Congo-Kinshasa: Marches contre Ronsard Malonda - Langage des sourds entre Kankonde et les organisateurs

8 Juillet 2020

Le Vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, a réuni hier mercredi 08 juillet 2020, dans son cabinet de travail, les représentants des partis politiques et mouvements citoyens ayant planifié, à Kinshasa des marches de protestation pour les uns contre la désignation de Ronsard Malonda à la présidence de la Ceni (Commission Electorale Nationale Indépendante) et, pour d'autres, de soutien à sa candidature. C'était au lendemain du refus des concernés de renoncer à leurs manifestations, au terme de leur rencontre avec le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, en dépit des suites négatives que ce dernier a réservées à leurs lettres d'information.

A son tour, Gilbert Kankonde a tenté, mais en vain, de convaincre les délégués de l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), de Lamuka, PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), de Lucha et autres, de ne pas lancer leurs « bases » dans la rue, pour cause d'état d'urgence sanitaire lié au coronavirus, au risque de violer les gestes-barrières destinés à prévenir la contagion au virus de cette pandémie.

Après de longs échanges, en présence du gouverneur de la ville de Kinshasa ainsi que des responsables de la police et des services spéciaux, le langage de sourds a persisté jusqu'au bout entre le vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur et les organisateurs de manifestations hostiles ou favorables à Ronsard Malonda.

Ce qu'il faut espérer à partir de ce jeudi 09 juillet, date du coup d'envoi des marches à Kinshasa avec l'UDPS, est que les dirigeants de ce parti politique respectent le caractère réellement pacifique de leur manifestation et se montrent capables de maintenir la discipline dans les rangs des combattants. L'autre souhait est que les forces de l'ordre, notamment les agents de police, fassent preuve de professionnalisme dans l'encadrement d'une « base » qui entend à tout prix descendre dans la rue pour signifier à Ronsard Malonda et ses parrains politiques que leur manœuvre de planification des fraudes électorales pour 2023 ne passera pas.

Les réactions hostiles à la tentative du FCC (Front Commun pour le Congo) de prendre de nouveau la CENI en otage, par le biais de cet « expert » étroitement lié aux tripatouillages des résultats électoraux sous les mandats de Malumalu, Ngoy Mulunda et Corneille Nangaa, devraient constituer une interpellation pour l'Assemblée Nationale, qui a eu la maladresse d'entériner une candidature qui suscite la méfiance au sein d'une écrasante majorité de l'opinion nationale. Logiquement, le meilleur moyen d'éviter des marches contre Malonda à Kinshasa comme en provinces serait une proclamation publique, par sa présidente, Jeanine Mabunda, de l'annulation de la décision d'entérinement de sa candidature à la présidence de la CENI. Car il est pratiquement impossible de faire reculer, pour le moment, des forces politiques et sociales convaincues qu'avec Malonda, la patrie est en danger, avec des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales sans garantie de transparence en 2023.Kimp

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