Madagascar: Ex-présidents en exercice

Sans peur et cent reproches. Voilà la posture adoptée par Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana face à la tournure qu'à prise par la gestion de la situation qui prévaut dans le pays. Les deux protagonistes de la crise politique de 2002 ont trouvé une autre occupation. Donner des leçons de bonne conduite aux actuels tenants du pouvoir. Sans qu'ils aient été des exemplarités en la matière. Le premier, toujours fidèle à sa bonne ou mauvaise réputation d'être dans les secrets de Dieu, depuis qu'il a arpenté les arcanes du pouvoir, a encore fait des « croustillantes » révélations lors de son dernier talkshow télévisé et téléguidé.

Comme les 193 millions de dollars de la Banque mondiale, déversés dans un compte d'un paradis fiscal, précise-t-il. Sur la datation exacte de ces transactions financières plus que douteuses, ceux qui sont « proches » du dossier sont divisés. Ceci étant, le régime socialiste de Didier Ratsiraka à sa genèse, traînait aussi des casseroles. Par exemple, l'origine des fonds ayant financé les investissements à outrance, n'a jamais été rendue publique. De ses mauvaises fréquentations avec ses amis aux penchants dictatoriaux?

En tout cas, les entreprises et unités industrielles nées de ces relations incestueuses, ont été fermées, quelques mois à peine après leurs inaugurations en grande pompe. Cela va de soi avec Didier Ratsiraka. Faute d'études de marché appropriées et par le népotisme ambiant pour composer le staff dirigeant.

Dans le cimetière de ces projets mort-nés, citons ou exhumons, pêle-mêle. Sud Madagascar Textile, Sumatex à Toliara, Hasy Malagasy, Hasyma à Mahajanga (culture de coton et ses transformations en tissu), Mamisoa et Lalasoa à Ambatolampy (huile et jus de soja), Zezika Malagasy, Zema à Toamasina (production d'engrais chimiques)... En outre, les ardoises contractées pour la construction de la centrale hydroélectrique d'Andekaleka, une fierté de la Jirama, auprès du Fonds koweïtien et d'un consortium scandinave, restent à effacer.

Et sur le tard, son dernier Premier ministre, de 1998 à 2002, Tantely Andrianarivo n'a-t-il pas été accusé par Marc Ravalomanana de détournements de deniers publics déposés dans une banque en Suisse? La justice helvétique, tout à fait indépendante du pouvoir politique, a refusé de le poursuivre. Pour insuffisance de charges. Un revers inacceptable pour Marc Ravalomanana qui a interdit à son Chef du gouvernement, le général Charles Rabemananjara et ses ministres, d'honorer les réceptions pour la fête nationale de la Confédération Suisse. Quoique cette dernière ait été parmi les premières nations à reconnaître l'autoproclamé Marc Ravalomanana comme président élu de la République.

Aujourd'hui, il ressasse que tout aurait été différent si la fermeture des frontières aériennes avait été décidée avant le 19 mars, comme il l'avait proposé. Le coronavirus n'aurait pas eu le temps de débarquer chez nous, selon ses convictions. Dans la foulée, il demande des comptes sur la ventilation des 444 millions de dollars des bailleurs de fonds alloués à la lutte anti-Covid 19. Mais avant même de présider la destinée de Madagascar, le self made man Marc Ravalomanana passait pour être « un fugitif fiscal notoire ». Et combien de milliards d'ariary l'État a-t-il perdu par sa décision ubuesque d'exonérer des taxes d'importation plus de cinq mille articles. Au profit de ses sociétés du Groupe Tiko.

Plus de: L'Express de Madagascar

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