Congo-Kinshasa: Manifestations anti-Malonda - Une dizaine de morts

Protests in Kinshasa 19-20 December 2016.

Alors que le gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila, avait interdit, la veille, toute manifestation publique à Kinshasa le jeudi 9 juillet, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le MLP et quelques mouvements citoyens ont décidé de braver l'interdit.

Militants, membres et sympathisants de ces structures ont tenu à marcher pacifiquement contre l'entérinement par la Chambre basse du Parlement de Ronsard Malonda (actuel secrétaire technique de la Céni) à la présidence de cette institution d'appui à la démocratie en remplacement de Corneille Naanga. C'était sans compter avec les forces de l'ordre qui ont tenu à faire respecter la consigne. Les manifestants, qui sont partis de plusieurs endroits à travers la ville de Kinshasa, devraient converger vers l'hémicycle du Palais du peuple, point de chute de leur procession. Quelques acteurs politiques, notamment de l'UDPS et des partis alliés tels que Franck Diongo et Eliezer Thambwe, ont été aperçus au premier rang des groupes de manifestants qui assuraient leur sécurité.

C'était sans compter avec les éléments de la police qui se sont déployés, tôt le matin, dans les différents points stratégiques et autres artères de la ville. Des barrières ont été érigées pour empêcher la progression des manifestants. Malgré toutes ces mesures dissuasives, ces derniers ont poussé l'outrecuidance jusqu'à braver les forces de l'ordre. Un peu partout, il a été signalé des accrochages entre les policiers et les anti-Malonda qui tenaient à foncer jusque dans les périmètres du Palais du peuple. Les altercations entre les deux parties ont fini par donner lieu à des échauffourées d'une rare intensité. Les policiers ont, en désespoir de cause, tenté une négociation en demandant aux manifestants de désigner leurs représentants censés aller déposer leur mémo au bureau de l'Assemblée nationale. Une demande à laquelle les manifestants ont réservé une fin de non recevoir, préférant la méthode forte à tout arrangement.

C'est sur ces entrefaites que les premières escarmouches ont retenti sur fond d'une tension démesurée. Pneus brûlés, chants hostiles à la céni, klaxons, etc., tout y était pour rendre l'atmosphère infernale. Débordés, les policiers useront des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants dont l'effectif grandissait au fur et à mesure. Aux coups de gaz, les manifestants répliquaient par des jets de projectiles. Plusieurs policiers s'en tireront avec des plaies béantes au visage.

Le bilan encore provisoire fait état d'un manifestant tué assurément atteint par une balle perdue au niveau de la commune de Kasa-Vubu. Cependant, le secrétaire général de l'UDPS a fait état de trois membres de son parti tués par la police. Par contre, les dégâts matériels occasionnés par cette manifestation sont énormes. Les manifestants s'en sont pris aux sièges de quelques partis politiques. Situé sur l'avenue Sendwe, le quartier général de la formation politique du ministre des affaires humanitaires, Steve Mbikayi, a été mis à feu. Il en est de même de la permanence du PPRD établie à quelques encablures de là. Même l'église du révérend Sony Kafuta n'a pas échappé à la fougue des manifestants qui l'ont vandalisée. La tension a baissé d'un cran en début d'après-midi, surtout avec le renfort des forces de la police et de l'armée.

Dans plusieurs villes du pays, des manifestations similaires ont été organisées en respect au mot d'ordre décrété par l'UDPS et d'autres partis alliés. Bravant la mesure du confinement total décrété par le gouverneur Kyabula pour trois jours, à dater de ce jeudi 9 juillet jusqu'au samedi, les Lushois sont également sortis dans la rue pour manifester contre la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la Céni. Même scénario à Matadi, à Goma, Kananga, Tshikapa, Mbuji Mayi, etc. A la fin, le bilan provisoire dressé à l'issue de cette folle journée fait état de dix morts dont trois à Kinshasa.

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