Tunisie: Déconfinement et espaces de loisirs - A quand la réouverture «officielle» des boîtes de nuit ?

9 Juillet 2020

Après le déconfinement, tous les établissements de loisirs ont obtenu l'autorisation de rouvrir, à l'exception des boîtes de nuit et des cabarets. Certains espaces ont décidé, toutefois, de rouvrir leurs portes à leurs clients alors que d'autres, qui ont mis en place le protocole sanitaire exigé par l'Office du tourisme, attendent encore le feu vert de la commission chargée d'octroyer les autorisations d'ouverture. Inexplicable !

A pareille période de l'année, les boîtes de nuit deviennent un pôle d'attraction incontournable pour les jeunes épris d'amusement et d'évasions nocturnes, farniente de l'été oblige. C'est là qu'ils atterrissent le soir, qui en groupes de copains, qui en couple, qui encore en solitaire, pour danser et chanter. Pour la petite histoire, l'on sait que, de tradition, ce sont les villes côtières, notamment Hammamet et Sousse, qui abritent le plus grand nombre de ces établissements de loisirs qui attirent également les touristes et les célébrités du sport et du spectacle. Plus, Hammamet compte à elle seule pas moins de six boîtes, éparpillées le long d'une avenue, dont le légendaire Calypso fort prisé par les jeunes.

Grogne et attente

Or, il est bizarre de constater qu'à ce jour, aucune de ces boîtes exerçant dans nos murs n'a repris vie, pour ne pas avoir obtenu l'autorisation de réouverture. Renseignements pris, il s'est avéré que les autorités compétentes, en l'occurrence les ministères de l'Intérieur, de la Santé et du Tourisme, hésitent encore à leur redonner le signal de départ, et cela au nom de la sacro -sainte lutte contre le coronavirus. Il est évident que les autorités ont droit aux circonstances atténuantes, étant donné l'encombrement qui règne à l'intérieur de ces dancings, d'où la peine, peut -être même l'impossibilité d'appliquer la mesure préventive de la distanciation.

Oui, mais, paradoxalement, cette restriction n'est pas, semble-t-il, respectée par la majorité des hôtels et restaurants touristiques du pays qui continuent, en toute impunité, d'inclure dans leur programme d'animation des soirées dansantes qui s'étirent jusqu'à l'aube !

A.A, gérant d'une boîte de nuit huppée de Hammamet, s'en étonne, évoquant la politique des deux poids deux mesures. «Ou on généralise la loi à tout le monde, ou on libère tout le monde», tempête -t-il, en précisant que «notre établissement a pourtant répondu à toutes les conditions de réouverture exigées par le plan national de prévention contre la propagation du Covid -19. En ce sens que nous avons imposé le port des bavettes aussi bien à notre personnel qu'aux clients, tout en mobilisant un stock de gel et de javel pour désinfecter quotidiennement les quatre coins de la boîte. Que nous demande-t-on de plus ?».

La grogne de notre interlocuteur est, d'ailleurs, partagée par tous les professionnels du secteur qui n'hésitent pas à parler d'injustice criarde. Un petit exemple: l'un d'eux aux commandes d'un night -club situé à Gammarth est plus qu'irrité. «Non seulement nous n'ouvrons qu'en été, mais voilà qu'on nous prive carrément de notre gagne-pain». La colère est d'autant plus grande et générale que, pour eux, chaque jour non ouvrable équivaut à un énorme manque à gagner, outre ses répercussions désastreuses sur les plans familial et bancaire. «De surcroît, se lamente A.A, nous faisons travailler un important effectif formé essentiellement d'étudiants et de chômeurs dans le cadre du job d'été. Pauvre tourisme tunisien».

Mais, ce n'est pas fini, puisque la même enquête que nous avons menée a également montré que la piqûre est encore plus amère pour ceux qui sont sous contrat de location de la boîte. Ceux -là même qui, généralement, versent des acomptes sur la totalité du bail avant même de démarrer. Inconsolables, quel sort les attend ?

Pour conclure, nous pensons que tant qu'on a donné le feu vert aux hôtels et restaurants touristiques pour abriter des veillées dansantes, il n'y a franchement aucune raison pour que les boîtes de nuit ne rouvrent pas leurs portes.

Plus de: La Presse

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