Kenya: Coronavirus - La vie et la corruption reprennent avec le déconfinement

L'économie kényane reprend peu à peu des couleurs malgré l'épidémie de Covid-19. Après plusieurs mois de restrictions, le gouvernement a allégé certaines mesures. Ce lundi 6 juillet, le président Kenyatta a même annoncé la fin du confinement, notamment dans la capitale Nairobi. Résultat : l'activité est de retour avec une conséquence inattendue, la corruption des policiers semble exploser.

Les policiers sont partout. Aux ronds-points, carrefours, le long des routes, près des parkings. Et le rituel est toujours le même : ils approchent des autocars, les chauffeurs leur serrent la main et donnent au passage un billet.

Laki Joni, gérant d'une station de bus, qui en a pourtant vu d'autre, n'en revient pas. Au Kenya, « la corruption, c'est comme le petit déjeuner, nous explique-t-il. Ça revient tous les jours. » Sauf que cette fois, le phénomène est encore plus marqué. Selon lui, le confinement et la baisse du trafic ont privé les policiers de leurs pots-de-vin habituels. La reprise est donc une aubaine, et les agents veulent rattraper le temps perdu. « C'est comme s'ils avaient été mis en quarantaine aussi, dit Laki Joni. Comme s'ils avaient encore plus faim que nous. »

Le Kenya est l'un des 40 pays les plus corrompus au monde selon l'ONG Transparency International.

Le mois de de la faim

Sauf que dans le transport, les chauffeurs doivent financer les dessous de table sur leur propre salaire. Boniface Kimathi est conducteur depuis 30 ans. La situation est telle qu'il a envie de tout plaquer. Avant, raconte-t-il, les policiers se contentaient d'un dollar. Mais maintenant, ils demandent plus. « Ils ont l'air fauchés », remarque-t-il. Or la crise a fait perdre beaucoup d'argent à tout le monde. Le poids de la corruption est donc encore plus lourd pour les chauffeurs. « Aujourd'hui, j'ai envie de démissionner parce qu'à la fin de la journée, je n'ai plus rien », confie Boniface Kimathi.

Au Kenya, janvier est surnommé « le mois de la faim », car les policiers cherchent partout de l'argent pour payer l'école de leurs enfants. Sauf qu'en ce moment, « c'est tous les jours janvier », disent les Kenyans.

Plus de: RFI

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