Burkina Faso: Centre national d'études stratégiques - Un labo pour casser du terroriste

L'architecture de la sécurité nationale du Burkina Faso a été renforcée à travers la création, le 27 février 2020, du Centre national d'études stratégiques (CNES) qui n'est autre qu'un outil d'aide à la décision en matière de gouvernance sécuritaire.

Des civils, militaires et paramilitaires se sont réunis le 7 juillet courant à Ouagadougou à l'occasion d'un atelier de lancement pour réfléchir sur le cadre organisationnel, les programmes et les partenariats du CNES afin de lui permettre d'accomplir au mieux ses missions dans un contexte de crise sécuritaire marqué par la recrudescence des attaques terroristes.

Avec les tout premiers cris du bébé dénommé Centre national d'études stratégiques (CNES), c'est l'une des recommandations du Forum national sur la sécurité, tenu en octobre 2017, qui vient de se concrétiser.

Il a pour vocation, comme le stipule le décret de sa création, «d'être un centre d'excellence de la réflexion et de l'anticipation stratégique qui promeut la résolution, par une approche holistique, des questions de défense et de sécurité aux niveaux national et international».

C'est pour rendre cela réel sur le terrain que des acteurs de la société civile, des militaires et des paramilitaires ont cogité sur deux thématiques clés.

La première porte sur le cadre organisationnel et les programmes à mettre en place par le Centre dans le but de lui permettre d'accomplir efficacement ses missions d'études, de recherche et de formation.

La deuxième est relative aux réseaux de partenariat, de coopération et de collaboration qu'il doit envisager pour prospérer et atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Deux groupes de travail ont été constitués à cet effet qui ont apprécié la pertinence des ébauches déjà élaborées dans ce sens avant de les enrichir.

Selon le directeur général du CNES, le colonel major Aimé Barthélemy Simporé, l'émergence du terrorisme dans le contexte sahélien et maintenant national et les autres défis sécuritaires ont fait apparaître la nécessité pour le Burkina Faso de se doter d'un outil d'anticipation sur ces menaces, risques, crises et situations conflictuelles.

Ainsi, ce Centre permettra à la gouvernance sécuritaire d'avoir un instrument d'aide à la décision. «A l'issue des travaux, nous allons finaliser les textes de base et le projet de statut afin de les proposer au gouvernement pour approbation », a signifié le colonel major Barthélemy, qui n'a pas manqué de saluer l'engagement des différentes structures, parmi lesquelles l'Agence nationale de renseignement (ANR) et des partenaires dont le National democratic institut (NDI) dans les réflexions ayant abouti à la création de cette entité.

Le NDI est aussi impliqué dans l'organisation de la journée de réflexion à travers son programme intitulé «Soutenir les institutions démocratiques pour développer des cadres juridiques et politiques sensibles aux préoccupations sécuritaires des citoyens» avec l'accompagnement financier du National endowment for democracy (NED) ou Dotation nationale pour la démocratie.

Dans sa volonté de continuer à apporter son soutien aux initiatives nationales et sous- régionales en matière de recherche de réponses aux différentes crises sécuritaires, ce think tank américain a décidé de mettre en œuvre un autre programme sous-régional qui va couvrir la période du 1er avril 2020 au 30 mars 2021.

En plus de soutenir le CNES burkinabè, il contribuera à une plus grande implication de la société civile et des parlementaires pour renforcer leur contribution à la recherche des réponses aux défis sécuritaires.

Ce programme, dira le représentant de la Représentante résidente du NDI, Homere Mutoro, va concrètement favoriser la collaboration régionale entre les CNES sur la sécurité du Burkina Faso, du Mali et du Niger et renforcer la collaboration entre les Parlements ainsi que les sociétés civiles des trois pays, durement éprouvés par les attaques terroristes.

Ce sujet sécuritaire, d'une importance capitale, a mobilisé cinq ministres de la République, tous membres du Conseil de défense et de sécurité, comme pour témoigner des attentes du chef de l'Etat et de toute l'équipe gouvernementale vis-à-vis du CNES.

Au regard des compétences pluridisciplinaires, le ministre d'Etat, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants (MDNAC), Moumina Chériff Sy, espère que le pays, au sortir de cette réflexion, disposera d'un centre avec un cadre organisationnel et conceptuel adéquat, de programmes d'études et de formation pertinents et d'un réseau de partenariats riches et dynamiques en vue d'aiguiller les décideurs dans la bataille contre l'hydre terroriste.

Plus de: L'Observateur Paalga

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