Sénégal: Différend avec les habitants de Ndingler - Babacar Ngom livre ses vérités

10 Juillet 2020

Le président du groupe Sédima, Babacar Ngom, a fait face à la presse hier, jeudi 9 juillet, pour revenir sur le différend qui l'oppose aux populations de Ndingler. Il a en profité pour apporter des réponses sur l'acquisition du titre foncier et la surveillance des terres en question assurée par la Gendarmerie Nationale.

Annoncée comme une conférence de presse, le président du groupe Sedima, Babacar Ngom a tenu d'emblée à préciser que pour lui, «c'est une prise de parole pour s'adresser aux Sénégalais mais également pour apporter des éclairages sur un problème qui a trop duré».

Ainsi, a débuté une séance d'explications qui a duré presque deux tours d'horloge devant des journalistes choisis pour poser les questions et un public acquis à sa cause.

C'est en 2012, explique-t-il, que l'ancien maire de Sindia, Ousmane Lô s'était engagé à lui donner des terres pour le compte du groupe Sedima sur présentation d'un projet agricole. En ce moment ce sont les habitants de Djilakh qui exploitaient les terres.

Elles ont été dédommagées. La municipalité de Sindia a reçu en 2012, 30 millions pour l'attribution des terres, s'est défendu Babacar Ngom.

C'est par la suite ajoute-t-il, qu'une délibération a été faite par la communauté rurale de Sindia pour le compte du groupe Sedima sur une superficie de 300 ha. Elle est datée du 4 décembre 2012, a soutenu Babacar Ngom.

Il soutient toutefois que c'est lors de l'installation du projet qu'on leur a signifié que la surface octroyée fait moins de 300 ha. Précisément 225 ha.

Parmi la quarantaine de conseillers qui était présente le jour de la délibération, seule une opposition a été notée confie-t-il. Les 75 ha de plus ont été départagés à la population de Djilakh qui lui a par la suite cédé leurs terres.

Le patron du groupe Sedima avance par ailleurs que pendant cette période, il n'a jamais été question d'une possession de terres par les populations de Ndingler. C'est en 2013 soutient-il qu'il s'y est rendu pour une visite d'inspection.

L'actuel maire de Sindia Thierno Diagne était de la délégation. Le constat en cette période est selon Babacar Ngom, les terres étaient bordées d'herbes sauvages qui rendaient difficile l'accès. 77 millions ont été investis pour le désherbage.

A la suite de cette opération quelques habitants y ont commencé à pratiquer de l'agriculture. Ce qu'il a autorisé car à son avis, «cela ne constituait pas une entrave» à sa ferme. «1 milliard et demi a été dépensé dans le projet depuis sa mise en œuvre», a dit le président du groupe Sedima.

Dans cette affaire qui l'oppose aux habitants du village de Ndingler, Babacar Ngom dit avoir rien à se reprocher.

Tout est à mettre sur le compte du destin dont il estime qu'il pouvait être «beaucoup plus accablant». Les 75 ha à l'origine de la brouille avec les populations de Ndingler appartiennent à Djilakh qui se trouve à 1 km de la ferme de la Sedima.

Cela est une certitude du patron de Sédima. «Le village de Ndingler, situé à 6 km des lieux ne peut aucunement faire valoir ses droits sur cette propriété foncière», juge-t-il.

Mieux, ajoute-t-il, «si seulement c'était pour des terres cultivables, elles pouvaient en bénéficier sur la distance qui sépare la ferme au village», précisant que «c'est en 2019 que le site a eu un titre foncier».

Une acquisition qui «n'est pas un privilège ni une redevabilité» à son amitié, le président de la République Macky Sall. Mais, plutôt «le résultat d'un processus qui a été bien mené». «Je n'ai jamais demandé un mètre carré de terre au président Macky Sall.

Il est certes mon ami... J'ai obtenu le titre foncier après une longue durée en location», se défend-t-il. «Les 40 familles qui se disent lésées par le projet ne sont pas fondées» a indiqué Babacar Ngom. «Elles font moins de 10», précise-t-il dit.

FLOU SUR LA CESSATION DES 75 HA A LA POPULATION DE NDINGLER

Le président du groupe Sedima n'est pas prêt à céder les terres litigieuses aux habitants de Ndingler si l'on se fie à ses dires. En marge de sa conférence de presse hier, jeudi 8 juillet, il a dit qu'il préfère céder les 75 ha qui font l'objet de litige aux habitants de Djilakh qui selon lui, l'ont donné la superficie en question en 2012.

Mieux le président du groupe Sedima, dit tenir à ces terres par devoir de vérité. «Je suis légitime et légal dans cette affaire», a-t-il soutenu.

Cependant si d'une part, Babacar Ngom écarte toute idée de laisser la partie litigieuse aux habitants de Ndingler, d'autre part, il dit s'en remettre aux conclusions de la médiation entreprise par le ministre de l'urbanisme Abdou Karim Fofana et à la décision de l'exécutif.

Babacar Ngom trouve que Bassirou Diomaye Faye du Pastef, natif de la localité qui y est engagé à côté des populations, fait dans la récupération. «Il n'est intéressé que par une guerre de positionnement pour les élections locales», estime -t-il.

Revenant sur les 2 millions de francs CFA, il a dit que «c'est une recommandation de son griot et ami, Khadim Samb» qui avait pris l'initiative d'y apporter la somme pour mieux arrondir les angles avec les habitants «dans la mesure où Ndingler est un village environnant» de sa ferme. Il exclut toute poursuite judiciaire dans cette affaire et soutient que la Sedima est ouverte à des solutions.

A l'échéance 2021, si le projet est mis en œuvre, il sera fait avec un investissement de 2 à 3 milliards et pourra employer 500 à 1000 personnes. Babacar Ngom trouve toutefois qu'il n'est pas bien accueilli, comparés aux investisseurs étrangers qui bénéficient de plusieurs hectares de terres, les exploitent sans aucune difficulté.

Il soutient qu'il peut disposer des terres ailleurs dans le pays. Dans le Walo par exemple, confie-t-il, 1000 ha lui sont proposés. Babacar Ngom a reconnu s'être attaché les services de la Gendarmerie Nationale pour qui, il dépense chaque quinzaine entre 8 à 9 millions pour la surveillance des terres litigieuses.

S'agissant des tranchées décriées par la population de Ndingler, elles servaient pour les branchements mais aussi la délimitation du périmètre at-il dit. Il précise toutefois qu'elles ont été ensevelies sur demande du ministre de l'urbanisme du logement et de l'hygiène publique, Abdou Karim Fofana.

BABACAR NGOM SE CONFIE «Macky Sall serait fâché contre moi»

Le président du groupe Sedima a déclaré lors de sa conférence de presse hier, jeudi 9 juillet, que «le président Macky Sall serait fâché contre moi». Une situation qu'il impute à des gens malintentionnés.

Son soutien à Akilee, Babacar Ngom l'a réaffirmé et soutient n'avoir aucun regret sur sa position à part le fait d'avoir publié un communiqué sans consulter les autres membres du Club des investisseurs sénégalais (Cis).

Il a aussi affirmé qu'il n'a aucune intention de faire de la politique a fortiori d'avoir une ambition présidentielle.

Plus de: Sud Quotidien

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