Maroc: Exceptionnelle pour les frontières et progressive pour les mosquées - La vraie réouverture se fait désirer

La pandémie sous contrôle mais pas le virus

Comme prévu, le gouvernement a décidé jeudi de prolonger d'un mois l'état d'urgence sanitaire, en vigueur depuis mi-mars pour freiner la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus.

A l'issue d'un Conseil de gouvernement, l'Exécutif a annoncé dans un communiqué « la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 août sur l'ensemble du territoire ».

Il y a lieu de souligner que beaucoup de Marocains semblent confondre les concepts d'état d'urgence sanitaire et de confinement sanitaire. En effet, l'état d'urgence est une disposition juridique offrant un cadre juridique au gouvernement pour prendre « des mesures exceptionnelles » face à la pandémie, notamment via des décrets, alors que le confinement est une mesure technico-administrative qui n'est en fait qu'une mesure parmi d'autres prises dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.

Début juin, les autorités marocaines avaient commencé à assouplir les mesures de restriction prises à partir de mi-mars et ont accéléré le déconfinement avec la réouverture des cafés, restaurants, commerces ainsi que la reprise du tourisme intérieur.

Et parmi les mesures prises par le gouvernement, il y a celle permettant aux citoyens marocains et aux résidents étrangers au Royaume, ainsi qu'à leurs familles de pouvoir accéder au territoire national, à partir du 15 juillet dans le cadre d'une opération "exceptionnelle", selon la déclaration du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, qui a tenu à souligner qu'il ne s'agit aucunement d'une ouverture des frontières du Royaume.

Dans le même cadre, le ministère des Habous et des Affaires islamiques a récemment annoncé qu'il a été décidé après consultation des autorités sanitaires et administratives de rouvrir progressivement les mosquées sur l'ensemble du territoire national pour l'accomplissement des cinq prières à compter de la prière d'Addohr du mercredi 15 juillet 2020, en prenant en considération la situation épidémiologique locale et les conditions de contrôle sanitaire qui seront gérées par des commissions locales à l'entrée des mosquées.

Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts ont pris les mesures nécessaires afin d'assurer les conditions sanitaires adéquates concernant la célébration de l'Aid Al Adha dans le contexte de la pandémie du Covid-19.

En plus des conditions mises en place actuellement et outre les mesures habituelles de suivi sanitaire des animaux et des conditions d'hygiène, des mesures additionnelles préventives doivent être observées dans le contexte du Covid-19 sur toute la chaîne allant de la mise en vente des animaux jusqu'au jour du sacrifice, a précisé le communiqué des deux départements. A cet effet, des actions ont été arrêtées, à savoir la publication d'un guide des mesures sanitaires préventives du Covid-19 à respecter le jour de l'Aïd, notamment par les bouchers et des mesures organisationnelles à instaurer dans les marchés à bestiaux destinés à l'Aid Al Adha, l'installation de souks additionnels temporaires pour cette fête, le renforcement des mesures de contrôle pour le transport des animaux destinés à l'Aïd sur l'ensemble du territoire et l'extension des mesures sanitaires aux métiers conjoncturels qui se développent autour de cet évènement pour préserver ces emplois.

Les services compétents des deux ministères se mobilisent pour continuer la préparation afin d'assurer la mise en œuvre des mesures requises et de veiller au respect des conditions permettant le bon déroulement de la fête de l'Aid Al Adha dans le contexte du Covid-19, et ce en étroite coordination avec les départements, les établissements, les communes et les organisations professionnelles concernés.

Et malgré les chiffres alarmants concernant les cas confirmés de Covid-19, le gouvernement se veut rassurant en soulignant que la pandémie est sous contrôle dans notre pays. Cependant, il a avancé en même temps ce bémol : le virus n'a pas disparu et il continue de circuler. Malheureusement, beaucoup de Marocains oublient cette évidence et se comportent comme si le virus n'est plus parmi nous : pas de gestes barrières, pas de bavette dans l'espace public, pas de distanciation physique, etc.

En effet, le chef du gouvernement a insisté sur « la nécessité d'observer plus de prudence et de respecter les mesures sanitaires et les précautions nécessaires », a fait savoir le ministre de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Said Amzazi dans un communiqué lu lors d'un point de presse à l'issue de la réunion du Conseil, tenue sous la présidence du chef du gouvernement.

La maîtrise de la situation épidémiologique, couplée à la surveillance rigoureuse de son évolution et à la vigilance de toutes les parties concernées, a encouragé le gouvernement à poursuivre la mise en œuvre de son plan de levée progressive du confinement, parallèlement au prolongement de l'état d'urgence sanitaire, qui représente le cadre juridique permettant de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire face à tout développement négatif de la pandémie, a fait observer le chef du gouvernement. Dans son allocution, Saâd Dine El Otmani a exprimé son optimisme à l'égard de la vigilance du peuple marocain et sa fierté à l'endroit de la conduite éclairée de S.M le Roi Mohammed VI en vue de continuer à faire face à la pandémie et à lutter avec succès contre ses impacts socioéconomiques.

Plus de: Libération

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.