Afrique: La pandémie de COVID-19 pourrait générer 20 millions de nouveaux pauvres

Dakar — La pandémie de Covid-19 a entraîné une perte de 2,5 points du produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique et pourrait engendrer quelque 20 millions de nouveaux pauvres à travers le continent, a déclaré mercredi à Dakar la secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) des Nations unies, Vera Songwe.

"La Covid-19 a engendré une chute massive de notre PIB d'à peu près 2,5%. Et [concernant] l'augmentation de la pauvreté, nous estimons, à la CEA, que nous allons avoir à peu près 20 millions de personnes qui vont tomber en dessous du seuil de pauvreté", a dit l'économiste camerounaise lors d'un point de presse de la CEA et de l'Agence française de développement (AFD), sur les "enjeux économiques actuels" du continent.

"Nous avions déjà 48 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté", a-t-elle souligné en présence du directeur général de l'AFD, Rémy Rioux, qui a entretenu les journalistes de la contribution de l'agence qu'il dirige à la résolution des crises sanitaire et économique engendrées par la Covid-19.

Il y a quelque 29.000 cas de Covid-19 et environ 11.000 décès causés par la maladie à coronavirus en Afrique, a indiqué Mme Songwe, soulignant que ces statistiques sont "en dessous de ce qui avait été prévu" pour le continent, concernant cette pandémie.

Selon la secrétaire exécutive de la CEA, en Afrique, la maladie a fait plus de dégâts économiques qu'il n'a engendré de difficultés d'ordre sanitaire.

Le bilan de la pandémie n'a pas encore atteint le niveau qui avait été prévu en Afrique en raison de "la fermeture rapide des frontières" dans plusieurs pays, a-t-elle dit.

La maladie a toutefois engendré des conséquences économiques "fâcheuses", des pertes estimées à près de 82 milliards de dollars (environ 47.453 milliards de francs CFA), touchant principalement les petites et moyennes industries, le transport aérien, l'industrie touristique et pétrolière, ainsi que l'exploitation des matières premières, selon Vera Songwe.

Elle estime que "tous les pays africains ont trouvé des réponses à cette crise en puisant dans leurs ressources budgétaires, indépendamment de l'aide extérieure".

"Une relance économique durable"

Selon Mme Songwe, les solutions recherchées par les pays du continent ont permis à 75% d'entre eux d'avoir une situation macroéconomique "suffisamment robuste" pour résister à la crise et arriver à une activité économique beaucoup plus soutenable.

La secrétaire exécutive de la CEA évalue à mille milliards de dollars américains (environ 578.618 milliards de francs CFA) les besoins d'argent liquide du secteur privé africain pour sortir de la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19.

Le secteur public des pays du continent a également besoin d'autant d'argent, a dit Vera Songwe, invitant l'AFD et les autres institutions financières à répondre favorablement aux sollicitations du secteur privé africain et à financer les projets majeurs d'investissement qui, selon elle, sont quasiment à l'arrêt.

"Plus de 500 millions d'euros (327,9 milliards de francs CFA) ont été mobilisés par l'AFD en trois mois, en faveur du continent, au titre de l'initiative 'Santé en commun' lancée le 2 avril dernier", a indiqué Rémy Rioux.

Selon lui, l'Agence française de développement a pris l'engagement de "mobiliser 1,2 milliard d'euros (787,1 milliards de francs CFA) d'ici à septembre 2020", en faveur des économies africaines.

Trois mois après son lancement, l'initiative "Santé en commun" a permis de financer 29 projets élaborés en guise de riposte à la pandémie de Covid-19 dans 23 pays africains, pour un total de 512 millions d'euros (335,8 milliards de francs CFA), selon le directeur général de l'AFD.

Une partie de ce montant, 57 millions d'euros (37,3 milliards de francs CFA), est constituée de dons, et l'autre, s'élevant à 455 millions d'euros (291,9 milliards de francs CFA), est l'objet de prêts octroyés à des Etats et banques de développement partenaires de l'AFD, a-t-il détaillé.

Les fonds provenant de l'Agence française de développement servent à protéger les pays bénéficiaires des effets économiques, sanitaires, environnementaux et sociaux de la pandémie de coronavirus, selon M. Rioux.

"Ces financements aident à faire face à l'urgence sanitaire et à préparer (... ) une relance économique durable", a-t-il dit.

Plus de: APS

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