Mali: Mouvement du 5 juin - Ce que réclament les femmes

10 Juillet 2020

De plus en plus de femmes rejoignent la mobilisation au Mali pour réclamer la démission du président.

Elles étaient en première ligne depuis les premières heures de la matinée de ce vendredi (10.07.20) pour apporter tout leur soutien auMouvement du 5 juin (M5) qui a encore rassemblé des dizaines de milliers de personnes sur la place de l'indépendance de Bamako.

Parmi ces femmes, des veuves de militaires tombés au front, des mères de famille qui souhaitent voir leurs enfants étudier dans de meilleures conditions ou tout simplement des femmes qui réclament de meilleures conditions de vie.

Pour Maimouna Diallo du M5, c'est un vent de changement qui souffle sur le Mali :

"Avec ce régime-là, nous en avons marre avec tous ces morts sous les bras et toutes ces personnes au chômage qui sont en train de se battre au quotidien. Nous voulons un autre Mali, un Mali meilleur que celui-là. Nous voulons vivre dans un Mali ou tout le monde peut se sentir en paix, en santé, en liberté."

Pauvreté et obscurantisme

Une liberté chèrement acquise avec l'avènement de la démocratie qui a chassé du pouvoir le General Moussa Traoré en mars 1991. Coumba Yaressi est membre de l'Espoir Mali Koura, une organisation de la société civile qui a adhéré au M5. Elle ne reconnait plus le Mali dont elle rêvait à cette époque :

"Nos soldats sont tués à longueur d'heures, pas à longueur de journée, mais à longueur d'heures. On a plongé nos enfants dans l'ignorance, dans l'obscurantisme. Le Malien a faim. Le Malien a été appauvri jusqu'à la dernière résonnance. Vous voyez les rues de Bamako, elles ont été envahies par des femmes et des jeunes qui mendient à longueur de journée. Où est la gloire du régime d'Ibrahim Boubacar Keita ?"

Démission

Cette 3ème journée de mobilisation du M5 s'articule autour d'un seul slogan pour obtenir la démission du président IBK. Imam Oumarou Diarra, membre de la Coalition des mouvements et soutiens de l'imam Mahmoud Dicko (CMAS) :

"A la différence de nos première sorties, nous allons opter aujourd'hui pour la désobéissance civile qui nous donne quand même le droit de bloquer le pays sans violences. Nous allons bloquer les services publics qui appartiennent au peuple jusqu'à la démission du président Ibrahim Boubacar Keita."

Selon les leaders du mouvement du 5 juin, des actions de désobéissance civile ont déjà débutéés dans certaines capitales régionales du pays pour exiger la démission du président Ibrahim Boubacar Keita.

Plus de: DW

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