Burkina Faso: Commune de Loropéni - Des affrontements communautaires font trois morts

12 Juillet 2020

Des affrontements communautaires ont éclaté dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet 2020 à Tako-Yoyora, village de la commune de Loropéni, dans la région du Sud-Ouest. Ces heurts ont fait 3 morts, 2 blessés et une personne portée disparue.

Plus rien ne va entre les deux communautés Lobi et Dôgôssè du village de Takoro-Yoyora, dans la commune de Loropéni. Elles se sont affrontées, faisant ainsi 3 morts, 2 blessés, une personne portée disparue. Une moto et un tricycle ont également été incendiés.

Selon les informations recueillies sur place, les affrontements ont éclaté à la suite d'une violation d'une règle coutumière lobi. Il s'agit de la règle qui interdit à un non initié de voir les acteurs en phase d'initiation se laver.

Quiconque le fait est puni sévèrement. C'est ainsi qu'un Dôgôssè, revenant d'un marché voisin est passé près du lieu interdit, s'attirant les foudres de la communauté lobi. Les guides de l'initiation s'en sont pris violemment à lui. Cette agression l'a mis dans un état nécessitant l'intervention des services de santé.

Sa famille qui le conduisait au centre de santé a été également agressée. C'est dans ce climat d'incompréhension et de violences, qu'il y a eu des morts à coups de machette et destruction de biens matériels.

Pour faire baisser la tension entre les deux communautés, le haut-commissaire du Poni, Antoine Doamba, a fait un déplacement à Tako-Yoyora, en compagnie des forces de police et du maire de Loropéni, Sié Pooda.

Tour à tour, M. Doamba a invité les parties à la retenue et à la responsabilité. Il a rappelé que les différends entre les individus sont tranchés par la justice.

Il n'est pas question, selon lui, qu'on se rende justice. Par ailleurs, il a laissé entendre que les deux groupes vivant dans le village ont une seule communauté de destin.

De ce fait, il est nécessaire qu'elles cultivent l'harmonie. Quant aux parties, elles se rejettent la responsabilité du conflit. Pour Konyalè Sami Noufé de Nianiara, ce sont les voisins qui sont fautifs. « Ils sont venus violer nos règles d'initiation », a-t-il dit.

Il a ajouté : « ils savent qu'il est interdit de voir les initiés à la fontaine se laver mais un d'entre eux l'a fait ». En outre Noufé explique qu'ils ont été agressés chez eux. C'est pourquoi, les siens ont riposté énergiquement. Il en est de même pour les ressortissants de Yaya.

Leur porte-parole, Amara Farama, pour avoir déclaré que ce sont les voisins qui sont la cause du présent conflit. En plus, il a relevé que son groupe a agi pour se défendre.

Autour de lui, d'autres voix se sont élevées pour dénoncer le fait qu'un clan veuille imposer ses lois coutumières à un autre. Pour parer à d'autres cas de violence, les forces de police ont été déployées entre les deux quartiers du village.

Plus de: Sidwaya

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