Congo-Kinshasa: Les vrais enjeux pour la réélection de Félix Tshisekedi en 2023

analyse

Le carnet de conditions sine qua non

D'une victoire contestée à une victoire reconnue et approuvée

Jadis moqué, sous-estimé, mésestimé, banni, honni, Félix Tshisekedi ne serait pas seulement en train de devenir un adversaire redoutable, craint,-faisant vérifier par tout le monde son sobriquet de BETON, mais est également un candidat très sérieux pour gagner haut la main l'élection présidentielle en 2023. Seulement pour y arriver, il va devoir tenir compte des quelques conditions, dont j'en ai identifié et isolé une dizaine. Il n'en reste pas moins vrai que depuis son accession à la magistrature suprême le Président de la république a commis quelques erreurs d'ajustement et de structuration de gouvernance, par exemple en faisant vider les caisses de l'Etat par des voyages diplomatiques ou non et qui au final n'ont vraisemblablement rien apporté de crédible, on parle évidemment en termes des dividendes, au plan politique, économique et social.

Ces erreurs corrigées, comme par hasard grâce à l'avènement du Corona virus, finalement un allié majeur, mal nécessaire, du Président de la république, Félix Tshisekedi s'est donné le temps de poser ses fesses sur la chaise présidentielle pour s'occuper, tant soit peu, de ce pour quoi il avait été élu et placé à la tête du Congo-Kinshasa, à savoir l'accomplissement du slogan, « Papa a dit le peuple d'abord » et l'instauration de l'Etat de droits.

En est point douter, si l'élection présidentielle avait lieu en ce moment, Félix Tshisekedi l'emporterait par Knock out, autrement dit par KO Technique dans un langage abrégé. En effet, l'opinion publique, dans son ensemble lui est très favorable. A tort ou à raison, le peuple congolais, qui montre du doigt et avec dédain la gestion apocalyptique du FCC, considère le président en exercice comme Moïse, le libérateur tant attendu. Karl Marx n'avait pas tort d'attribuer à la matière, c'est-à-dire aux conditions superstructurelles la source de tous les conflits et bouleversements sociaux et politiques.Le matérialisme historique, ou conception matérialiste de l'histoire, est une méthode marxiste d'analyse de l'histoire, dans une perspective matérialiste. Elle induit l'idée, présente dans les écrits de Karl Marx et Friedrich Engels, que les événements historiques sont influencés par les rapports sociaux, en particulier les rapports entre classes sociales, donc par la situation réellement vécue par les êtres humains. Cette conception accorde une part essentielle à l'économie dans les transformations du monde (Cfr Manifeste du Parti communiste et/ou Contribution à la critique de l'économie politique).

L'idée fondamentale de Marx est que « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. ». La conception matérialiste de l'histoire cherche à analyser les causes des développements et des changements qui s'opèrent dans les sociétés. Une importance est notamment donnée aux conditions d'existence réelle des êtres humains, aux rapports entre les classes sociales, et à leur influence sur les évolutions historiques. L'évolution de chaque mode de production s'est déroulée de manière dramatique, sous le signe de conflits multiples et de l'exploitation de l'homme par l'homme.

Dans l'optique marxiste, la lutte des classes, que Marx et Engels considèrent comme la clé de l'économie politique, est le principal moteur du déroulement de l'histoire : structurante, générale, elle existe dans toutes les sociétés et prend une forme particulière dans la société capitaliste, où elle oppose le prolétariat à la bourgeoisie. Ce rôle de moteur de l'Histoire est résumé ainsi dans le Manifeste du Parti communiste: « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de luttes de classes » (même si une note d'Engels nuance ce propos).

Selon André Piettre, dans la perspective marxiste, les rapports économiques évoluent selon une dialectique de rapports de force, suivant la lutte perpétuelle des puissants et des faibles, les premiers exploitant les seconds : l'histoire n'est pas menée par le mouvement des idées, mais en premier lieu par les données matérielles et leurs luttes intestines. Selon Anton Pannekoek, « le matérialisme historique retourne aux causes d'où proviennent ces idées : les besoins sociaux qui sont déterminés par les formes de la société »].

Dans la perspective du matérialisme historique, l'histoire résulte du lien que les hommes entretiennent avec la nature : dès lors que le premier outil est créé, la transformation du milieu naturel débute. L'histoire commence vraiment lorsque des changements culturels résultent de la création de l'outil, qui était initialement destiné à répondre à des besoins sociaux élémentaires. L'évolution culturelle des sociétés humaines est donc indissociable de son environnement technique, et par conséquent du développement de ses structures économiques et sociales. Pour Marx, dans la société humaine les individus entrent dans des rapports déterminés, qui sont des rapports sociaux, dont ils ne peuvent se séparer et dont dépend leur existence : ces rapports ne sont pas créés par leur conscience, mais constituent l'être social de chaque individu (« Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience », selon Marx), l'homme est le produit de son milieu. Les hommes produisent leur vie, dépassant par là le stade de la vie animale (naturelle) sans pour autant pouvoir s'affranchir totalement de leur rapport à la nature : les rapports fondamentaux de toute société sont donc les rapports de production, qui constituent sa structure essentielle. Les rapports de production sont constitués de trois facteurs ou éléments : les conditions naturelles, les techniques, et enfin l'organisation et la division du travail social (salariat, esclavage, servage... ).

Donc, cconsciemment ou inconsciemment, le peuple congolais est en train de prendre Félix Tshisekedi pour Karl Marx, celui qui vient le libérer de l'exploitation de l'homme par l'homme, de la dictature bourgeoise instaurée par le FCC. Les cadres de cette formation politique sont considérés comme des bourgeois et des dictateurs exploitants tandis que le peuple se reconnaît dans les partis politiques qui combattent le FCC et dont il pense porter sa voix, en espérant inverser les choses pour instaurer une dictature du prolétariat, autrement dit un pouvoir des pauvres contre les riches.

Les cadres et militants d'autres plateformes politiques CACH, LAMUKA, ENSEMBLE et consorts pensent-, et ce n'est que leur opinion, pas la mienne dans l'état, je ne m'y montrerai pas aussi catégorique, un intellectuel nuance et met sur la balance ses opinions-, que le FCC et ses responsables politiques sont source de ses déboires sociaux, politiques, économiques et culturels. Enfin, l'arrestation, l'inculpation, l'internement, et la condamnation à vingt ans de prison de son ancien directeur du cabinet pour nombreux détournements intellectuels et corruptions diverses et variées à l'infini, placent le Président de la république dans un boulevard royal de cette réélection.

Les choses se sont passées comme je l'avais prédit dans mon article « En s'alliant avec le FCC du raïs Joseph Kabila Kabange Félix Tshisekedi a-t-il tué l'UDPS d'Etienne Tshisekedi ? Lettre de Belgique d'un patriote affranchi au peuple congolais !» (cfr Journal La Prospérité n°5245 du 30 janvier 2020), où j'en appelais aux militants de l'UDPS à ne pas se tromper d'ennemi, parce que celui-ci n'était ni dans le FCC ni dans LAMUKA, mais dans l'UNC de Vital Kamerhe le soi-disant faiseur des rois, pris aujourd'hui dans ses propres turpitudes et sales besognes.

Une alternance politique mal comprise

Malheureusement, une année et demie après l'alternance politique historique au sommet de l'Etat, la République Démocratique du Congo (RDC) n'est pas bien, la crise couve, et l'on ne peut pas se le cacher. Dès ma descente d'avion à Kinshasa en provenance de Bruxelles (Belgique) il y a quelques mois, des jeunes désœuvrés noyautant l'aéroport international de N'djili, ne manquèrent pas l'occasion d'interpeler les passagers en ces termes, en fixant ceux dont la santé frisait-, selon eux, oubliant l'adage selon lequel les apparences étaient toujours trompeuses-, une certaine aisance matérielle voire financière : « continuez à venir ici, vous et votre président de la « diaspourie », qui nous rend la vie très difficile, car depuis qu'il est là, par tricherie du reste, il ne fait rien, nous ne voyons rien de bon sinon que des voyages ci et là, nous regrettons déjà Joseph Kabila Kabange ! Si Tshisekedi ne change pas son attitude vous allez voir » ! Des propos évidemment consternants pour l'ensemble des passagers ! D'où pouvait provenir une telle haine à notre égard et à l'égard du Chef de l'Etat qui venait à peine d'être élu ? Ca provient bien entendu, commenta un passager, de la mentalité laxiste du peuple congolais, et plus particulièrement de la population de Kinshasa, qui est très bien connue pour ce faire.

Un peuple mendiant, paresseux, jaloux de la réussite des étrangers et de ses propres compatriotes ; aimant la facilité, la débrouillardise, et récusant des réformes et des sacrifices.

Congénitalement attentiste, le peuple kinois attend des cadeaux, et des dons, et quand il n'en appelle pas aux autorités du pays à venir s'occuper de lui et de ce qui se passe autour et contre lui, il se confie à Dieu pour venir s'en occuper à sa place. Tout Kinshasa est de part en part un marché public. Autour de ces marchés à ciel ouvert et des églisettes de misère, gravitent des citoyens pratiquement à la dérive, se croisant les bras à ne rien faire du matin au soir ! Pourquoi ces citoyens peuplent-ils Kinshasa s'ils n'y ont rien à faire ? Ils peuvent quitter d'eux-mêmes et rentrer dans leurs villages pour cultiver la terre ? Les filles se prostituent, encouragées par leurs parents, qui trouvent par-là un moyen de nouer les deux bouts du mois, pareille pour les garçons en train de voler et de tuer dans l'indifférence complice et coupable des mêmes parents.

Pourquoi ne peut-on pas créer un service de police dénommé « Brigade des mœurs » pour traquer les prostitués et les voleurs d'un côté et les racoleurs passifs ou actifs, c'est-à-dire les mendiants qui déambules partout dans des villes du pays, alors que beaucoup sont en âge de travailler ou de se rendre utiles dans leurs villages respectifs ? Un chef d'Etat américain, J-F. Kennedy pour ne pas le mentionner, s'adressant aux américains, son peuple, les exhortait à « Ne vous demandez pas ce que l'Amérique fait ou fera pour vous, mais demandez-vous ce que vous avez fait ou ferez pour l'Amérique ». Tout un programme.

Quand FATSHI bétonne, cimente et cartonne le changement

Il est vrai que le Congo-Kinshasa patauge encore. Ce serait mentir et se mentir soi-même que prétendre l'inverse même si, en attendant, Félix Tshisekedi a posé des actes qui ont fait date. En effet, un homme véritable n'est pas jugé que par ses déclarations, mais également voire encore davantage par ses actes. Félix Tshisekedi est le premier Chef de l'Etat qui, officiellement, a fait de l'avènement d'un Etat de droits en République Démocratique du Congo un objectif majeur-, et pour preuve l'emprisonnement pour 20 ans de prison de son propre directeur du cabinet pour corruption, malversations et divers vagabondages politiques et économiques insupportables, inacceptables.

C'est du jamais vu depuis Kasa-Vubu à ce jour ; qui a fait de la gratuité de l'enseignement un objectif de survie pour plusieurs ménages fragiles ; qui a envisagé une politique sociale aux allures d'allocation universelle comme en Belgique et dans d'autres pays civilisés de l'Occident, rien de surprenant pour quelqu'un qui y a vécu. On doit lui reconnaître qu'ayant vécu en Europe, contrairement aux autres responsables politiques, qui se remplissent les poches, une fois appelés aux affaires, Félix Tshisekedi s'est souvenu de certaines mœurs qu'il a décidé d'impliquer dans son pays.

En Europe, les viaducs ou sauts-de-mouton servent à désengorger la circulation dans des milieux urbains embouteillés des grandes capitales telles Paris, Bruxelles, Rome, Madrid, Londres, Berlin. Il en a apporté, donc, l'idée pour tenter d'huiler la circulation dans Kinshasa.

En outre, FATSHI est le premier Chef de l'Etat qui a fait de la lutte contre la corruption, la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics une finalité. Enfin, Tshisekedi est également, et ce pour la première fois depuis que Congo est Congo, celui qui a osé instaurer l'impôt sur les revenus. Il s'agit normalement d'une mesure-phare, importante, pertinente à consentir, malheureusement dans un pays potentiellement riche comme le nôtre, mais en même temps très pauvre, cette mesure phare fragilise plus gravement encore la population la plus pauvre. Mais il faut que le peuple comprenne que c'est avec cet impôt, taxé au prix d'or aux riches en Occident, que les Etats assurent leur développement économique.

Cette mesure en vaut un sacrifice même si dans l'état, il appartient à Félix Tshisekedi de revoir son adaptation par rapport aux catégories professionnelles et leurs avoirs afin d'arrêter ou de nuancer la grogne sociale qui risquerait de fragiliser son régime. Les mesures économiques et financières importées de l'Occident dans l'état ne sont pas toujours adaptables en Afrique, parce que toutes ces mesures ont leurs spécificités et contextualisations. Pour que ces mesure passent, il appartient aux conseillers du gouvernement et de la présidence d'envahir les médiats tant écrits, radios que télévisés pour expliquer au peuple, qui interprète toute nouvelle mesure non comprise comme une arnaque, malheureusement la grande majorité de ces conseillers ont la tête et l'esprit ailleurs, car ce qui les intéresse c'est de rivaliser en corruption, en détournement des deniers publics, en escroquerie, en enrichissement illicite, en prostitution intellectuelle et physique avec les modèles des régimes précédents décadents, qui ont pourtant plongé le pays dans la gouffre dans laquelle il se trouve, sans beaucoup d'espoir de le voir en sortir.

Des décisions fortes hélas inaudibles

Des décisions fortes, comme je viens de le dire il y a un moment, mais qui ont du mal à passer dans l'opinion publique. Déjà contesté par une frange du pays qui estime qu'il était mal élu au profit de son rival Martin Fayulu Madidi, l'autre frange qui a cru en lui commence petit à petit à lever pied, accusant Félix Tshisekedi de l'affamer ! De l'espoir, le Chef de l'Etat devient, aux yeux des nombreux impatients, un affameur du peuple. Une opinion que je ne partage pas évidemment. Et si je ne partage pas toutes les critiques faites au Chef de l'Etat, c'est au nom des préalables qui n'auraient pas été pris en compte avant la formation du gouvernement Ilunkamba.

Premièrement le Président de la République ne dispose pas à la présidence d'un bon porte-parole dont la mission n'est pas de tirer la langue, mais de promouvoir c'est-à-dire de vendre la politique du Chef de l'Etat. Quand on est porte-parole d'un chef de l'Etat ou conseiller, on écrit et on pond des livres, on inonde les médias des articles pour expliquer au peuple les faits et gestes du Président de la République.

C'est ce qu'on voit en Belgique, en France, aux Etats-Unis, à Londres. Mais on n'est pas conseiller ou porte-parole pour consommer le beurre et l'argent du beurre ou faire le m'as-tu vu. Deuxièmement le gouvernement de la république ne dispose pas d'un excellent ministre de la communication, le porte-parole du gouvernement, comme son nom l'indique, a l'obligation obligée d'être au four et au moulin, évidemment chacun a son style, mais la tâche n'a pas d'autre style que celle de vendre la politique engagée par le premier ministre dont il est le lance-voix. Malheureusement le porte-parole actuel est non seulement sourd, aux yeux de tous, mais également aveugle, aphone et catégoriquement inaudible. En tout cas en Europe, aux Etats-Unis où j'y ai séjourné récemment c'est le même son de cloche, on ne l'entend pas.

Pourtant, il est visible à la télévision nationale où ses comptes rendus n'impressionnent que les mouches. Donc il y a urgence de part et d'autre de changer les animateurs de ces services. Si l'opinion tant nationale qu'internationale a l'impression de percevoir une grande lenteur voire lourdeur dans l'action du Chef de l'Etat et de son gouvernement, c'est à raison principalement de la nonchalance des porte-parole de la présidence de la république et de la primature. Deux porte-paroles pour deux « cercueils » ambulants, bons pour enterrement au cimetière à ciel ouvert encore à dénommer.

Des conditions pour la réélection de Félix Tshisekedi

En attendant un rectificatif impératif de ce côté-là, la crise « actuelle », car on ne doit pas se voiler la face, il y en a une, que traverse notre pays est essentiellement due au non-respect des quelques préalables indispensables ayant précédé, je ne le dirai jamais assez, la formation du gouvernement Ilunkamba. Je m'explique. La première leçon en biologie microbiologique recommande avant tout traitement d'une plaie infectée, un nettoyage à sec, systématique et profond. Après seulement, l'infirmier est appelé à y appliquer un produit approprié, le mercurochrome. Où vais-je en venir, me demandera-t-on certainement ? Au fait qu'on ne forme pas un gouvernement pour le besoin de former un gouvernement, sans qu'au préalable on ait suffisamment étudié le milieu, définir les urgences, les objectifs, les attentes.

La crise actuelle, à l'instar des crises précédentes, est due, en grande partie, à l'impréparation et la précipitation d'innombrables gouvernements depuis Joseph Kasa-Vubu jusqu'à Félix Tshisekedi en passant par Mobutu, Mzee Kabila et Joseph Kabila. Ces nombreux gouvernements, en général éléphantesques, ont été formés, sans être en adéquation avec les objectifs envisagés, poursuivis, attendus par le peuple. On a manqué l'occasion de se poser des bonnes questions : que veut le peuple congolais ? quel type de gouvernement le peuple congolais veut voir et avoir? quel idéal de société politique, économique, social, culturel désire-il ? Quel profil des dirigeants souhaite le peuple congolais ? Il se fait malheureusement qu'à chaque fois qu'a changé un régime, le nouveau président ramasse, le plus souvent, dans la poubelle de la république (j'aurais pu parler de réserve de la république, mais tout le monde sait qu'il n'y en a pas dans notre pays, je peux paraître très sévère, moi-même j'en fais partie, mais c'est comme ça, il n'y a rien à dire), dont gouverner est tout simplement synonyme de s'enrichir au détriment du souverain primaire ; changer de vie et de mode de vie reste une obsession sans fin, au point que l'ancien pauvre qu'on avait vu, on ne sait dans quel pays, devient deux semaines après son entrée au gouvernement le plus gros dépensier de la république au vu et au su de ses anciennes connaissances.

Grandiloquents, et toute honte bue, ces nouveaux politiciens devenus riches, comme par miracle, encensent les dictatures et les mauvaises gouvernances qui les ont fait rois, car ce qui compte pour eux c'est leur meilleure vie et non, loin s'en faut, l'amélioration des conditions de vie et d'existence du peuple.

Ces nouveaux affameurs du peuple me reprocheront, j'en suis sûr et certain, de critiquer pour critiquer, et me demanderont de donner des propositions concrètes pour changer véritablement la manière de gouverner dans notre pays. En y réfléchissant à haute voix, j'ai pu identifier, isoler, définir quelques conditionnalités dont devait se prévaloir Félix Tshisekedi pour incarner une nouvelle gouvernance, et pour faire d'une pierre deux coups, assurer sa réélection pour un second mandat en 2023. Il s'agit de : -garantir une maintenance objective de l'alliance CACH-FCC, -une identification et définition du profil de l'homme congolais,- Instauration d'une politique vraiment « nationale »,- un remaniement à la fois vertical et horizontal du gouvernement, -une application intégrale du Manifeste de la N'sele et du Nationalisme zaïrois authentique,- une droitisation et gauchisassion de la politique économique du Congo-Kinshasa,-une politisation culturelle dynamique et responsable,-une politisation culturelle dynamique et responsable,-une réorientation politique agro-industrielle priorité des priorités,-une réorganisation et restructuration de l'enseignement en Ministère de l'Education Nationale,-une organisation des états généraux de l'UDPS.

On me permettra de m'expliquer très brièvement sur ces conditions sine qua non pour une nouvelle gouvernance en République Démocratique du Congo.

Identification et définition du profil de l'homme congolais

Tant qu'on n'aura pas compris qu'avant de gouverner, et donc de confier des postes gouvernementaux à des hommes et femmes de ce pays, un préalable s'impose de connaître, d'identifier leur profil, le Congo de Lumumba et de Mzee Kabila ne connaîtra jamais la voie du développement. Ce pays ne manque pas de compétences lettrées ou semi-lettrées. Ce qui manque au Congo-Kinshasa, c'est trois types de comportements éthiques 1) catégorique (E. Kant), 2) responsabilité (H. Jonas) et 3) justice (J. Rawls).

Que dit chacun des philosophes que je viens de mentionner ? Le problème des acteurs politiques de notre pays est avant tout d'ordre moral et/ou éthique. Le philosophe allemand Emmanuel Kant distingue deux attitudes dans l'être humain, que nous retrouvons, par transposition, chez l'homme politique congolais : une conduite hypothétique et une conduite catégorique. L'homme politique africain et congolais en particulier est plus porté sur une conduite hypothétique que catégorique. Différenciant radicalement ces deux types de comportement, Kant montre que l'impératif hypothétique, représente « la nécessité pratique d'une action possible, considérée comme moyen d'arriver à quelque autre chose que l'on veut » l'impératif hypothétique comprend tantôt de simples règles de l'habileté : il faut faire ceci pour obtenir cela ; tantôt des conseils de prudence : il faut agir ainsi pour être heureux. Seul l'impératif catégorique, qui fait de l'intention, et non des conséquences de l'acte, le principe de sa bonté, a un contenu moral (cfr Critique de la philosophie pratique, Fondements de la métaphysique des mœurs), tandis que l'impératif catégorique n'a, par définition, aucun objectif déterminé. Il commande d'agir selon la loi, mais sans considérer les fins de l'action.

Son contenu est donc réductible à la simple forme de toute loi : l'universalité. Agir moralement, c'est alors fonder le principe de son action sur la possibilité de son universalisation : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle ». Il qualifie cette forme d'impératif catégorique, en indiquant pourquoi celui-ci n'a affaire qu'à la forme de l'action et non à son but ou à son résultat. Cet impératif est un jugement synthétique liant a priori la volonté et la loi. Toute action qui ne passe pas avec succès cet examen d'universalisation est alors le fait d'une volonté mauvaise. Kant développe toutes les conséquences de cet énoncé en faisant de l'humanité en chacun son véritable contenu et de l'autonomie d'une volonté se donnant à elle-même sa loi le principe ultime de toute morale (cfr Critique de la raison pratique, Fondements de la métaphysique des mœurs).

Nos hommes politiques ne sont pas que dénués de la bonne volonté décrite par Kant, ils sont également dépouillés de tout sens de responsabilité, d'orientation, d'intelligence anticipatrice, créatrice, productrice, inventrice. Vivant dans le présent, le futur ne les intéresse nullement. Pourtant, Hans Jonas auteur de l'éthique de la responsabilité montre combien pour tout le monde et pour les politiciens en particulier notre futur/avenir est d'une importance cruciale. Il montre comment à la différence de la responsabilité juridique, la responsabilité trouve maintenant sa source dans le futur (« pour ce qui est à faire ») et non plus dans des obligations passées ou présentes, que l'origine de ce changement d'éthique réside dans les menaces issues de la puissance de la technologie engendrée par l'homme, autant que la limitation de l'agir humain résulte de l'obligation que nous avons à l'égard de l'avenir qui nous oblige à être responsable aujourd'hui.

Exigeant de nous imprégner de notre responsabilité à l'égard de l'humanité tout entière, Jonas qui prêche l'éthique environnementale, la laisse ouverte sur la biosphère, en se voulant englobante. Autant qu'elle est un « anthropocentrisme biocentrique », car elle vise à la préservation de la vie sous toutes ses formes, humaines et non humaines, dans le but ultime de préserver l'humanité. Sans la nature, celle-ci ne peut perdurer. Les générations successives sont donc solidaires entre elles du fait de leur relation avec les éléments naturels : préserver la nature, c'est se donner les moyens de préserver les conditions d'existence de l'humanité, à condition que les actions réalisées par l'homme soient responsables, c'est-à-dire qu'elles préservent les conditions d'existence de l'humanité (Cfr Principe de responsabilité).

Enfin, l'idée de justice ne préoccupe non plus nos hommes politiques.Pourtant John Rawls « La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle des systèmes de pensée ». En comparant explicitement le principe essentiel de la pensée spéculative à celui du politique, Rawls bâtit une théorie politique fondée sur la recherche de règles de justice. Il cherche à rendre compatible le plus haut niveau de liberté avec la réalisation d'une égalité effective des chances. Alexis de Tocqueville avait déjà souligné les tensions qui pouvaient naître de ce double attelage (liberté/égalité). Il fait ainsi de la justice le principe du politique, comme la vérité est la clef de voûte des systèmes de pensée. La recherche de la justice constitue donc pour lui un axiome absolument incontournable. En effet, comme il serait impossible de spéculer rationnellement sans avoir comme postulat fondamental le principe de vérité, la justice devrait être également à la base de toute réflexion politique, précédant toute décision : « étant les vertus premières du comportement humain, la justice et la vérité ne souffrent d'aucun compromis. ».

Prenons, le deuxième principe de la théorie de la justice énoncé par Rawls lié à l'égalité des chances où il montre que celle-ci doit permettre à tout le monde, à capacités égales, un même accès aux diverses fonctions de la société. Rawls ne se limite pas à la vision libérale de l'égalité : s'il n'est pas juste de naître dans telle ou telle catégorie sociale, il n'est pas juste non plus d'être né avec un faible quotient intellectuel ou avec des capacités physiques défavorables (maladies, invalidités... ). Il ne faut donc pas seulement prendre en compte les facteurs sociaux, mais aussi les facteurs naturels. Les inégalités ne peuvent être justifiées que si les membres les plus désavantagés de la société en retirent eux-mêmes un plus grand avantage. Une personne talentueuse aura donc droit légitimement aux revenus plus élevés que lui « vaut » son talent si l'ensemble de la collectivité en profite également; et en particulier que les plus mal lotis tirent parti indirectement de la dynamique initiée par les plus avantagés.

Ce principe de différence indique qu'il faut assurer cette égalité de chances en supprimant non pas toutes les inégalités, mais juste celles qui ne seraient pas, au moins minimalement, favorables aux plus défavorisés. J. Rawls reprend donc ainsi le principe de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 estimant que des distinctions sont acceptables là où elles sont justifiées par l'utilité commune, ainsi des véhicules prioritaires aux feux de croisement (Cfr Théorie de la justice).

De cet immoralisme s'ajoute l'abrutisme de nos politiciens accentué par l'incurie et l'inculture une fois qu'ils sont au contact du pouvoir politique. Ils ne lisent et ne s'informent presque pas. Pourtant c'est en lisant, c'est-à-dire en se cultivant au fil du vent qu'on se forge une forte personnalité dans l'exercice de ses fonctions. Sous d'autres cieux, les pensées des philosophes susmentionnés sont au centre de toutes les attentions dans tous les cabinets politiques. Ce qui explique leur développement politique, économique, social, culturel, technologique.

Chez nous en Afrique noire, les inspirateurs sont des militants et des courtisans qui sillonnent les abords et rebords des cabinets politiques en longueur des journées la plupart du temps pour des motifs inavoués si ce n'est pour amuser la galerie et colporter la zizanie, tout flatteur congolais vivant habituellement auprès du politicien qu'il fréquente et l'écoute. Dans une conférence intitulée « Les antithèses d'une démocratie au Zaïre » (février 1992) lors d'une Journée organisée par l'AMOZA (Association des Moralistes Zaïrois), présidée par Mgr Jean NYEME TESE, ancien Vice-Recteur des Facultés Catholiques du Congo (FCK), aujourd'hui au royaume des cieux, paix à son âme ; une conférence qui m'a fait connaître, au point de convaincre, séance tenante, le président de l'AMOZA de me faire une offre publique de bourse pour l'Université Catholique de Louvain de Belgique en vue des études et recherches doctorales, j'y ai bel et bien identifié le profil de cet homme congolais en quatre types : -Les intellectuels-intellectuels,-les intellectuels-analphabètes,-les intellectuels-consuméristes,-les analphabètes-analphabètes.

Ces quatre types de congolais se disputent le pouvoir dans notre pays et bloquent le fonctionnement politique, économique, social, culturel de notre pays. Une vingtaine d'années après cette conférence (1992), les choses n'ont guère changé, c'est même du mal en pire. 1)les « intellectuels-intellectuels » sont des diplômés et tous satisfaits de l'être ; ils se considèrent tellement hauts qu'il n'est pas question de descendre de leur savoir pour se mélanger du petit peuple ; 2)les « intellectuels-analphabètes » sont des diplômés mais incapables de mettre en pratique leurs connaissances pour le bien-être de leur pays, ils se comportent pire que les analphabètes ;

3)les « intellectuels-consuméristes » sont tous les « mangeurs » du pays, ceux dont le but même de l'existence et de la vie est de manger, boire, se prostituer, s'acheter des immeubles, véhicules comme s'ils avaient appris qu'ils décéderaient le lendemain tôt matin ; bref des très bons-vivants, des ambianceurs à moindres frais... ;

4)enfin, les « analphabètes-analphabètes » sont l'ensemble des trois premiers types mélangés aux vrais abrutis, qui estiment qu'à défaut de bâtir un beau et bon pays et e contribuer à son développement, il vaut mieux le vendre au contraire; en plus ils ont une conception alcoolique de la démocratie et de la gouvernance du pays y consistant à justifier tout excès abject de comportement tant au niveau politique, économique, social que culturel. Cette catégorie est la plus dangereuse, non pas parce que c'est la plus nombreuse, mais à cause de son irresponsabilité et de son manque d'anticipation. En effet pour cette dernière catégorie, la vie se déroule au présent et se coupe tant de son passé que de son avenir.

Désoccidentalisation et désaméricanisation du Congo-Kinshasa

L'une des déclarations choc qui caractérisent la gouvernance actuelle du président Félix Tshisekedi a été, tout le monde s'en souviendra, son refus de fouiner dans le passé. Beaucoup de congolais, surtout de sa base politique, lui ont reproché de faire preuve de faiblesse à l'égard de Joseph Kabila voire de manquer de courage. Parce que les ennemis et adversaires du président sortant n'attendaient qu'une seule chose, que Félix Tshisekedi alias Béton le fasse arrêter et le remette au Tribunal Pénal International de la Haye. Comme je l'ai écrit, il y a six mois, Tshisekedi est tout sauf conflictuel, inintelligent, sourd, aphone et amnésique. Même s'il le fils de son père, il n'est pas son père, c'est-à-dire vindicatif, sang-chaud, inflexible. FATSHI est comme un arbre qui bouge dans le sens du vent. Il suit le vent. Il marche sur les œufs. Il ne veut brusquer personne. On apprécie comment, sans grands bruits, il a laissé la justice de son pays s'occuper du cas Vital Kamerhe, l'homme à plusieurs visages, aujourd'hui interné pour vingt ans à Makala.

J'avais dit dans mon article précédent que le seul leitmotiv du Président de la république est de gouverner. Il sait mieux que quiconque que c'est en gouvernant qu'il peut appliquer ses deux préoccupations qui le tiennent à cœur la bonne gouvernance et l'Etat de droits. Pour y arriver, il sait qu'il vaut mieux n'est pas ouvrir ou rouvrir certaines casseroles. Pour ne pas hypothéquer son avenir politique et celui de son pays, il sait combien il vaut mieux regarder devant, sans pour autant minimiser le mal qui a été fait au peuple congolais. Fouiner dans le passé ne signifie pas uniquement rouvrir les casseroles de Joseph Kabila, mais c'est également regarder dans toutes les casseroles jusqu'au roi Léopold II en passant par Kasa-Vubu, Mobutu, Mzee Kabila et J. Kabila évidemment. La réouverture des casseroles de l'histoire politique, économique, sociale, culturelle de notre pays ne peut donc pas être sélective, mais globale et opposable à toutes les périodes et étapes de son évolution.

Rouvrir les casseroles, c'est élucider, entre autres, les conditions de l'assassinat de Patrice-Emery Lumumba. Autrement dit c'est demander ou attendre de Felix Tshisekedi qu'il aille chercher les américains, les belges, les anglais, les français et consorts, qui n'y étaient pas étrangers. Mission quasi impossible. Si Félix Tshisekedi osait poser même la question, les impérialistes le regarderaient différemment et le traiteront comme tel.

Pourtant, l'histoire sait que les assassins de Lumumba et Mzee Kabila ne sont pas du ressort des congolais, mais au contraire des concepteurs nichés en Occident ; les congolais n'ayant été utilisés que comme des bras armés pour faire la sale besogne. L'histoire est très claire là-dessus. Les américains et européens en portent une responsabilité flagrante et incontestable. Il ne faut pas un régime nationaliste ou communiste au Congo-Kinshasa. Tout sauf de dirigeants autonomistes, indépendantistes qui aiment le Congo-Kinshasa et le peuple congolais. Parce qu'ils estiment que les richesses de notre pays leur appartiennent au plus haut point que tout celui qui pense le contraire n'a d'autre destin que la mort.

La démocratie pour les étasuniens et européens n'est, en réalité, qu'un par-avant sous lequel ils exploitent en toute tranquillité les richesses minières des pays africains et de notre pays en particulier. J. Ziegler raconte comment l'Occident fonde sa supériorité morale, sa prétention à l'universalité sur la « démocratie » et les « Droits de l'homme ». Il montre comment au Nigéria, le proconsul de l'Occident qui était le Haut-Commissaire (ambassadeur) britannique, au printemps 2007, qui s'appelait Richard Gozney, un intellectuel sec et brillant, au sourire sympathique, avait une influence considérable au Nigeria. Car il passait pour être l'homme le mieux informé de la capitale, qui connaissait le nombre de généraux qui faisaient partie de la junte militaire apparemment toute-puissante. Au point que ce Gozney savait qu'ils étaient Une vingtaine. Gozney était le seul de tous les diplomates occidentaux qui possédaient le numéro de téléphone portable personnel de chacun d'entre eux (Cfr La haine de l'Occident, Albin Michel, 2008).

Instauration d'une politique vraiment «nationale»

Il y a des grandes théories à ce sujet, chaque pays la sienne. Mais pour faire court, je m'en réfère à la théorie développée par le journal La Prospérité dans son édito intitulé « Cure des grèves » (n°5245 du 30 janvier 2020). L'éditeur décrit et dénonce avec amertume et raison la mainmise des étrangers libanais et indo-pakistanais sous Mobutu sur l'économie nationale et les conditions drastiques dans lesquelles ils soumettent les travailleurs congolais, des nationaux donc, contre un salaire de misère. Ces étrangers sont tout permis de la bastonnade des travailleurs contestateurs et leurs « avocats » à la privation de leurs salaires, le tout avec la complicité des autorités du pays qui ne bronchent jamais au regard des cadeaux en nature et en numéraire qu'ils reçoivent de ces étrangers. Il ne s'agit pas de racisme ni d'exclusivisme, ni d'ethnocentrisme ni encore moins d'intégrisme national, mais au contraire de justice sociale, du socialisme, du communisme, bref d'humanisme.

La Prospérité s'interroge et à juste titre : « Si le Libanais avait hier son colonel (mal payé) de la DSP, alors qu'on explique au Congolais d'aujourd'hui qui sont les protecteurs des Chinois et Indo-pakistanais. Qui favorise la fraude douanière, la fraude à la TVA, qui avalise le comptes-bilans nettement falsifiés ; qui vend comme des cacahuètes, des permis de travail ou de séjour à des expatriés dont certains ne savent ni lire, ni écrire, venus directement d'un bled perdu du Cachemire, du Népal ou du Tamil Nadu. Sans jouer au racisme primaire, il y a lieu de dire seulement aux Autorités que l'Etat de droit, c'est aussi la sécurité du travail des milliers des gagnepetits ainsi sacrifiés, leurs potentiels électeurs. » Le Maréchal Mobutu avait essayé la zaïrianisation pour justement contrer l'hégémonisme étranger, malheureusement ayant confié cette importante réforme, qui aurait dû être bénéfique et rentable sous d'autres cieux, aux membres de sa famille biologique, ses amis et connaissances, la stabilité économique que garantissait les étrangers, dont la production économique et qui leur fut ravie au travers leurs commerces, s'écroula comme un château de carte. Le nationalisme seul ne suffit pas. Il faut du génie, de l'intelligence, de la clairvoyance, de l'anticipation. Or c'est ce que n'est pas l'homme congolais, qui est épinglé sous d'autres cieux comme un BFM, c'est-à-dire Bière, Femme et Musique.

Réclamer le respect du peuple autochtone est légitime. Mais ce peuple se respecte-t-il lui-même ? S'aime-t-il lui-même ? La réponse à ces questions est connue : l'homme congolais ne se respecte pas, ne s'aime pas, autant qu'il ne respecte et n'aime jamais son compatriote. Les étrangers qui viennent chez nous et réussissent, travaillent durement tant chez eux que chez nous. Si nous les chassons de chez nous sommes-nous en mesure de faire mieux ? J'en suis très sceptique. Le congolais est en général un jouisseur innocent. Un enfant qui attend tout sur la table. Sa rancœur et son ressentiment de l'étranger et envers lui relèvent de son incapacité notoire à s'assumer, à se responsabiliser, et cela du plus bas au sommet de l'Etat.

Application du Manifeste de la N'sele : le Nationalisme zaïrois authentique

Relevant de la génération des militants révolutionnaires non-udépésiens, qui s'étaient rangés derrière Etienne Tshisekedi pour lutter et combattre la dictature du Maréchal Mobutu, je me sens dans l'obligation, avec recule, de confesser que les années Mobutu n'étaient pas toutes à jeter, dont notamment le projet de société défini dans le Manifeste de la N'sele.

Félix Tshisekedi devrait revenir au Nationalisme Zaïrois authentique qui mettait en avant la diversité tribale de notre pays et notre fierté d'appartenance à un pays aussi beau et grand au centre de l'Afrique. Depuis la mort de ce soi-disant dictateur, force est de constater le recule ostensible de notre pays dans le concert des nations et le mépris y exercer sur le peuple congolais dans son ensemble. Le Maréchal Mobutu était absolument et totalement, du moins dans l'idéalisation idéelle, un zaïrois, qui n'appartenait dans l'exercice du pouvoir à aucune tribu. Le tribalisme à l'heure d'aujourd'hui est devenu plus qu'un fléau, chaque président, une tribu, il faut que ça cesse si l'on veut franchir ne-fût-ce que le début du cap pour se sortir du sous-développement holistique dans lequel on se trouve embarqué et ma foi sans beaucoup d'espoir d'en sortir dans l'état, sauf si on change de mentalité.

Remaniement du gouvernement en mobilité horizontale

Une année et demi après la formation du premier gouvernement de son ère, on ne peut ni prétendre ni dire que c'est une réussite, mais au contraire un échec cuisant. L'inflation, la dépréciation monétaire due au taux d'échange à presque 20.000 francs congolais pour 1 dollars américain, des salaires insignifiants, l'écart toujours aussi énorme entre riches et pauvres, l'effondrement du panier de la ménagère, entre autres, sont le résultat d'une équipe gouvernementale immature et incompétente, plutôt que les conséquences liées à la Covid19. Le chef de l'Etat s'est trompé, l'erreur est humaine, tout le monde peut se tromper, lui également, seul Dieu est infaillible.

FATSHI doit se reprendre en remaniant et en changeant d'équipe gouvernementale. En dehors du chef du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba et Clément Kwete le ministre de Portefeuilles, la quasi-totalité de ministres doit être révoquée, congédiée pour incompétence notoire. J'apporte mon expertise en tant que citoyen congolais n'appartenant à aucun parti politique. Le seul parti politique auquel j'ai appartenu et servi loyalement dans la lutte contre le mobutisme jusqu'à l'entrée de l'AFDL à Kinshasa est le Front Patriotique pour le Progrès et le Renouveau (en abrégé FP), dont le fondateur était l'estimé et dévoué Feu Me Kinkela Vi Kan'sy Moreno, Avocat au barreau de Kinshasa. Une figure très bien connue du paysage politico-social du pays, ancien Rapporteur Général de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et ancien ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications. Militant et collaborateur sûr, il fit de moi un proche confident jusqu'à me confier la représentation extérieure du parti au BENELUX, une fois aux études doctorales en Belgique dans l'automne 1992.

Ma démarche se veut neutre et ne s'inscrit sous aucun but lucratif. Sous d'autres cieux un professeur d'universités n'est pas un nécessiteux et n'a nullement besoin d'un poste politique pour exister ou vivre. Un professeur d'universités est un miroir de la société. Malheureusement, la politique en Afrique noire et au Congo-Kinshasa en particulier est la seule entreprise qui n'emploie pas nécessairement la compétence, n'importe qui peut y aller, il suffit d'y être porté, à la fin ce n'est pas le bilan qui compte pour la nation mais pour sa famille biologique ; ayant grandi sous l'impulsion d'Etienne Tshisekedi, on ne se fait jamais prier deux fois pour décliner l'offre.

Le Premier-Ministre Ilunga Ilunkamba que je ne connais que de nom et à travers les médias est un vrai chef du gouvernement, son expérience et sa maturité politiques, sa fidélité et sa loyauté au Chef de l'Etat, qui n'est pas pourtant son autorité morale en font un véritable homme politique. On voit bien qu'en dépit de son appartenance au FCC et donc à l'autorité morale Joseph Kabila Kabange, l'homme discret dans les médias et avares de déclarations incendiaires, car n'étant concerné que par son travail et l'obligation des résultats, le Président de la république ne lui reprocherait pas grand-chose. Mais au-delà de ce seul point positif, le gouvernement n'y arrive pas à cause des ministres invertébrés et très limités dans la pratique politique. Je ne dis pas que dans le fruit pourri, un ver ne peut pas être récupéré et transformé.

Ce ver qui est dans le fruit et qui peut être récupéré et conforté est le professeur Clément Kwete ministre de Portefeuilles qui est à n'en point douté, à sa place. Philosophe, chrétien au vrai sens du mot, le personnel de son cabinet est forgé à son image : humilité, modestie, générosité, ouverture et sens d'accueil. Très sage, marchant sur les œufs, on a vu comment malgré des pressions politiques d'horizons divers, il a tenu très bon dans la nomination des mandataires publics. Même s'il est vrai qu'une partie de l'opinion tant nationale qu'internationale a déploré la nomination des quelques caciques du FCC, mais sans savoir que ce n'est pas du ressort du ministre de tutelle, mais de la majorité politicienne qui dirige le pays

L'idée du Chef de l'Etat de rajeunir les membres de son premier gouvernement n'était pas du tout mauvaise, elle est même à encourager, au contraire, un renouvellement des personnes est également celui des idées. Malheureusement, les invertébrés qu'il a choisis n'en sont pas à la hauteur et cela pour plusieurs raisons dont l'amateurisme, l'incompétence, l'empressement concurrentiel à l'enrichissement facile, et le « jeunisme ». S'agissant du « jeunisme » un néologisme que je me suis fait forger pour mettre en évidence l'accession de la jeunesse au pouvoir, il s'y est révélé être une bombe à retardement qui a bloqué le bon fonctionnement du gouvernement.

Le Congo-Kinshasa n'est ni les Etats-Unis d'Amérique, ni la France, ni le Royaume de Belgique, ni l'Allemagne, ni moins encore le Royaume-Unis, mais un Etat en dessous du sous-développement. Nommer des gens juste parce qu'ils sont jeunes, alors que le but est de sortir le pays de la mauvaise route, était un suicide collectif, une autodestruction pragmatique. Certes, l'expérience ne tombe pas du ciel, elle commence toujours quelque part et s'accumule forcément au fil du temps. Quelque part, le Chef de l'Etat n'avait pas tort de le préconiser. Malheureusement il a confondu de pays. Le Congo-Kinshasa d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui des autodidactes des années 1960 où la sagesse pratique accompagnait l'intelligence, le savoir théorique et pratique. Dans le Congo-Kinshasa d'aujourd'hui être jeune n'a d'autre mérite que celui d'être jeune. L'âge sans coffre.

La jeunesse congolaise du moment est complètement désœuvrée, déliquescente, perdue car en manque de repères, de modèles. Constitutivement composée des tricheurs diplômés, sans honneur ni mérite, aventurière au sens méprisant du mot, on voit bien comment elle se fourvoie au pouvoir, amenant le pays tout entier à son image. La plupart de ces jeunes appelés au gouvernement ont certes un diplôme. Mais rien ne dit que celui-ci garantit l'expérience, la compétence, l'intégrité morale, spirituelle, intellectuelle, sociale, culturelle, politique. Se sachant incompétents même si personne ne le leur dit, beaucoup passent l'essentiel de leur temps à rivaliser en stratégies pour voler, tricher, détourner le peu de moyens mis à leur disposition par l'Etat, car ce qui les intéresse c'est comment assurer leurs arrières...

En marge de cette jeunesse au rabais, et depuis un peu plus de vingt ans, après la chute du mobutisme où les règles y étaient très sévères, on assiste à une certaine propension dans l'obtention du statut de professeur d'universités. On peut le dater à partir de l'avènement de l'Etat AFDL. Difficile d'expliquer à ces professeurs d'un nouveau genre que non seulement ils n'en ont aucun mérite, mais qu'aussi, vu de l'étranger, de l'Europe occidentale surtout, ils apparaissent comme une élite préfabriquée. Défendre une thèse de doctorat aujourd'hui dans notre pays et devenir professeur n'est plus d'aucun obstacle, car n'importe qui peut le devenir, il suffit d'avoir de l'argent et des parapluies, surtout dans l'appareillage politique. Une formalité locale qui ne répond à aucun statut international. Ces doctorats préfabriqués ressemblent à la monnaie congolaise qui n'a aucune équivalence internationale.

Ainsi, et comme pour la monnaie, ces diplômes sont juste destinés à la consommation locale.

En Europe, défendre une thèse doctorale n'est pas une mince affaire, ce n'est pas tout le monde qui y va. Devenir professeur est un destin et une destination. On ne se bat pas pour défendre une thèse doctorale avec une idée consumériste derrière, c'est pour y être un esprit, avoir une renommée, laisser son nom dans l'histoire de l'humanité, faire connaître son pays. Un doctorat obtenu par exemple à la faculté de droit de l'Université Catholique de Louvain (UCL) de Belgique n'a pas valeur égale à un doctorat délivré par la faculté de droit de je ne sais quelle université de quelle province de la République Démocratique du Congo. Parce que non seulement les conditions ayant servi à la fabrication du papier ne sont pas les mêmes, mais c'est au contact avec les meilleurs qu'on est aussi meilleur, Zidane était meilleur joueur en évoluant aux côtés de Ronaldo le brésilien et en entraînant Cristiano Ronaldo le portugais. Le même joueur et entraîneur au Vita-Club de Kinshasa n'aurait jamais été Zidane. Un exemple plus simple dans le domaine scientifique est celui du sénateur Evariste Boshab, certes décrié, vilipendé, injurié, insulté et détesté sous Joseph Kabila Kabange, mais il n'en reste pas moins un des grands constitutionalistes de sa génération.

Toute proportion gardée, c'est la réincarnation du feu professeur DjeloEpengeOsako ancien ministre de l'ESU des années Mobutu. Parti de l'UNIKIN avec une licence en Droit, Boshab a dû y être soumis 1) à la licence complémentaire préparatoire au doctorat à l'UCL, 2) à l'épreuve de confirmation et enfin 3) au doctorat lui-même. Traduction : ça ne signifie pas que la licence de Boshab obtenue à Kinshasa ne valait pas grand-chose, mais qu'en Europe elle n'en valait pas en soi une inscription automatique à une thèse doctorale en Belgique. Je ne parle pas de l'homme politique, dont je ne sais rien, mais du scientifique que j'ai vu et fréquenté assidument pendant plusieurs années à l'Université Catholique de Louvain de Belgique ; sa carrière politique, les faits ombrageux sur sa personne et sa vie privée ne m'intéressent nullement.

La propension au statut de professeur d'universités dans notre pays a fini par dégrader très sérieusement l'image et la réputation du professeur dans l'opinion. Le professeur est montré par un doigt accusateur comme un criminel, qui participe aux côtés du pouvoir dans l'exploitation éhontée des richesses du pays, aux actes de dictature et de mauvaise gouvernance. Alors qu'est-ce qui fait courir les politiques et simples citoyens au statut de professeur d'universités ?

On devait expliquer qu'en En Europe ou en Amérique, le statut de professeur d'universités est un statut réservé à ceux s'y adonnant toute leur vie aux travaux de l'esprit et non des intermittents. Il s'agit des chercheurs et des enseignants à temps plein. Pour redorer l'image du professeur d'universités dans le peuple congolais, il va falloir que l'institution universitaire de notre pays multiplie des obstacles objectifs susceptibles de décourager tous les anciens bandits, délinquants et malfrats évincés de la politique, qui viennent s'y réfugier pas pour produire, mais pour venir consommer et végéter.

Une politisation culturelle dynamique et responsable

Le Congo-Kinshasa souffre incontestablement aujourd'hui de l'absence d'une conscientisation culturelle politisée et dynamisée. Les églises de réveil, mais en réalité de sommeil, y sont incontestablement pour beaucoup. Le président de la république doit initier et patronner cette politique de conscientisation culturelle, en chargeant le gouvernement, non pas de réglementer et distribuer des licences aux pasteurs de ces églises, mais carrément de les supprimer. Je pense que plus de vingt ans après la fin de la pseudo-dictature de Mobutu, les congolais ont beaucoup prié, mais pas certainement mieux prié. La parole de Dieu renvoie les fidèles au travail et non à aller s'asseoir, dormir dans les églisettes matin, soir, toute la nuit, en implorant un Dieu constamment invisible, qui a déjà pourtant doté l'humain du libre arbitre et de tous les moyens de son émancipation créatrice, productrice et inventrice.

Dieu lui-même n'a jamais exigé ces types de prières. Le philosophe allemand K. Marx dénonçant cette façon d'appréhender la religion, la qualifiait à juste titre d'opium du peuple. Dieu a besoin de tout le monde des fidèles comme des infidèles, mais qui travaillent pour leur pays et pour eux-mêmes. Nous avons aujourd'hui dans notre pays des pasteurs qui se sont faits transformés en petits dieux, prétendant donner des mariages à leurs fidèles, guérir des maladies, prédire l'avenir mais qui n'ont jamais vu venir le Corona virus !

Destinés à servir sous le drapeau, et donc, à défendre le pays et sécuriser leurs concitoyens, des militaires pour la plupart des hauts gradés des FARDC ont abandonné cette mission au profit des pasteurs d'églises dont ils sont devenus des membres influents ! Ce n'est plus l'Etat congolais qu'ils défendent, mais Jésus-Christ, qui a pourtant décrété lui-même « Ce qui appartient à César est à César, ceci appartient à César, rendez-le lui ».

Du temps de Mobutu ces militaires auraient été interpellés, conscientisés ou limogés en cas de récidive. Félix Tshisekedi est dans l'obligation d'assumer ses responsabilités et donc de ramener son peuple vers la capacité de création, de production et d'invention de l'espace-temps, c'est-à-dire de la société et son histoire. Ce n'est pas en le livrant aux mains des profiteurs de pasteurs, que son peuple y arrivera.

En imposant la colonisation sur en Afrique noire et du coup sa vision du monde au travers du christianisme, l'Europe n'est pas dans l'adoration aveuglante de la parole de Dieu. Pourtant en Occident, les vestiges de la présence divine sont partout. Mais personne ne vas prier Dieu dans une église la semaine du matin au soir et y dormir. Jamais. Ce qui ne l'empêche pas de créer et de recréer, de produire et de reproduire, d'inventer et de réinventer l'humanité. Vu de ce point de vue, notre perception du christianisme est une aliénation mentale d'un peuple totalement perdu, déprimé, appauvri et en manque de modèles et de repères.

7.-Une réorientation politique agro-industrielle priorité des priorités

Il va falloir au Président de la République du courage pour inverser la priorisation ministérielle. Pour Félix Tshisekedi, la question sera simple : le Congo-Kinshasa d'aujourd'hui a-t-il besoin d'un ministère des affaires étrangères ou d'un ministère de la coopération internationale ? Je m'aperçois tout de suite qu'on va m'accuser de séparatisme étatique consistant à fouler aux pieds les accords bilatéraux entre Etats, les principes du droit international ou au pire la rupture diplomatique avec les Nations-Unies.

Même si mon idée n'en est pas du tout loin, dans la mesure où l'autarcie dans certaines conditions m'a toujours parue être un système de gouvernement possible face à la grandiloquence et le suprématisme occidental, on pourrait bien s'en tenir. Le Président de la république devrait penser et agir autrement dans l'importance traditionnelle accordée aux ministères. L'ordre de préséance doit s'inverser. Le Ministère de l'agriculture devait être ainsi le premier ministère. Car c'est le seul ministère qui concerne le peuple congolais.

Les ministères tels les affaires étrangères, les finances, les budgets, les mines ... c'est pour et avec les partenaires étrangers. De ces ministères susmentionnés, le peuple ne voit jamais l'argent provenant des minerais, en même temps que les décisions prises au niveau international par les ministères des affaires étrangères et de la coopération internationale ne reçoivent jamais le quitus du peuple. Ces ministères étant inutiles pour le développement holistique de notre pays, ils méritent d'être placés au second plan. Depuis plus d'une année, nous assistons d'une part à une diplomatie muette, inutile puérile et pratiquement au rabais, qu'on se demande s'il y avait un titulaire à ce poste comme on l'a connu sous Mobutu, Mzee Kabila et JKK ; d'autre part, l'inflation galopante, la flambée des prix et du taux de change non maîtrisé révèlent l'inertie des animateurs des ministères de finance et du budget.

Aujourd'hui, on ne peut reconnaître à ces trois ministères qu'un rôle des figurants planétaires même si le plus « doué » d'entre eux, dans ce registre de figuration est, je l'avais déjà dit précédemment, le ministre des médias, qui véritablement n'a pas le talent de Lambert Mende, celui qui avait fait rayonner ce poste tant ici au pays qu'à l'étranger, alors au service d'un homme, Joseph Kabila Kabange, moins en odeur de sainteté des chancelleries euro-occidentales et des plusieurs Etats-majors des partis opposants !

Quand on en vient au ministère de l'intérieur, l'apaisement qu'on attendait n'est toujours pas au rendez-vous. Pourtant, son titulaire a toutes les compétences requises. On s'est renseigné, et les informations qu'on a eues vont dans un sens plutôt positif. Mais alors qu'est-ce qui explique toutes ces tensions récurrentes dans le pays et dans le cercle du pouvoir en particulier ? Parce que vraisemblablement le titulaire du ministère ne dirige pas les affaires intérieures du point de vue sociétal, mais avant tout comme un acteur politique et membre de l'UDPS. Pourtant, il doit comprendre qu'il n'est pas là pour prendre parti pour tel parti politique ou pour tel autre parti politique, mais pour sécuriser le pays et les libertés individuelles. En d'autres termes, il est le ministre des relations nationales citoyennes, plutôt que des règlements de comptes politiques. Vu comme tel, il dégoûte et déçois. Le slogan qui fait le leitmotiv du programme politique du Chef de l'Etat est « Papa a dit, le peuple d'abord » et l'émergence de l'Etat de droits. Le Parlement n'est pas un parti politique.

Il est le symbole même de l'Etat de droits si cher à Félix Tshisekedi. Empêcher les députés de siéger, tout simplement pour céder aux caprices d'un individu qui y a été évincé pour n'avoir jamais apporté en place publique les preuves de ses allégations est une faute condamnée dans l'opinion tant nationale qu'internationale.

S'attaquer au Parlement, c'est souiller le peuple. C'est humilier le peuple. C'est l'étouffer, lui retirer la parole. Les derniers incidents du 24 juin sur la fameuse proposition de loi sur la réforme judiciaire d'Aubin Minaku et Gary Sakata tous députés nationaux, confirment la léthargie constatée au ministère de l'intérieur, qui n'accompagne nullement la volonté du Chef de l'Etat dans la restauration d'un véritable Etat de droits dans notre pays.

Réorganisation et restructuration de l'enseignement en Ministère de l'Education Nationale

La jeunesse, entend-t-on sous d'autres cieux, est l'avenir de toute une nation. On a la aujourd'hui la chance d'avoir à la tête de notre pays quelqu'un qui a passé une grande partie de sa vie comme enfant, écolier et universitaire en Belgique. ; un homme qui connaît la valeur d'une bonne instruction et qui plus est du diplôme. Félix Tshisekedi qui a vécu en Belgique sait très bien que les diplômes accordés dans son pays sont très dépréciés à l'étranger et plus précisément en Europe occidentale.

Et pourquoi ? Parce que les étudiants que nous formons n'ont pas le niveau de leurs aînés. Les réponses aux travaux pratiques, interrogations, examens sont vendues contre le sexe ou l'argent au vu et au su des autorités scolaires, académiques, décanales, sans exception. Des institutions universitaires qui diplôment des étudiants dits mercenaires, c'est-à-dire n'ayant jamais suivi aucun enseignement depuis le début de son premier graduat jusqu'en licence. Pas de souci à s'y faire, les professeurs s'en chargent de toute façon moyennant sexe ou billets verts. Ces mercenaires ne répondent présents qu'aux manifestations de collation des grades académiques où pour la première fois ils voient et connaissent les titulaires des cours qu'ils n'ont jamais suivis. C'est le Congo, entend-t-on dire dans la foule d'invités !

L'UNESCO, ce n'est un secret pour personne, ne reconnaît plus nos diplômes. Exactement comme pour le Franc congolais, notre monnaie, qu'aucune nation au monde ne reconnaît.

Pourtant, on continue à ouvrir et à fermer les années scolaires et académiques comme si rien n'était. Une façon de nous donner une bonne conscience. Celle de servir à quelque chose. Une bonne conscience qui, au lieu d'être réparatrice, mène notre jeunesse dans la dérive. L'épreuve de la Covid19 nous a montré une chose, qu'en cas d'urgence d'ordre sanitaire, politique, économique, culturelle, il est possible de confiner les gens et de fermer écoles et universités, dans l'attente des jours meilleurs.

Cela dérangerait qui dans le monde si le gouvernement prenait la décision de fermer les écoles et les universités sur une période d'au moins cinq ans afin de se donner le temps de réflexion de mettre en place un système d'enseignement révolutionnaire ? L'UNESCO serait le premier organisme à applaudir. Parce qu'elle sait que nous mettons sur le marché des criminels. Nos diplômés vus de l'étranger, sont un danger public. Des étudiants en médecine, en chimie, en biologie, en physique de certaines institutions universitaires du pays ne savent pas ce qu'il en est d'une réaction chimique. D'où, la nécessité pour le Chef de l'Etat de réformer notre système éducatif, en se donnant les moyens nécessaires, en revenant à l'ancien système où étaient regroupés les ministères d'enseignements primaire, secondaire, supérieur et universitaire sous un seul gros ministère de l'Education Nationale.

Organisation des états généraux de l'UDPS

Une présidence forte sur une base politique forte. De mon point de vue, depuis la disparition d'Etienne Tshisekedi, son leader et fondateur historique, l'UDPS est un parti en bout de souffle. Il n'y a plus de génie, d'intelligence, de conceptualisation, d'anticipation, d'esprit. Qu'est-ce qui y reste ? un amas de soi-disant leaders qui ne font qu'aboyer et se combattre entre eux au détriment des vrais combattants qui chaque jour défendent le parti dans le seul but de le maintenir en vie comme son créateur en avait la vision. Des militants pour la plupart démunis. Parce qu'ils ne se retrouvent dans le partage du gâteau. Exclus volontairement par les dirigeants égoïstes, népotistes et clientélistes, ils sont au chômage.

Parce qu'au lieu de penser à eux, leurs leaders placent leurs connaissances, frères, sœurs, parents, amis, fidèles d'églises dans les postes ouverts à candidature ou non; des gens qui ne connaissent pas le parti et n'ont rien à voir avec les vertus politiques de l'UDPS. Malgré ces trahisons, c'est toujours avec ferveur que ces militants oubliés, sabotés et ignorés répondent constamment présents aux appels occuper la rue afin de défendre les acquis du parti et leurs dirigeants; ceux qui pourtant ne s'occupent pas d'eux quand il s'agit de se mettre autour de la table pour partager le gâteau. Les militants de l'UDPS seraient ceux qui, selon leurs propres témoignages aussi bien dans les médias officiels que dans les réseaux sociaux, connaissent un taux de chômage le plus exorbitant.

On peut comprendre quand l'UDPS était encore dans l'opposition. Mais plus maintenant qu'elle est au pouvoir que la situation économique, sociale, professionnelle de ses militants reste stationnaire. Pour s'occuper des enfants du voisin, un bon père s'occupe d'abord de ses propres enfants. La charité bien ordonnée, dit-on, commence par soi-même. Je ne suis pas sûr que cette situation aurait été la même pour ces braves militants si Etienne Tshisekedi avait été bénéficiaire de la situation de Félix Tshisekedi. Abandonnés à eux-mêmes par leurs dirigeants au plan social, professionnel, économique, politique, les militants de l'UDPS se conduisent comme des chiens sans guide.

Ces guides qui sont assis dans les bureaux climatisés de la Gombe, sont coupés de leurs militants. Ils ignorent tout sur la déficience éthique et morale des militants ; sur la santé physique et mentale des militants. Une prise en charge desdits militants s'y impose, notamment en leur trouvant d'emplois. On entend des critiques selon lesquelles les leaders de l'UDPS n'ont pas réussi à former idéologiquement leurs militants qui se comportent au pouvoir comme s'ils étaient dans l'opposition.

Ces critiques peuvent être vérifiées. Effectivement. Sauf que ces militants de l'UDPS sont affamés et sans emplois, qu'avant de penser à leur formation idéologique, leurs dirigeants doivent avant tout régler leur situation sociale, économique, un ventre affamé n'a point d'oreille, dit-on. Dans des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, on y voit certains militants de l'UDPS se plaindre de l'attitude et du comportement de leurs dirigeants qui, accusent-ils, se servent d'eux, en les appauvrissant.

Un peu plus d'un an après l'accession de l'UDPS à la magistrature suprême à quoi assistons-nous ? Premièrement à l'appauvrissement et l'égarement de ses militants par manque de quiétude sociale et l'absence d'un encadrement intelligent de la part de leurs dirigeants, n'est-il pas dit un ventre affamé n'a point d'oreilles ? Secondement à l'embourgeoisement des dirigeants et leurs familles biologiques, qui ont acquis en peu de temps un charroie automobile et d'immeubles impressionnants au mépris du slogan du Président de la république « Papa a dit, le peuple d'abord » ! Malheureusement peu encadrés, affamés, limités sur plusieurs domaines humainement et culturellement, les militants défendent le parti, non pas par conviction, ou résolution, mais par fait accompli. Le tribalisme et l'illettrisme empêchent de penser, de réfléchir, de raisonner, de comprendre. Or, la raison est le seul attribut qui différencie l'être humain et l'animal.

Il revient au Président de la République, en tant qu'autorité morale de l'UDPS, de convoquer ou de faire convoquer les états généraux de l'UDPS afin de parer au plus presser pour éviter voire ralentir la descente aux affaires du parti cher à TSHIKAS. Qu'est-ce qui me fait penser et dire aujourd'hui que depuis la mort d'Etienne Tshisekedi et l'accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, l'UDPS fonctionne comme un avion sans pilote ? C'est au regard des comportements alambiqués voire ambigus posés par certains de ses héritiers qui adorent être au pouvoir, mais refusent délibérément de comprendre et de savoir les risques qui accompagnent l'exercice du pouvoir.

Je m'en expliquerai dans un instant, mais non sans avoir posé une question aux militants de l'UDPS : qu'est-ce que les « successeurs » de FATSHI leur avaient dit au sujet de l'accord que CACH a signé avec le FCC ? La question serait tout sauf intéressante et déterminante, car de cette réponse dépendra la réélection de Félix Tshisekedi en 2023. Le problème de savoir si le l'actuel Chef de l'Etat avait été bien ou mal élu ne m'intéresse plus. En ce qui me concerne, Félix Tshisekedi est déjà président du Congo-Kinshasa, autant qu'il est de mon premier devoir de l'accepter comme tel, de le suivre dans ses engagements et de le protéger pour qu'aucun mal ne lui arrive. Point. Je laisse cette préoccupation à ceux et celles qui continuent à le combattre au nom d'un candidat malheureux qui aurait dû, du moins croient-ils, mais à tort, échapper au diktat des américains et des européens, alors que tout congolais sait que la seule préoccupation des occidentaux pour notre pays n'est pas le peuple d'abord, mais au contraire comment faire prospérer et protéger leurs intérêts mignons, dont les richesses minières, agricoles, économiques, financières (en nous faisant endetter à vie au FMI).

Venons-en à la question posée il y a un instant : qu'est-ce qu'a dit le président Tshisekedi à sa base politique au sujet de l'accord entre le CACH qu'il patronne comme autorité morale et le FCC dont l'autorité morale est Joseph Kabila Kabange son prédécesseur et mentor ?Le président aurait-il dit à sa base politique que la nature de cet accord était fondée sur une gouvernance de coalition ? Si c'est le cas, ce que Félix Tshisekedi s'est trompé ou a été, une fois de plus, roulé dans la farine. Cette question se justifie au regard de l'attitude des militants de l'UDPS et du CACH, qui ne comprennent pas l'attitude du FCC, qu'ils accusent de tirer dans une autre direction que celle du Président de la République !

Des yeux d'un homme averti en politique, l'accusation prête à sourire, parce qu'elle apporte la preuve que ceux-ci n'ont rien compris ni à la nature de l'accord elle-même ni à la politique politicienne. Par définition, un gouvernement de coalition a la même vision ou orientation politiques, les mêmes objectifs, les mêmes valeurs, les mêmes principes. L'obligation de solidarité n'est pas réclamée ni demandée de tous les acteurs, mais établie. On a prétendu à un moment donné que l'accord CACH-FCC répondait à une logique idéologique ou idéologisante, qui classait les deux regroupements politiques à gauche de la politique. En Europe, la gauche politique est un regroupement des partis d'obédience socialiste, communiste, socio-démocrate, écologiste.

Quelqu'un dira-t-il que la manière dont le PPDR a géré ce pays relevait de la gauche politique ? Ce parti a, aux yeux de ses détracteurs, cumulé plusieurs antivaleurs, dont la mauvaise gouvernance, la dictature, l'enrichissement illicite, les détournements des deniers publics, etc. Joseph Kabila lui-même lassé par l'indignité et l'insalubrité morale de ses collaborateurs finit par s'interroger s'il y avait des hommes compétents capables de relever la gouvernance de notre pays. Confus de travailler avec des ânes, J. Kabila évoqua la possibilité de ne pouvoir compter que sur 15 personnes capables jusqu'à descendre tout au plus à 3 personnes seulement, le tout devant des journalistes du célèbre journal New-York Time médusés (cfr Interview, 2008). Malgré un tel désaveu, ces incompétents diplômés qui l'entouraient, intéressés uniquement par l'argent facile, l'honneur et la gloire, ne se sont jamais remis en cause, par exemple en démissionnant.

En théorie, le PPRD et l'UDPS prétendent défendre le social du peuple. Mais ce seul trait d'union suffisait-il pour sceller un accord pour la constitution d'un gouvernement de cohabitation ? Les tensions récurrentes entre CACH et FCC, et donc entre UDPS et PPRD, permettent d'y répondre par la négative. Tout simplement parce qu'à la base les valeurs défendues traditionnellement par l'UDPS et ses militants ne sont pas celles du PPRD et ses militants. Dès le premier abord, cet accord était biaisé. Il n'était pas assis sur des bases concordantes.

De son vivant, Etienne Tshisekedi n'aurait jamais, au nom des valeurs inculquées à ses militants, composé ni avec le PPRD, ni avec l'UNC de Vital Kamerhe. Ainsi, à défaut de faire marche arrière, c'est déjà trop tard, le vin est tiré, il faut le boire jusqu'à la lie, les patrons de CACH et de l'UDPS en particulier doivent expliquer et réexpliquer à leurs militants que compte tenu des divergences récurrentes au sommet de l'Etat, ils changent de fusil d'épaule, en optant maintenant pour un gouvernement de cohabitation au lieu et place d'un gouvernement de coalition. On partira ainsi d'un régime présidentiel à un régime parlementaire, avec un Chef de l'Etat inaugurant et président le chrysanthème.

Ce qui aurait au moins l'avantage d'être clair dans l'esprit de leurs militants et du peuple congolais tout entier. La fin de cette hypocrisie calmerait le paysage politique et mettrait en tout cas fin aux chamailleries des chiffonniers.

Qu'est-ce qu'un gouvernement de cohabitation ? C'est un gouvernement où le Président de la république, comme ce fût le cas par deux fois en France sous François Mitterrand, préside mais ne gouverne pas. Le Président Tshisekedi n'ayant pas la majorité parlementaire patronne, néanmoins, en garant le parlement et toutes les autres institutions, mais sans aucun pouvoir constitutionnel effectif.

Conceptuellement, même si c'est très difficile aux militants de comprendre cela, c'est un président qui préside poings et mains liés. Ainsi, Félix Tshisekedi sera de tout temps soumis aux caprices et chantages du Parlement et du gouvernement. Dans le cas d'espèce, le Premier Ministre Ilunga Ilunkamba n'est ni redevable ni responsable devant le Président Tshisekedi, mais au contraire devant le Parlement. Un parlement qui pourrait à tout moment lui être hostile et le déchoir si nécessaire.

On n'est pas ici devant un Président omnipotent, car n'ayant pas son destin en mains, mais au contraire en face d'un président unijambiste, qui pour se déplacer sur une longue distance a nécessairement besoin des béquilles ou d'une moto. L'abrutissement et la désinformation sont deux grandes antithèses de l'Etat de droit. Un peuple abruti et mal informé est une bombe atomique. Depuis l'Etat-AFDL, la libéralisation des médias n'est un secret pour personne. Chacun maintenant peut se faire passer pour n'importe quel média, il suffit d'un téléphone portable, d'un ordinateur, d'un appareil photo ou d'une caméra, et c'est parti.

J'ignore si le Président de la république le sait. S'il ne le sait pas, il est à présent informé que l'opinion globale n'est pas optimiste sur plusieurs de ses collaborateurs qui, confondant vitesse et précipitation, passent devant les médias pour raconter des contre-vérités, dont on se demande si c'est pour l'aider ou l'enfoncer ? Il faut qu'on explique au peuple que la majorité au pouvoir dans notre pays n'est pas une coalition, mais plutôt une cohabitation. L'idée d'une coalition n'était en vérité qu'une intention.

On voit bien que dans le fonctionnement ça ne se passe pas comme une coalition, mais plutôt comme une cohabitation. Le Chef de l'Etat n'est ni respecté ni craint ni encore moins considéré par le FCC majoritaire dans le pays. Ce qui explique des tensions récurrentes. On l'a vu au moment de la brève interpellation du ministre de la Justice. Le Chef de l'Etat isolé a dû quitter la salle de réunion, au lieu de frapper du poing sur la table ! C'est ce qu'aurait fait Jean-Pierre Bemba Gombo ou Martin Fayulu Madidi ou tout autre homme qui a les mains libres ou ayant son destin en mains.

Qu'à cela ne tienne, c'est aux collaborateurs du Président de la République, ceux qui se mettent plein les poches, de lui faire comprendre que le pouvoir ne se donne pas, mais se prend. Je ne comprends pas qu'on continue à accuser Joseph Kabila, qui n'est plus au pouvoir du moins officiellement, de bloquer le bon fonctionnement de toutes les institutions du pays ! Ce qu'il y a une difficulté quelque part. Jean-Pierre Bemba Gombo par exemple, à la place de Félix Tshisekedi, en aurait tiré toutes les conséquences qui s'y imposent, et les choses se seraient passées autrement. L'attentisme de Félix Tshisekedi ne s'explique pas, alors qu'il est Président de la république.

Mais, comme je l'ai dit, il y a un moment, la nature de l'accord l'expliquerait apparemment : TOI tu présides (FATSHI) et MOI je gouverne, je parlemente, je juge (JKK). Cette formule en deux têtes intimes doit, de mon point de vue, expliquer la « sodomisation » du CACH par le FCC. De cet angle, on s'aperçoit que ce n'est pas JKK ou YEMEYI qui bloque délibérément les institutions de la république, mais au contraire la nature même de cette formule. Je pense que l'ayant quand même signé dans l'état, le Président de la république s'est bloqué lui-même, si son seul objectif n'était que d'être président, mais alors un président sans pouvoir ni sur le Parlement, ni sur le Gouvernement.

Donc, l'impression de blocage que donne Félix Tshisekedi relève plutôt du fait qu'au lieu d'avoir signé pour un gouvernement de cohabitation, il a embarqué sa plateforme dans un gouvernement qui se disait ou se voulait de coalition où c'est chacun pour soi, Dieu pour tous. De l'intention aux faits, il y a un monde. C'est ce qui fait que le FCC ne se voit pas là pour faire des cadeaux au Président de la république, qui n'avait apparemment besoin de l'accord avec CACH que pour se donner juste un temps pour respirer, se faire un oublier avant de contre attaquer. Dans l'état des choses, c'est aux conseillers du Président de la république et aux responsables politiques de cette plateforme d'expliquer à leurs militants de ne pas trop rêver ni de se voir trop grands.

Si le FCC donne l'air d'être une véritable machine à broyer, au regard de sa propension à tout contrôler dans le pays, c'est d'abord à l'imbroglio du à cette vraie-fausse coalition et ensuite aux qualités intellectuelles et agilités politiques de sa classe politique, qui imagine divers scénarios anticipant sur la gouvernance et le destin de cette plateforme.

Et si du côté de l'UNC, dont l'acteur principal s'est illustré dans plusieurs détournements intellectuels et jeté en prison pour plusieurs années, non pas par Félix Tshisekedi, mais au contraire par la justice congolaise, qui a très bien fait son travail, on ne le remettra jamais en cause-, ses dirigeants rivalisent néanmoins en intelligences et analystes politiques compétents, à l'UDPS ce n'est pas pareil où seul compte le militantisme. En effet, même si le doctorat ne garantit rien sur la valeur d'un homme, Lumumba n'était qu'un autodidacte, la mort dans l'âme, je reste convaincu que ceux qui dirigent l'UDPS aujourd'hui, à l'absence de FATSHI, n'en ont tout simplement pas la compétence pour rendre ce parti compétitif dans un pays où l'Etat de droits devient le maître-mot englobant de la nouvelle gouvernance inspirée par Félix Tshisekedi.

Le tribalisme, le clientélisme, le népotisme, le clanisme sont des chemins qui ne mènent nulle part. Le Maréchal Mobutu - paix à son âme - n'en avait jamais cessé de le marteler. Entouré des membres de sa famille biologique, de ses potes, et de ses camarades de la diaspora, pour la plupart des bois morts, n'ayant vécu en Europe que d'aides sociales, ne connaissant que le réflexe de survie, pour n'y avoir jamais travaillé de leur vie-, ce n'est pas moi qui l'affirme, mais plutôt le peuple congolais dans son droit de bien connaître ses dirigeants-, qui remarquent bien comment le président de la république ne serait pas très bien entouré, et est en manque d'aiguillages et de repères.

Travailler dans un endroit où il n'y a pas de contradiction, mais plutôt les passions et les sentiments est toujours contre-productif, car on se prive consciemment ou inconsciemment de la rationalité et de l'objectivité indispensable dans la conduite des affaires humaines. Critiquant et récusant le tribalisme mon idée ne consiste pas à stigmatiser une tribu.

Ce que je dis, et qu'on aura du mal à réfuter, est que la tribu ne réfléchit pas et ne raisonne jamais, car n'étant ni objective ni impartiale. Pour conduire une action conséquente, le Président de la république doit se faire entourer de toutes les compétences nationales du pays, parce qu'il est dit que du choc des idées et des tempéraments, jaillit la lumière.

La politique est toujours un jeu d'échecs, y prendre le pari de s'y engager, c'est savoir jouer aux échecs.

On est alors ahuri et surpris d'entendre les plaintes et jérémiades des militants et dirigeants de l'UDPS contre ceux du FCC qui jouent avec eux à ces échecs ! Pourtant on peut parier qu'entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, au regard de ce qui se passe sur le terrain depuis le début du mandat de BETON, qu'il n'y a pas eu un accord de bienfaisance et d'entre aide formel. Pour moi, s'il y a eu accord, alors celui-ci a été politique, c'est-à-dire hypocrite, machiavélique, autrement dit opportuniste. L'UDPS n'est pas le parti d'une tribu ou d'un groupe d'individus. L'UDPS est un patrimoine national. Un état d'esprit. Dire UDPS quand nous fûmes étudiants à l'Université de Lubumbashi sous Mobutu, sous-entendait changement de mentalité, lutte contre la dictature, la mauvaise gouvernance, la corruption, les détournements des deniers publics, lutte contre les antivaleurs, etc.

Au terme de ces états généraux, devrait suivre logiquement le remplacement des dirigeants actuels, dont l'incompétence s'est étalée au grand jour. On ne dirige pas un grand parti comme l'UDPS avec uniquement des slogans mais également avec des idées révolutionnaires, dont la première doit concerner la situation sociale des militants qui constituent sa véritable base. Il est admissible de voir les dirigeants du parti et leurs familles biologiques s'enrichir sans gêne au détriment de leurs militants, dont la plupart n'ont jamais travaillé de leur vie ou ne vivent qu'avec un 1 USD par jour, alors même que leur parti est soi-disant au pouvoir. Il faut que Félix Tshisekedi sonne la fin de la récréation et reprenne la main sinon, en cas de défaite, l'UDPS coulera comme Titanic dans les profondeurs du fleuve Zaïre-Congo.

Droitisation et gauchisassion de la politique économique du Congo-Kinshasa

Je serai très bref parce que cette condition fixée au Chef de l'Etat fera l'objet d'une étude approfondie dans nos publications ultérieures. Au regard de la situation sociale et économique du peuple congolais, je conseille à Félix Tshisekedi d'aligner notre pays à gauche de la politique incarnée par la Russie et la Chine. Contrairement aux sirènes de la droite politique capitaliste et libérale, le socialisme a un avenir en Afrique et au Congo-Kinshasa plus particulièrement. L'ambiguïté entretenue tant par Patrice-Emery Lumumba que Laurent-Désiré Kabila a causé leur chute et élimination physique. Fidèle Castro a tenu éternellement au Cuba parce qu'il n'a jamais tergiversé avec sa conscience révolutionnaire.

Il avait choisi nettement et clairement son camp publiquement et récolté le soutien sans faille de l'URSS et de la république populaire de Chine. C'est, ma foi, ce que doit faire Félix Tshisekedi au Congo-Kinshasa pour le congolais. S'entêter à collaborer avec les Etats-Unis d'Amérique et ses satellites européens, c'est se soumettre non seulement au diktat capitaliste libérale avilissant, mais également à l'esclavage millénaire.

Dans le même registre, le constat de Samir Amin (Cfr «L'ambition démesurée et criminelle des Etats-Unis. Le contrôle militaire de la planète », (publié le 17 février 2003), in Alternatives, (06/05/2005), est sans appel quand il indique comment dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, s'est dessiné une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des Etats-Unis (ses establishments démocrates et républicains) ; comment emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les Etats-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète », dont une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington ».

Car, dans la stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Talibans, Ben Laden - la lumière sur le 11 septembre n'ayant jamais été faite ... ) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et de demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats-Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les conflits à venir ... ). Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebbels donnait au terme, efficaces peut-être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats-Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs ».

Conséquence, la guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire.

Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et qu'en principe ceux qui en prirent la responsabilité sont des criminels de guerre, dont la place est normalement à la CPI : Irak, Afghanistan, Soudan, Syrie, Lybie, Afrique... les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats-Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes. L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats-Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

C'est ici, et jamais, que le combat de Lumumba et Mzee Kabila n'a été pertinent contre le colonialisme, le néocolonialisme, l'esclavagisme, le capitalisme, le racisme, l'impérialisme et l'hégémonisme et tous les ... ismes.

III.Pour conclure sans conclure

Je retiens de ma très modeste expérience d'acteur et analyste politiques, que la politique n'est pas une science exacte. Autrement dit la vérité d'hier n'est et ne sera pas nécessairement celle d'aujourd'hui ni de demain et inversement. Faire la politique c'est savoir composer. Mais pour composer, il faut en être capable. J'ai également retenu que la politique est un jeu d'échecs. C'est à la fois savoir perdre pour gagner et inversement.

Comme Joseph Kabila au départ de sa présidence, Félix Tshisekedi a également été sous-estimé, raillé, minimisé, moqué particulièrement sur ses compétences intellectuelles et son niveau d'études. Pourtant au fil du temps tout le monde, ses détracteurs en premier, s'aperçoivent qu'il ne ressemble pas du tout au profil qu'ils lui ont collé à la peau. Car c'est plutôt un homme coriace, consensuel certes, mais déterminé et bétonné dans ses idées et convictions.

En âme et conscience, je reste convaincu que si Félix Tshisekedi prêtait attention ne-fût-ce qu'à cinq des conditions susmentionnées-, avec le vent favorable qu'il bénéficie dans l'opinion tant nationale qu'internationale sur l'instauration de l'Etat de droits, notamment la bonne gouvernance et l'indépendance de la justice-, il assurera sa réélection en 2023.

Que le Président de la République se mette, dès aujourd'hui, à lire « L'homme révolté » d'Albert Camus (Paris, Gallimard, 1951) où l'auteur montre comment il y a des crimes de passion et des crimes de logique ; comment le Code pénal les distingue, assez commodément, par la préméditation ; comment nous sommes au temps de la préméditation et du crime parfait ; comment nos criminels ne sont plus ces enfants désarmés qui invoquaient l'excuse de l'amour, mais plutôt des adultes, au contraire, et leur alibi irréfutable ; comment c'est la philosophie qui peut servir à tout, même à changer les meurtriers en juges ; enfin, comment un homme qui dit non, même s'il refuse, il ne renonce pas, mais est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement ; au point qu'un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement.

A bon entendeur salut !!!

La patrie ou la mort !

Que vive Patrice-Emery Lumumba !

Que vive Mzee Laurent-Désiré Kabila !

Que vive le Camarade Ernesto Ché Guevara !

Que vive la République Démocratique du Congo !

Kinshasa (RDC), le 30 Juin 2020

Antoine-Dover OSONGO-LUKADI

Habilité de Philosophie Praxéologique (Post-docteur)

(Université de Poitiers/France)

Docteur en Philosophie et Lettres (Université Catholique de Louvain/Belgique)

Professeur d'Universités

Membre des Sociétés Savantes aux USA&CANADA

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