Madagascar: Johann Pless - « Le Tourisme réclame un appui »

Le PCA de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar, Johann Pless, somme des mesures pratiques pour le secteur Tourisme aujourd'hui, à l'agonie.

Rpousser le délai de l'acquittement des diverses charges et impôts n'est pas une solution pour un secteur constitué à 80% de PME et qui est à 100% en chômage technique. C'est ce que souligne d'emblée Johann Pless. « Le secteur Tourisme n'a pas besoin d'une atténuation mais d'un réel appui via des mesures économiques pratiques et efficaces » livre-t-il. « Les offres de crédits bancaires proposées pour le secteur privé est une bonne initiative mais insuffisante dans cette rude épreuve de pandémie. Puisque nous sommes en cas de force majeure, il faut des solutions d'exception aussi » ajoute-t-il. Il avance une annulation sur les impôts vu que les établissements hôteliers sont à 99% fermés.

Relance

Quarante quatre mille personnes travaillent dans le secteur et ont fait entrer 748,29 millions de dollars (2394,5 milliards d'ariary) en 2019 (Source EDBM), soit une contribution à hauteur de 13% au PIB. Johann Pless apporte quelques cas comparatifs, un benchmark. La Thaïlande par exemple, dit-il a rouvert ses frontières pour sauver son tourisme et son économie. « Ce pays a pu redémarrer avec un million de touristes sur les dix millions annuels enregistrés mais au moins, la Thailande avance. Le Cambodge avec 50 dollars de salaire moyen redémarre aussi. L'État y a annulé toutes les charges fiscales pour l'ouverture aérienne. Des Etats des pays du Golfe de Guinée ou d'Afrique de l'ouest ont offert les charges d'électricité et d'eau, via des bailleurs, mais ils l'ont fait. Hormis la Thaïlande, ce sont des pays qui n'ont pas de revenu plus riche que Madagascar » détaille-t-il.

Dans des pays d'Amérique du Sud, les opérateurs ne paient pas de loyers. « Ils ont gelé les loyers des opérateurs, c'est-à-dire de privé à privé en déclarant un cas de force majeure. Cela n'a pas d'incidence sur les caisses de l'État» ajoute-t-il. « À Madagascar, nous sommes en train de perdre des activités. Aussi, les opérateurs sont-ils obligés de chercher d'autres activités génératrices de revenus. Mais il y a également un grand risque d'une perte de capacité à revenir dans le secteur touristique. Ces gens doivent être en bonne santé et doivent avoir gardé leur savoir-faire. Il faut ainsi une préparation notamment pour les femmes qui sont majoritaires dans le secteur » précise-t-il.

À lui d'accentuer que la relance du tourisme passe par trois phases distinctes. La survie, durant laquelle le tourisme a besoin d'appui et de ces mesures économiques citées plus haut pour ne pas disparaître complètement. Viennent ensuite la période de l'application stricte des protocoles sanitaires et la relance proprement dite avec l'ouverture des frontières.

Plus de: L'Express de Madagascar

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