Ile Maurice: Rodrigues - Du mouvement mais peu d'engouement

Coup de pub ou vrai engouement ? Du côté des agences de voyages, les avis divergent. Avec la reprise des vols sur Rodrigues, le mouvement entre les deux îles s'accélère. Air Mauritius, qui opérait jusque-là un vol, en a annoncé trois autres prévus pour le jeudi 16 juillet, le vendredi 17 juillet et le lundi 20 juillet.

Pour Charles Ng, d'Atom Travel, «tout le monde veut se défouler». Il affirme qu'en «l'espace de deux semaines, nous avons eu une centaine de réservations. Même avant, les gens avaient envie de voyager». Selon lui, la reprise des vols sur Rodrigues a incité les voyageurs à réserver même pour après. C'est-à-dire pour les mois de septembre et octobre. Atom Travel propose actuellement des forfaits sur Rodrigues à partir de Rs 10 820, incluant le billet d'avion, trois nuits en demi-pension et les transferts.

L'avantage de Rodrigues: l'île est Covid free. «Les Mauriciens préfèrent aller à Rodrigues, qui n'a pas connu les ravages de la maladie. Ils n'ont pas beaucoup de choix. Que ce soit en Inde, en Afrique du Sud, en France et le reste de l'Europe, des destinations que les Mauriciens aiment bien, la maladie est toujours là.»

Cet «engouement», Charles Ng en a aussi parlé lors d'un reportage diffusé cette semaine dans le JT de 19 h 30 de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Sauf qu'il se chuchote que ce temps d'antenne en prime time serait un publi-reportage, c'est-à-dire un reportage payant. On avance même des chiffres de facturation: «100 secondes payées Rs 90 000». Interrogé, Charles Ng répond : «Pas du tout, je n'ai rien payé. Ce sont des racontars et des mauvaises langues. La MBC nous a choisis.»

De son côté, Jeenarain Soobagrah, de Bonny Air Travel, reste, lui, très prudent. Pour lui, le mot engouement est «trop fort». Il ne croit pas que le Mauricien ait envie de voyager. «Ce n'est pas la priorité.» Le responsable de Bonny Air Travel observe qu'à chaque vol de rapatriement des Mauriciens, «il y a des cas positifs au Covid-19. Ce n'est pas de la peur, mais on voit que la pandémie continue et on craint toujours une deuxième vague».

Comment expliquer alors le mouvement réel entre Maurice et Rodrigues ? Pour Jeenarain Soobagrah, ce serait pour une large part des Rodriguais vivant à Maurice qui feraient le va-et-vient entre les îles. Il estime que ce secteur aura une meilleure visibilité avec la réouverture des frontières programmée pour le 1er septembre. «Nous espérons que le business pourra reprendre graduellement.» Mais autre bémol : le calendrier scolaire chamboulé. «Normalement, la saison haute pour les Mauriciens qui voyagent coïncide avec la période des vacances scolaires. Mais là, tout a changé.»

Plus de: L'Express

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