Sénégal: Coronavirus et cas de décès chez les personnes agées - Responsabilité imputée aux jeunes

Les personnes âgées de 70 ans et plus sont les plus à risque de décéder des complications de la Covid-19. Une étude du tableau de tous les décès liés au coronavirus enregistrés depuis le 31 mars 2020 permet d'affirmer que près de la totalité de ces décès provient de la catégorie des seniors. Ce qui signifie que plus le patient est âgé, plus la probabilité d'une évolution grave voire fatale de la maladie est élevée. Raison pour laquelle, en cette phase actuelle de riposte ou presque toutes les restrictions ont été levées, des médecins spécialistes comme le Dr Bousso du Cous et Dr Diagne de l'Ipres s'inquiètent de la vulnérabilité de ces personnes les plus exposées et recommandent formellement une vigilance accrue par rapport à ces personnes très vulnérables.

L'envolée du nombre de cas de coronavirus au Sénégal continue de prendre des proportions démesurées. Que ça soit dans notre pays ou ailleurs dans le monde, le troisième âge paie le plus lourd tribut. Le virus de Covid-19 a en effet la particularité d'être fort mortel chez les personnes âgées dont les défenses immunitaires sont faibles. Des études scientifiques confirment en effet l'extrême vulnérabilité des personnes âgées face au nouveau coronavirus. Si 80% des malades de Covid-19 peuvent être des porteurs sains, c"est à dire qu'ils ont la maladie sans développer des symptômes, les 15% sont en majorité des personnes âgées et celles-ci présentent les formes les plus sévères.

Face à cette situation, Dr Diagne de l'Ipres tire la sonnette d'alarme et en appelle à l'obligation de protection et au bon sens pour une protection des couches vulnérables. «Ce qui m'inquiète le plus chez les personnes âgées, c'est comment faire pour les protéger? Et comment faire pour les soigner quand ces personnes âgées auront cette maladie ? Ce sont ces deux inquiétudes-là qui me tracassent actuellement. Et ça demande une responsabilité individuelle et collective. Tout le monde sait que la mortalité est plus importante dans cette couche. Et le virus la plupart du temps est amené par les autres dans la maison, les jeunes et les adultes. Pis, il y a un relâchement notoire chez eux», se plaint-il.

Avant de poursuivre : « Maintenant, l'urgence c'est de communiquer sur la particularité des signes cliniques chez les personnes âgées. Cette particularité, c'est la manière dont les signes se présentent et qui sont très souvent atypiques causant un retard diagnostique et le plus souvent, Ies personnes âgées subissent des chutes très graves avant d'atterrir à l'hôpital. Par conséquent, j'invite chacun et chacune à la vigilance et au respect strict des mesures», a-til laissé entendre.

Mieux, le Dr Abdoulaye Bousso du Cous n'avait pas manqué, à grands coups de déclaration, de pointer du doigt les jeunes qui, selon lui, sont ceux qui mettent en danger les couches vulnérables. « Les décès ne nous surprennent pas parce que, tout simplement, plus les cas augmentent, plus le risque que des personnes vulnérables soient atteintes augmente. Il se passe que, l'information est passée partout, même les plus petits savent ce qu'est le coronavirus ... mais entre avoir l'information et l'analyser , il y a toujours un écart », se désolait le directeur du centre des Operations d'urgence sanitaire du Msas, samedi dernier, dans l'émission « c'à dire », sur la 2S TV, donnant l'exemple des plus jeunes qu'on dit le plus souvent asymptotiques, ne développant donc pas de signes. Poursuivant son argumentaire, il avait dit que « chacun, en sortant de sa maison, y a laissé sa mère, son père, et même ses grands-parents ...

Donc, ( ce jeune ) ne doit-il pas analyser de la sorte : même si moi je me sens blindé ... ,je sors avec mes amis sans protection, quand je rentre, je risque de l'amener chez moi ». Et de relever : « Et on a eu des cas comme ça. Des adultes décédés et que, par la suite, on découvre qu'ils sont positifs. Et tout le monde se pose la question à savoir comment est-ce possible parce que cette personne ne sortait même pas de la maison». Dr Bousso finissait par rappeler que ce sont les jeunes qui partent et reviennent dans les maisons et que ce sont eux qui ramènent la maladie dans les maisons. D'où l'invite faite à ces derniers de porter ce combat pour la protection des personnes âgées à travers l'application stricte des mesures barrières et des recommandations sanitaires.

Plus de: Sud Quotidien

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