Congo-Kinshasa: A Kinshasa, l'interdiction de toutes les manifestations politiques passe mal

Le gouverneur de la capitale Kinshasa a interdit ce mardi toutes les manifestations politiques de soutien ou de protestation. La raison invoquée est l'état d'urgence sanitaire lié au Covid-19 qui interdit toute rassemblement de plus de 20 personnes. Une raison loin de convaincre les organisateurs de ces manifestations qu'elles soient pour protester ou soutenir les propositions de réforme judiciaire ou encore la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale.

Le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, est issu de la coalition pro-Kabila et il refuse de prendre acte de l'appel à manifester de son parti, le PPRD qui venait d'annoncer une « série de marches » en soutien aux « institutions de la République » et les « acquis de l'alternance pacifique » au pays. Toujours au nom de l'état d'urgence sanitaire, le gouverneur a fait part de la même décision mardi aux représentants de l'opposition et de l'UDPS.

La coalition Lamuka de l'opposition a annoncé sa marche pour le 13 juillet. Une initiative qu'elle maintient, dit Francis Kalombo, l'un de ses délégués : « Nous allons marcher à moins qu'on demande à Ronsard Malonda de renoncer et qu'on demande aux députés Aubin Minaku et Sakata de retirer définitivement leurs propositions de loi, le cas contraire nous marcherons jusqu'à avoir gain de cause. »

L'UDPS de Félix Tshisekedi comptait manifester ce jeudi 9 juillet et il maintient également sa marche. Pour son secrétaire général intérimaire, Augustin Kabuya, le motif d'interdiction évoqué par le gouverneur, dont le parti est allié au sein de la coalition au pouvoir, ne tient pas : « Pas plus tard que le 30 juin 2020, j'avais vu le Premier ministre, le président du Sénat, la présidente de l'Assemblée nationale et d'autres animateurs des institutions au cours d'une manifestation de plus de 500 personnes, consacrée à l'inauguration d'un hôpital. Ces gens sont-ils spéciaux plus que nous ? On nous brandit cette affaire de l'état d'urgence pour faire passer en force l'affaire Malonda. C'est un argument qui ne tient pas debout. Chacun de nous sera responsable de ses actes. »

Si le PPRD ne s'est pas encore officiellement prononcé, plusieurs de ses cadres sont eux pour le maintien des marches. La première devait avoir lieu ce mercredi. Quant au vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur et de la Sécurité, il ne semble ne pas approuver la décision du gouverneur. Issu des rangs de l'UDPS, Gilbert Kankonde a convié les organisateurs des marches à une réunion ce mercredi à son cabinet pour un échange.

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