla Ndiaye et un Cap-verdien. «Quand je déménageais ici à l'époque, les gens de Dalifort disaient que je suis un fou.

Dalifort était un petit village. La Cité Elisabeth, c'est vers 1990-1991. De loin, on voyait ma maison. J'avais même interdit aux parents ou aux amis de venir me rendre visite, car il y avait beaucoup d'herbes aux alentours avec énormément de serpents», se rappelle-t-il.

À l'époque, il n'y avait pas d'assainissement. Entre Hilal et la Cité Soleil, il y avait beaucoup d'eaux pendant l'hivernage. Ces eaux stagnantes restaient pendant la saison sèche. Elles envahissaient les quartiers de Belvédère jusqu'à l'entrée de l'actuelle autoroute à péage.

Aujourd'hui, la Cité Soleil est devenue un quartier où il fait bon vivre suite aux travaux d'assainissement qui ont été réalisés dans la commune de Dalifort. Sokhna Diagne, habitante de la Cité, constate, avec joie, que depuis le démarrage des travaux d'assainissement, il n'y plus d'inondations pendant la saison des pluies. Selon elle, la Cité Soleil est aujourd'hui assainie.

Après la pluie, les populations peuvent sortir de leurs maisons tranquillement. Ce qui était inimaginable il y a de cela quelques années.

En se replongeant dans un passé récent, Sokhna Diagne se rappelle les difficultés qu'ils vivaient pendant l'hivernage. Après la pluie, personne ne pouvait sortir sans patauger dans les eaux. Il fallait aussi débourser beaucoup d'argent pour curer les eaux qui envahissaient les maisons.

Toutefois, avec la deuxième phase des travaux, beaucoup d'égouts ont été bouchés par les ouvriers. Cela risque, à son avis, de bloquer le ruissellement des eaux de pluie. «Tous ces égouts sont bouchés par des saletés. Tout a été nettoyé mais la deuxième phase des travaux n'est toujours pas terminée», s'inquiète-t-elle.

Impact des travaux d'assainissement

Dalifort apprécie également cette douce quiétude. Sous l'ombre d'un arbre, Siaka Thiaré et son ami, assis côte à côte, discutent tranquillement. Derrière, des jeunes jouent au basket-ball sur un terrain à ciel ouvert.

En cette matinée du vendredi, la quiétude règne dans le quartier. Seules quelques personnes sont dans les rues ou devant les boutiques. Siaka Thiaré, originaire de Bassar, dans les Îles du Saloum, habite le quartier depuis 1971.

À l'époque, soutient-il, Dalifort était entouré de mares. En plein milieu de l'hivernage, tous ces lagons sont remplis. La zone était presque coupée du reste de la capitale, Dakar. «Toutes ces difficultés ont été résolues aujourd'hui. Les travaux d'assainissement ont eu un impact non négligeable», magnifie-t-il.

Assis devant sa maison, le vieux Ibrahima Diallo est plongé dans la lecture d'un journal. Interrogé sur la question de l'assainissement à Dalifort, il pose son journal à côté pour discuter d'un sujet qui semble le passionner.

À son avis, Dalifort est devenu un quartier où les habitants peuvent s'épanouir avec «des rues impeccables grâce au pavage et aux ouvrages construits par l'Onas».

D'après lui, depuis plusieurs années, les gens craignaient l'arrivée de la saison des pluies, car toutes les rues et beaucoup de maisons étaient inondées.

«Chez les paysans, l'hivernage rime avec le bonheur. À Dalifort, nous avions la hantise de l'hivernage. Pendant la saison des pluies, il fallait vider les maisons pendant au moins six fois en raison de 20.000 FCfa par vidange. C'était beaucoup d'argent à dépenser», se souvient-il pour saluer un présent moins accablant.

À la Cité Belvédère, règne un calme apaisant. Avec ses vastes rues ornées de cocotiers, Belvédère n'est plus sous la hantise des inondations. Il y a de cela quelques années, ce paisible quartier de la commune de Dalifort était englouti dans les eaux.

Depuis l'année dernière, se réjouit Mme Kane Palméri, présidente de l'association des femmes de Belvédère, des inondations n'y ont pas été constatées. Avec le réseau d'assainissement, les eaux de pluie étaient directement évacuées vers les canaux à ciel ouvert.

Son seul souci, s'indigne-t-elle, est que beaucoup de propriétaires ont creusé leurs fosses en pleine rue. Pendant l'hivernage, certains déversent leurs eaux nauséabondes dans la rue. Cette situation peut engendrer, à l'en croire, un sérieux problème de santé publique.

28 000 personnes ont accès à un assainissement collectif

Le Projet d'assainissement de la Cité Soleil et environs, d'un coût de 9,5 milliards de FCfa, financé par la Banque arabe pour le développement économique (Badea), le Fonds pour le développement international (Ofid) et l'État du Sénégal, a permis à plus de 28.000 personnes d'avoir accès à un assainissement collectif, de réduire les inondations et de faciliter la mobilité des personnes, entre autres, dans 16 quartiers de la commune de Dalifort-Foirail.

Lancée le 22 juillet 2016, par le président de la République, Macky Sall, la mise en œuvre du projet s'est traduite par la réalisation de 31,1 km de réseau des eaux usées, 2760 branchements à l'égout, de deux stations de pompage, la réalisation d'un réseau d'évacuation des eaux pluviales long de 5,880 km.

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