Congo-Kinshasa: Marches - Participation massive du peuple !

10 Juillet 2020

L'appel à manifester lancé par l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) contre l'entérinement de la candidature du faux kimbanguiste Ronsard Malonda à la présidence de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a été largement suivi par les masses populaires aux quatre coins du pays, hier jeudi 9 juillet 2020. A Kinshasa, Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Mwene-Ditu, Kamina, Lubumbashi, Kolwezi, Bukavu, Goma, Beni, Butembo et ailleurs, le peuple a participé massivement aux marches visant à bloquer l'Assemblée Nationale et, à travers elle, le FCC (Front Commun du Congo), dans ses nouvelles velléités de prise en otage de la CENI, en vue de planifier des fraudes électorales pour 2023.

Tout a commencé à l'Est (Goma, Beni, Butembo, Bukavu), au Sud (Lubumbashi, Kolwezi, Kamina) et au Centre du pays (Kananga, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Mwene-Ditu) - fuseau horaire obligue - avant que l'Ouest (Kinshasa, Matadi) ne se mette en ébullition. Partout, ce sont d'impressionnantes marées humaines qui ont exprimé, avec colère, leur rejet catégorique de Ronsard Malonda, un personnage étroitement lié à la gestion calamiteuse de la centrale électorale congolaise aussi bien sous les mandats de l'Abbé Malumalu I et II, du pasteur Ngoy Mulunda que du laïc Corneille Nangaa.

Ces manifestations populaires se sont déroulées en dépit de leur interdiction par le gouvernement central, de l'état d'urgence et de l'opposition systématique des responsables urbains et territoriaux de la Police Nationale Congolaise. Pour les justifier, les organisateurs ne cessent de rappeler à l'opinion les articles 28 et 64 de la Constitution, qui donnent à tout citoyen le droit de s'opposer à un ordre illégal et à toute tentative de confiscation du pouvoir.

Ces deux éléments se trouvent justement réunis dans les décisions de l'Assemblée Nationale, sous l'impulsion de Mabunda, ces derniers temps.

Le décor vécu hier à Kinshasa comme en provinces a rappelé, à beaucoup, celui de janvier 2015 dans la capitale, où le peuple était descendu massivement dans la rue pour faire échec au projet machiavélique de « glissement » du mandat de l'ancien Président de la République, qui venait d'épuiser son second et qui était constitutionnellement interdit de briguer un troisième. On se souvient qu'à l'époque, les pressions de la rue étaient telles que le Parlement, réuni en catastrophe en Congrès, par la voix de Léon Kengo wa Dondo, avait publiquement renoncé à sa démarche visant à conditionner la tenue des élections à l'organisation préalable d'un recensement général de la population.

Il est à espérer que le message fort envoyé hier par la « majorité populaire » en direction des caciques du FCC, va leur faire changer d'avis avant que le Parlement ne boucle sa session de mars, probablement autour du 22 juillet 2020. L'unique voie de sortie de la crise, à la lumière de la prise de conscience, par les masses, du danger que représente une Ceni aux ordres d'une famille politique bien connue, est de revisiter les textes de cette institution d'appui à la démocratie, préalable à la désignation consensuelle de ses animateurs et non d'un seul individu.

Ce qu'il faut craindre est que Ronsard Malonda, qui devrait logiquement avoir l'élégance de jeter l'éponge, au regard des morts et des bains de sang qu'on enregistre à travers le pays à cause de l'agenda caché de ses parrains politiques, soit maintenu à son poste, contre la volonté de l'écrasante majorité du peuple, ce qui pourrait avoir comme conséquence une situation plus dramatique que celle déplorée hier. Dressé tel un seul homme contre l'imposteur, le peuple va-t-il accepter d'aller aux élections, en 2023, avec une centrale électorale dirigée par un animateur issu de la tricherie ?

Mwene-Ditu : un mémo remis au Maire de la ville

Au terme des affrontements entre policiers et combattants de l'UDPS hier jeudi 09 juillet à Mwene-Ditu, suite à la confusion créée par l'autorisation de la marche par le Maire de la ville qui s'est par la suite rebiffé après avoir reçu l'ordre de Kinshasa de rapporter sa décision, une délégation de ce parti a été reçue par le précité. Celle-ci était porteuse d'un mémorandum dénonçant l'entérinement de la candidature de Ronsard Malonda à la tête de la CENI et exigeant sa disqualification pure et simple.

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