Ile Maurice: Jumeaux «Morts» - La mère manque de crédibilité ?

Elle est connue sous plusieurs noms : Neelam, Shirley ou encore Poonam. Neelam Sarojinee Auckal, celle qui allègue avoir récemment accouché de jumeaux qui seraient morts alors qu'ils étaient sous la charge de l'hôpital Victoria, à Candos, aurait tout fabulé. Du moins, selon les preuves recueillies jusqu'ici ainsi que les témoignages de plusieurs personnes qui la connaissent.

Tout d'abord, la jeune femme avait déclaré, dans sa déposition ainsi qu'à la presse, qu'elle était éducatrice dans un collège de Pamplemousses. Mais selon nos recoupements, elle n'a jamais été employée dans cet établissement. «Elle a tout inventé. Elle était jusqu'ici employée dans une maison de retraite», affirme une connaissance habitant l'Est qui l'a côtoyée. «Ce n'est pas logique ce qu'elle raconte. En plus, on ne l'a jamais vue avec son gros ventre.»

À Clemencia, là où elle habitait au moment de sa première union, les langues se délient. «Qui ne connaît pas cette dame ? Comment ose-t-elle dire qu'elle était à sa première grossesse ?» lâche une habitante de la région. «Li éna dé gran zanfan. Linn bien fer fraka dan landrwa.Li konn lak dimounn, met dan siro pou gagn larzan... »

De son côté, un chauffeur de taxi explique qu'il a connu Neelam Auckal sous le nom de Shirley. Cette dernière, dit-il, est originaire de Camp-de-Masque. Elle était âgée de 16 ans lorsqu'elle a fait la connaissance de son premier époux, raconte-t-il. «Li pa ti mank nanyé dan so lakaz sa madam-la. Li ti érez, mé pa koné ki ti éna dan so latet.»

Après s'être séparée de son premier époux, Neelam Auckal aurait fait la connaissance d'un habitant de Camp-de-Masque. Elle serait ensuite tombée enceinte. «Li ti pé atann zimo.Apré pa koné ki finn arivé, linn rakonté ki li finn glisé lor leskalié ek linn perdi bann zanfan-la», relate un autre habitant de Clemencia.

Il y a quelques mois, la police avait initié une enquête après qu'un habitant de Flacq avait porté plainte contre Neelam Sarojinee Auckal pour harcèlement. Cette dernière avait de son côté contacté la presse pour raconter son calvaire. Elle était alors enceinte de deux mois et le jeune homme, un employé du ministère de la Santé, l'aurait abandonnée. Plus tard, elle devait faire la connaissance d'Atish Auckal, son époux actuel habitant Poudre-d'Or-Hamlet.

À Clemencia, Neelam Sarojinee Auckal est qualifiée d'«escroc», d'«arnaqueuse», de «menteuse»... «Il faut que la police l'arrête, elle a été trop loin en semant le doute dans la tête des Mauriciens», avance une habitante de la région. Quant à son ex-époux, il n'a pas souhaité réagir. Sauf pour déplorer le fait qu'une mère puisse ne pas reconnaître ses enfants. «Depuis qu'elle a abandonné le toit conjugal et mes enfants, je n'ai pas eu de ses nouvelles. Mais ça n'a pas été un choc d'entendre tout cela sur elle», confie-t-il, en présence de ses enfants.

Confrontée à toutes ces allégations, la jeune femme n'a pas souhaité réagir. Son époux a, quant à lui, demandé que la police prenne au sérieux cette affaire. Il se dit d'ailleurs à la disposition des policiers.

Pour l'heure, on apprend que la CID de la Western Division compte visionner les images des caméras de surveillance de l'hôpital Victoria. Les enquêteurs envisagent de faire examiner la jeune femme par un médecin

«Elle présente les symptômes d'une grossesse nerveuse,à moins que... »

La pseudocyèse est un terme médical utilisé pour désigner une fausse grossesse ou ce que certaines personnes appellent une grossesse fantôme. La fausse grossesse se caractérise par les symptômes typiques de la grossesse, notamment la prise de poids, la croissance du ventre, les nausées matinales, l'irritabilité et les maux de dos. Tous les signes d'une grossesse sans porter un bébé réellement. La cause d'une grossesse nerveuse peut provenir d'un traumatisme physique ou mental ou il se peut que ça soit un déséquilibre chimique. Le traumatisme peut venir d'une fausse couche, d'un problème d'infertilité, la perte d'un enfant ou encore une dépression nerveuse.

Le Dr Farhad Aumeer, gynécologue qui opère dans le privé, explique que cette patiente présente les symptômes de la pseudocyèse, si ce n'est pas une histoire montée de toutes pièces. «En tant que gynécologue, je trouve anormal qu'il n'y a aucune trace concernant la grossesse de cette patiente. Bien que je sois dans le privé, connaissant le personnel médical, infirmiers et médecins, ce que la patiente raconte est juste impossible. Mais toutefois, il faut qu'il y ait une enquête approfondie.»

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