Centrafrique: L'enrôlement des électeurs pourra-t-il se tenir dans les délais?

L'Autorité nationale électorale chargée d'organiser les élections générales de la fin 2020 peine à convaincre sur sa capacité à organiser les élections dans les délais. Et les premiers chiffres que vient de communiquer l'ANE sur l'enrôlement des électeurs, qui a débuté le 30 juin par la capitale Bangui après plusieurs reports, ne sont pas faits pour rassurer l'opposition et la société civile. Mais l'ANE assure que les délais seront tenus.

Opposition et société civile dénoncent la lenteur des équipes de recensement, des problèmes avec les tablettes utilisées pour l'enrôlement, ou encore que ce recensement n'a pas encore débuté dans le reste du pays, alors que les listes électorales doivent être fin prêtes pour le 15 septembre au plus tard.

Pour le parti d'opposition Kwa na Kwa (KNK) de l'ancien président François Bozizé, « rien ne vaut la vérité des chiffres », explique son porte-parole. Seulement près de 54 000 électeurs inscrits à Bangui durant la première semaine, « c'est clair que le calendrier communiqué par l'ANE n'est pas tenable », assure Christian Guenebem Dedizoum.

« Lorsque nous partons sur les chiffres de la dernière élection, qui comptait un corps électoral de 350 000 électeurs pour la capitale, une moyenne de 50-60 000 électeurs enrôlés par semaine pour les trois semaines que va durer la période d'enrôlement, ça nous fera moins de 200 000 électeurs. Nous serons donc bien loin du compte. Lorsqu'en plus nous savons que la population à Bangui a augmenté et le corps électoral de Bangui aurait dû lui-même augmenté. »

Sans oublier que l'enrôlement n'a pas encore débuté dans le reste du pays, pointe le porte-parole du KNK, qui appelle l'Autorité nationale électorale de « dire la vérité » au pays afin, dit-il, que les acteurs impliqués dans ce processus puissent trouver des « solutions appropriées tant qu'il est encore temps ».

Augmentation du nombre d'agents déployés dans la capitale et couverture du reste du pays, « Nous sommes en train de monter en puissance », assure son porte son porte-parole Julius Rufin Ngouadé.

« Au début des opérations, nous avons constaté des difficultés. Nous avons pris des mesures pour les corriger. Et observant l'évolution de ces mesures-là, ça ne va pas prendre plusieurs mois, comme cela est dit. L'inscription des électeurs est limitée dans le temps. Nous apprécierons l'évolution, s'il y a des mesures à prendre, nous les prendrons. » Il appelle donc les Centrafricains à faire confiance à l'ANE : « Nous allons tenir les délais », insiste-t-il.

Plus de: RFI

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